ACTE I, SCÈNE I
Chacun de ses bienfaits m'apporte une terreur ; Son dévoüment pour moi ressemble à la fureur. FLAVIUS.
Malheureuse Norma !
.Malheureuse ! peut-être ; Mais enfin, son captif est fatigué de l’être. , FLAVIUS. | Faut-il pour t’affranchir, l’envoyant à la mort, De tes fils dans ton crime envelopper le sort? Que deviendront tes fils , si ses cris de misère De leur berceau caché découvrent le mystère ? Veux-tu voir des Gaulois le couteau furieux Les jeter en pâture à la faim de leurs dieux ? + POLLION .
Je saurai les sauver.
FLAVIUS. | Mais Norma, mais leur mère...
- POELION.
Les Gaulois à genoux tremblent sous sa colère ; Ils la respecteront.
—— FLAVIUS
.Crois-tu ce que tu dis?
POLLION
Je crois tout ce qui peut briser mes nœuds maudits. 11 semble qu’on ne puisse exister.que pour elle, Et s'éloigner d’un pas , qu’on ne soit infidèle. Mettant toujours le ciel en tiers dans ses transports, Elle m'a saturé de l’ennui des remords.
Honteuse dans le cœur d’un amour qu’elle blâme , . Elle jette sur moi le fardeau de son âme, | Et d’un rêve de crime envenime mes jours.
La fièvre de ses traits passe dans ses discours ; Son orgueil insultant, même quand 1l sypplie A
A __‘ NORMA, Donne à ses passions le cri de la folie.
Ne prétend-ellé pas guider les élémens, Gouverner l’avenir, prévoir ses mouvemens ?
Que ferais-je à la cour d’un spectre tyrannique, Qui ne lit que ma mort dans son livre mystique ? Elle se prophétise un manquenient de foi, Et son poignard jaloux veille toujours sær moi: ::
| FLAVIBS. ” Tu n'as qu'un cœur: de fennie et tu éralsis c de mêmes |
h POLLION, . 1" 1 7
Tu n'as pas, Flavius, vu la vierge que seine ; à Trop pure pour l’añtel qui la doit:hsservir :: .: :: À l'amour d’Irminsul le amieni veut bi ravir. Dei Déjà moins rigoureux, son front sous mes earesses Commence à repousser ses voiles de prêtresses ; J'aurais voulu d’un mot embellir la vertu, Qu’avant de le savoir son nom m’eût répondu ; De quels enchantemens rayonnè sa présence !
Tu serais criminel, qu’une'chaste innocence Dans ton cœur, Flavias, descendrait de ses yeux ; L'air qu’elle a traversé garde un parfum dés eeut ;: Tout ce que l’on espère on le érouve près d'elle : Norma! Peut-être un jour j'ai eru qu’elle était belle ; Adalgise a paru dans sa timidité :
Pour la prenaière fois j'ai connu la beauté. : : : : Le voir, ténjoues la:voir, l'adorer'et la suivre , est plus que: le bonhenr; c'est respirer; Ce ‘est st vivre. our St mLAYIUS. UN Et ces mots, Pollion, Norma te les a dits" | Et toi ta l’écoutais} et toi ta répondis 1" © : De l'emmener à Rome au palais de ton père, Et de nommer tes fils, les fils dont elle est mèrerti: “HOLLION. | UT
Je n’aimais poinit'alors, je ne Drévoynis pas ‘ ‘