ACTE I, SCÈNE III
Nous demandent du sang, quand nousn’avens plus d'or; Et poussés chaque jour d’un paganisme à l'autre, Nous mourons pour leur foi, sans vivre pour la nôtre. Prolétaires martyrs de deux cultes rivaux, | Voulez-vous, d’Irminsul désertant les drapeaux, Quand on peut dans la gloire en laver les outrages, Laisser périr son culte entre deux esclavages? Irminsul, lève-toi, frappe ton bouclier!
Jette le cri de mort qui doit nous rallier, Et que ta voix puissante en victoires féconde : Replace tes enfans à la tête du monde.
Pourquoi m'avoir placée à la porte des cieux, Si vous entrez sans moi dans le conseil des dieux. Les yeux embarrassés de passions sauvages, Avez-vous, du destin feuiltetant les présages, Vu la ville de Rome inscrite pour la mort?
Les miens seuls peuvent lire aux ténèbres du sort, Et les miens seuls de Rome ont lu la décadence ; Elle mourra. Le ciel a porté la sentence ; Mais dans ce grand arrêt vouloir s’mterposer, C’est resserrer vos fers; au lieu de les briser. D'un bras plus fort que vous et que-votre justice , Rome, sans le savoir, travaille à son supphce. Regardez ; vous verrez qu’à sa chute inclinant, Elle épuise sa force en la disséminant ; Que sa religion, usée et vagabonde, En ramassant des dieux dans tous les coins du monde, . Du culte domestique annule les autels; Et n'imaginez pas que ces faux immortels Attaquent d’Irminsul l'impérissable image :
Ils viennent à ses pieds expirer en hommage. : S’ils ont exclu son nom du temple universel, Où Rome ose classer les habitans ‘du ciel, :.….
C'est acte de respect, et non point de menace. Que ferait Irminsul dans cette populate ?
Du Panthéon tremblant la voûte eût éclaté, .
S'il eût osé s'ouvrir à son 1nmensité.
Avant le jour: précis qu'a marqué sa réfigeänce,
N'ayez donc point l’orgueil d'embrasser sa défense.
, Ce jour tant'désiré n’est peüt être pas loin,
De vous en avertir réservez-moi le sein
Je fus trois ans captive en la ville éternelle ,
Elle doit plus qu'à vous me sembler erimmwelle ; Allez , et laissez-moi , déplorant vos. affronts, Ramener par mes pleurs le pardon sur vos fronts.