SCÈNE PREMIÈRE
OROVÈSE SÉGESTE.
> | OROVRSE.
Quoi! Pollion échappe à ma juste fareur L. D SÉGESTE.
La forêt druidique en sa profonde horreur, : : N’étalait point encor les prodiges sauvages | Dont un ciel formidable a peuplé ces rivages, Et l’ombre de la nuit, funeste à la valeur, Des spectres de nos dieux nous voilait la pâleur. Nous conduisions les pas de ce couple anathême Au bûcher qu'on voyait s’allumer de lui-même ; Irminsul attendait sur son autel d’airain , Quand tout à coup le cri du peuple souverain Éclate, et des Romains les phalanges guerrières De la forêt terrible arrachent les barrières. Ils entrent, on s'attaque... au carnage animés, Les uns chargent leurs bras de chènes enflammeés ; D'autres vont dépouiller, pour agrandir sa gloire, L'arbre antique où nos dieux suspendent la victoire, Et laissent dans les bois qu'ils ont osé chercher Plus d'un Romain couvert des débris du bùcher.