SCÈNE I
POLLION, à part.
Adalgise !.… NORMA.
. Est:l vrai que Rome te rappelle ?
POLLION
J'en ai l’ordre. .
Et tu viens ,-à tes sermens fidèle, Préparer tes enfans et leur mère à partir :
Nous sommes prêts tous trois.
POLLION
Pourquoi pälir?
| POLLION
* Mes enfans me suivront.
Nos enfans!.…. et leur mère?
POLLION, Un instant de retard peut-être est nécessaire : Des périls renaissans couvrent tous les chemins.
Et tu trembles pour moi, Pollion?
POLLION
Les Romains...
lis ont peur de la Gaule et livreraient ta femme | On prévoit bien des maux en consultant son ame; N'est-ce pas, Pollion ?
POLLION
Plus qu’on n'en peut compter ; Mais quand on les prévoit, c’est pour les éviter. NORMA.
Faut-il donc pour les fuir déchirer ce qu'on aime, Et rompre au nom du sort les nœuds qu’il fit lui-même? Ces dangers, ces malheurs, tu ne les voyais pas Quand mes soins disputaient ta jeunesse au trépas; Ces maux, y songeais-tu, quand ton cœur sans mémoire Inventait des sermertis que j’essayais de croire ? Lorsque tes pas sans cesse attachés à mes pas. POLLION. | Rome est-elle si loin qu’on n’en revienne pas? NORMA.
Tu ne mesures plus aujourd’hui la distance ; Mais elle s'agrandit pour moi de ton absence. Tu n’évites d’ailleurs que les lieux où je suis : Rome, tu n’y vas pas, Pollion : tu me fuis.
POLLION
Mais songez un instant au péril de me suivre, Vos jours.
T'ai-je montré tant de désir de vivre ?
POLLION
Votre père! vos dieux!
Est-ce à toi d’y songer?
Avant mon sacrilége as-tù vu le danger? | Ton amour est passé, perdu comme ces charmes Qui se sont, et pour toi, tous flétris dans les larmes; Tu ie trahis, je sais pour qui tu me trahis. | | POLLION.
Dieux!!!