ACTE IV, SCÈNE
: SÉGESTE. Son nom ?
C'est.
POLLION
Malheureux !
OROVÈSE.
Quelle est-elle?
NORMA. : | | C'est moi :
| | SÉGESTE. | Comment ! CS :
| | POLLION
Qu’ai-je entendu?
OROVÈSE.
Toi, ma fille.
NORMA. « | Moi-même, Moi l’épouse des dieux, sacrilége, anathème, * Moi qu'un perfide amant jura d'aimer toujours, Moi qu’il abandonnait, quand je sauvais ses jours, Moi qui cherche à mourir. et sans qu'il.en pâlisse ; Le rejoins malgré lui dans un même supplice.
| OROVÈSE.
Tu’nous trompes; non, non, ces aveux insensés. | POLLION. . | Ah ! que ma mort suffise à vos dieux offensés; : Gaulois! n’en croyez pas le transport qui l'anime. | .: NORMA. Corot Pour expirer sans moi, tu veux m'ôter mon crime ; Quoi! n’as-tu pas, septans, dans mes sens égarés, : :" Nourri l’affreux poison dont ils sont dévores? :. : N’as-tu pas arraché de mon ame flétrie: :
Vœux, sermens immortels, vertu; parens, patrie? :
N’es-tu pas mon amant...n'ai-je pas mérité D'oécuper aux enfers ma place à ton côté?
(aux Gaulois. )
Ah! ce cœur dont mes feux ardens étaient la vie, Vous trahirait encor, s’il ne m'avait trahie.
J'ai levé vers le ciel mes adultères mains ;
J'ai d’oracles menteurs protégé les Romains.
En y cachant les fruits d’une flamme exécrable, J'ai profané des dieux l'asile impénétrable ;
Je vous atteste tous, autels, rameau sacré .
Dont s’environne encor mon front déshonore !
Dieux sanglans, dieux jaloux, qui ne pouvez m’absoudre, Proclamez mon forfait par le bruit de la foudre! Et vous, armes d’airain , qui tressaillez d’effroi, Sur mon front criminel tombez, écrasez-moi!
( elle tombe sur l'autel. )
OROVÈSE.
Où no ô nuit horrible ! 8 comble de misère !
; NORMA , à geROUT.
Pour monter au bûcher maudissez-moi, mon père.
OROVÈSE , posant ses mains sur le front de Norma.
Dieux, qui restez muets, un père en frémissant À vos justes arrêts livre son propre sang.
Oui, que ma fille. hélas ! quelle horreur m'environne! Elle était du vieillard la joie et la couronne. C’est elle que bientôt, dans mes derniers adieux, Mon ame aurait bénie, en montant vers.les dieux ; Et le rameau sacré qui de sa tête tombe, Aurait pour nos autels refleuri sur ma tombe . Je la maudis; tu vas mourir dans l’abandan ; … Aux dieux, pour ton forfait, j’interdis le pardon. En horreur à ce ciel qui t’a désavouée, - Vas cacher aux enfers ta tête dévouée,
‘ACTE IV, SCÈNE . 71 Et passer, sous le poids des arrêts paternels, Du bûcher redoutable aux tourmens éternels.
POLLION
Ah ! ‘peux-tu donc flétrir par cet horrible hommage Ces dieux-que ta démence a faits à ton image! Barbare A OROVÈSE.
Conduisez ce perfide et Norma Vers le bûcher divin que la foudre alluma.
POLLION , à Norma.
Malheureuse ! et c’est moi, moi, qui t'ai réservée Au sort...
noRMA , & Pollion.
Ne te plains pas, Adalgise est sauvée.
SIGISMAR , ( rentrani précipilamment. ) Les bataillons romains s’elancent vers ces lieux. .
POLLION
Ils viennent!!!
OROVÈSE.
/ Protégeons la vengeance des dieux.