‹ Norbert; ou, Le campagnard; comédie-vaudevilleChapitre 18 sur 25 · SCENE XYII · texte numérisé non relu

SCENE XYII

LÉON, putV NORBERT.

LÉON, seul.

Eh bien... elle s'en va !.. elle paraît fâché... serais-ce contre moi?... oh non... tout-à-l'heure encore elle me témoignait un intérêt...

NORBERT, entrant par le fond.

Décidément... c'est ici que je dois avoir oublié ma carnassière. ( Apercevant Léon.) Ah! c'est vous!., eh bien,., comment vous trouvez-vous de votre bain?., sans moi, vous buviez un fameux coup.

LÉON

Ne m'en parlez pas... j'en suis encore tout démoralisé.

Vous devriez prendre quelque chose pour vous remettre.

LÉON

J'ai pris deux cuillerées de ratafia... et je vais me mettre à la diète.

La diète!., du ratafia!., prenez-moi deux ou trois bons verres de rhum... un bol de punch... je vous aiderai.

LÉON

Du punch !.. oh ! jamais !..

Air du Vaudeville de t'Jpotliicaire.

Eh quoi! jamais vous ne buvez?

LÉON

Le docteur m'eu a fait défense.

Piiurtant quelquefois vous devez Mettre en oubli son ordonuance.

LÉON

Non.

Je me fie à vos serniens ; Aujourd'hui , pourtant j'ai dû croire , Mon cher, qu'il est cartains moments Où vous vous permettez de boire.

C'est une plaisanterie que je fais; mais si vous refusez de boire avec moi, je vais croire que vous m'en voulez.

LÉON

Moi!., vous en vouloir!., et pourquoi?

Dam!,, peut-être parce que je suis arrivé il y a quatre jours, pour épouser votre amoureuse.

LÉON

Mon amoureuse !..

Mais soyez tranquille... ça n'est pas moi qui vous ferai du tort... épouser une femme que je n'aime pas. lÉON, vivement.

Vous ne l'aimez pas ?..

Non certainement ; et je l'ai écrit ce matin à son père ; Fargeau porte la lettre ; je lui dis que sa fille n'est pas dr mon goût, que je n'en veux pas pour ma femme, et que comme il n'a que celle-là à m'offrir, il peut compter que je ne serai jamais son gendre.

LÉON

Vous l'avez pris sur ce ton-là !.. il ne vous le pardonnera jamais... et vous avez envoyé la lettre ?..

Elle peut-être arrivée maintenant; et j'en ai dit d'avance le contenu à la demoiselle.

LÉON, enchanta.

Vous lui avez dit que vous ne l'aimez pas!... vous êtes un bien aimable houime !

Vous trouvez que je suis biei: aimable ? . eh bien ! elle n'a j)as l'air d'être de votre avis.

LÉON

Comment!., monsieur, vous lui avez dit... ah! si je vous croyais, je serais le plus heureux des hommes!

Il ne faut que ça pour faire votre bonheur?., eh bien ! tenez... je suis bon enfant moi... j'avais bien envie defaiieun coup de fusil, aujourd'hui... mais j'y icuonce pour vous... mademoiselle Virginie ne peut tarder à venir ici... je l'ai aperçue tout-à-l'heure, à sa fenêtre; vous, entrez dans ce cabinet... vous allez m'entendre lui parler de manière à vous rendre heureux... mais... là... complètement.

LÉON

Efforcez-vous d'être bien brusque.

NORBERT, le poussant dans le cabhut.

Il n'y a pas besoin d'efforts... c'est naturel.

( Léon entre dans le c.ibinet. )

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