‹ Noémie; Comédie-vaudeville en deux actesChapitre 2 sur 46 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

la rue de Londres!... Trahir sa pairie ! quelle petitesse ! C'est effrayant comme l€s coulisses passent à l'étranger ! Il n'y a plus que le Cirque-Olympique qui soit resté théâlre national.

JULES, riant.

Pauvre garçon !

ÉLÉONORE

Oui, pauvre est le mot , car j'étais ruiné ; et je méditais déjà les choses les plus funestes, quand mon nabab d'oncle, qui. jadis, du fond de l'Indostan, m'avait octroyé sa malédiction , veut bien m'apprendre qu'il est de retour... qu'il me pardonne... et que ses bras et son coffre-fori me sont ouverts.

Air de 3/^« Favart.

Avec mon ardeur ordinaire,

J'arrive en post' pour embrasser Un oncle aussi millionnaire :

On ne saurait, mon cher, trop se presser.

Parent modèle, oncle admirable!

Pour son neveu, son cœur, en ce beau jour,

Montre un amour inépuisable. Et sa fortune est comme son amour.

Ah ! ça , et toi , M. le saint, qu'as-tu fait pendant ion exil ?

JULES

Oh ! mon ami , ce fui le temps le plus heureux de ma vie ! Fatigué de cette existence de Paris, si bruyante et si folle, je m'étais retiré dans ma terre de Murville... Là , je retrouvai ce calme d'esprit que j'avais perdu ici. Je fus charmé de cette vie tranquille et de la franchise de no& bons paysans.

s NOEMIE.

ÉLÉONORE

Tu Hs des rosières ?

JULES

Moi ! par exemple...

ÉLÉONORE

Commenl !.. pas la moindre petite ?

JLLtS.

Non... Mais, chez un de mes fermiers . je découvris une jeune fllle, d'une beauté... d'une candeur...

ÉIÉO.NORE.

Allons donc, voilà ma rosière î... J'en étais sûr ! Je ne me trompe jamais !...

JULES

Une pauvre enfant . élevée dans un couvent , et qui en était sortie pour venir soigner sa mère malade... sa mère qui mourut entre ses bras.

ÉLÉo.NORE, tris'.emeyit

Helas !... {Changeant de ton.) Fin du premier chapitre... .^près ?...

JULES

Je ne la voyais que bien rarement ; car elle était si chaste, si pure, que j'osais à peine faire naître une occasion de rencontre.

Air dxi Baiser an Porteur.

Lorsque j'étais en sa présence.

Nous demeurions interdits lims les deux, Aucun de nous ne rompait le silence.

Mais, grâce au langage des yeux, Nos cœurs se devinaient nu mieux.

Je la voyais tout émue, et moi-même, A son aspect, je me sentais troublé.

Et nous nous étions dit : Je t'aime I Sans nous être jamais parlé.

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