‹ Noémie; Comédie-vaudeville en deux actesChapitre 1 sur 46 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

JULES, ÉLÉONORE, un Domestique.

JULES, entrant du fond, à droite, à un Domestique,

gui sort du pavillon.

Annoncez-moi à ma tante et à ma cousine, les dames de Quercy.

ÉLÉONORE, qui le suit.

Prévenez M. le comie d' Avrigny, mon oncle, de mon arrivée... Ce cher Jules, que je suis heureux de le revoir ! ...

Le Domestique sort par le fond, à gauche. JULES.

Ce cher Éléonore!... Ah! ç;^... et les plaisirs... et les amours ?...

ÉLÉONORE

.Mais je ne me plains pas... Tontes les femmes sont folles de moi.

JULES, riant.

El cela ce conçoit.

ÉI.ÉONOUE.

Ce qui n'a pas empêché que l'on s'occupât beaucoup de toi.

JULES

Vraiment 1

ÉLÉONORE

Ton brusque «lé|>arl aviiiL produit un eirel prodigieux... Les bruits les plus, . fantastiques ont couru sur Ion compte ! l,'(J|)éra entier s'en était ému pendant un grand mois !...

JULES

L'Opéra est mille fois trop bon.

ÉLÉO.NORE.

Lo:'sqne lotis les esprits furent distraits par un événement de la jjln^ haute imporlance.

JL'LES.

Un événement ?..

ÉLÉONORE

Les débuts d'une nouvelle danseuse; une vraie houri : dix- huit ans. des cheveux noirs, des yeux noirs, des dents... blanches! une Italienne pur sang. Leclub en raffola; cent adorateurs formaient son cortège... Et moi, mon cher!... moi . je fus le préféré... Je n'eus qu'à paraître pour qu'elle devînt... folle de moi... J'en étais sûr d'avance... et je ne me trompe jamais !...

Toujours heureux... Je te reconnais bien là.

ÉLÉONORE

Oui, mon ami; pendant six mois, je fus le plus fortuné des hommes ; nous filions des jours d or et de soie !... C'est étonnant comme l'or (iiail !... Mais il y a cinq semaines, un matin, un vendredi... treize... j'apprends que Caioline, l'ingrate Caroline, a quitté sa maison de la rue de Provence pour l'hôiel d'un boyard de

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