ACTE I, SCENE II
ÉLÉONORE
C'est singulier... Moi, au coniraire, jejugeà la première vue... L'amour, c'est mou champ de bataille, à moi, et j'ai là uh coup d'oeil... napoléonien. d'avrigny.
Eh bien ! tu me diras ton opinion sur une personne...
ÉLÉONORE, avec importance.
Que... je... connais...
d'avrigny, étonné.
Comment!... déjà?...
ÉLÉONORE
Parbleu I et mon coup d'œil !... il s'agit de M^'^ de Quercy.
Tu l'as doue vue ?
ÉLÉONORE
Tout-à-l'heure, ici.
d'avrigny.
Et franchement... tu la trouves?...
ÉLÉONORE
.adorable !... De la beauté , de la grâce , de l'esprit, beaucoup d'esprit... car elle m'a paru m'apprécier tout de suite.
d'avrigny.
En sorte que tu penses?...
ÉLÉONORE
Je pense, mon oncle, que c'est un excellent parti, et j'approuve ce choix de tout mon cœur.
d'avrigny.
Ainsi, lu n'as aucune objection à faire?
ÉLÉONORE
Aucune... ce mariage me couible de joie.
d'avrigny, à part.
Mais c'est qu'il prend ça bien mieux que je ne l'espérais... {Haut.) Je n'en alUMuiais pas moins de loi , mon ami. de ion canir... Ce désir de voir accomplir le plus cher de mes vœux fait ton éloge. C'est que. voistu , il n'y a pas de temps à perdre, si je veux un jour embrasser des petits d Avrigny...
ÉI.ÉONORE.
Soyez tranquille, mon oncle, vous en embrasserez. VOUS en embrasserez beaucoup.
d'avhigny.
Ce cher Ëléonore... As- tu besoin d'argent?
ÉLÉONORE
Toujours, mon oncle... Oh! mais. . celte foi.s... ce n'est pas pour moi... c'est un ami que je veux obliger. [A part.) Obliger à ne pas me poursuivre. .MABGL'EKiTE, entrant.
Le déjeuner est servi, monsieur , et ces dames sont à table.
d'avrignv.
Allons, viens Décidément, mon neveu, je suis content de loi... (// lui donne un portefeuille.) Tiens !...
ÉLÉONORE
Décidément , mon oncle , je suis lorl satisfait de vous... {Il prend le portefeuille.) Merci !... d'avrig.ny.
Allons, viens tu ?...
ÉLÉONORE
Non, pardon... mon ami m'attend... Déjeunez sans moi... [À part.) Je <;ours jusqu'à la posle.