ACTE V, SCÈNE V
POLLION
Je saurai, malgré toi, t'empêécher de mourir ! Norma !… | L (ul veut l'entrainer.) NORMA.
Ce n’est pas moi que tu dois secourir ; C’est un autre... là-bas. à gauche. l’on ignore. Au bord du lac... Peut-être, il en est temps encore. Par pitié, par pitié, cours, il est innocent ; Tu le retrouveras à la trace du sang ; Oui, vas, vas.
| POLLION. | | Agénor, qu’as-tu fait de ton frère?
AGÉNOR
Il repose endormi sous ce roc solitaire.
La fatigue, les pleurs.
POLLION
Cours soudain le chercher, (aux deux Romains.) ” | 41 faut, malgré ses cris, de ce lieu l’arracher. (II la saisit.) (Agénor entre dans la caverne.) . NORMA. | Non, jamais. | POLLION, Flavius, veille autour du bois funèbre.
Suis moi, Norma. . Viens.
AGÉNOR
Ah!
POLLION
| Mon fils !.… AGENOR , mOn/rant le fond de la caverne.
Là, là, dans l'ombre.
POLLION
Clodomir… | AGÉNOR.
Il se meurt.
POLLION Justes dieux ! quellé main ?.…., Ah ! courons le sauver ou mourir.
AGÉNOR. Lot.
: Dans son sein Le fer était encor.
Que disent-ils, où suis-je ?
. AGÉNOR , en pleurant.
Ma mère...
Encor des cris... toujours... quel noir vertige !.…, L pleure...
| | AGÉNOR. , On a tué mon frère , nuit d’effroi!
NORMA, comme se réveillant d’un horriblé songe. (1)Tué ton frère! !.. ah oui! je me souviens, c "est moi. AGÉNOR. :
Vous?
Il nous attend.
(1) Mademoiselle Georges s’élève ici jusqu’au sublime ; après avoir été tour à tour, dans les quatre premiers actes de Norma, la Niobé et la Médée des Grecs, la Frédégonde de Shakespeare et la Vélléda de ChAteaubriand ; après avoir parcouru le cercle entier des passions que peut renfermer un cœur de femme, on s'étonne qu’elle trouve encore des accens si déchirans et si pathétiques; et il faut lui avoir vu jouer ces scènes de folie pour cônnaitre toute la puissance de l'inspiration tragique, rendue plus frappante encore par le contraste du jeune Tom, qui a joué le rôle d'Agénor avec ung grace et une suavité admirables.
LS