VIII INTRODUCTIO.N
Robert. Ce sont les institutions, les études, les mœurs, successivement abritées par ces murs que bientôt nous ne verrons plus, dont il m'a semblé qu'il ne serait pas sans intérêt de faire revivre un instant l'image.
11 s'agit d'un simple tableau — non d'une histoire — et d'un tableau dont les différentes parties sont nécessairement d'inégale étendue. La troisième, le Musée des Arts, n'est qu'un épisode; la dernière, les Temps nouveaux, une préparation. Les deux premières, la Sorbonne de Rohert et la Sorbonne de Richelieu, appellent, au contraire, par l'ensemble qu'elles forment et l'espace qu'elles embrassent, de plus amples développements ; ce sont aussi d'ailleurs les moins connues.
Pour toutes j'ai puisé directement aux sources. En abordant la période antérieure à 1789, je ne croyais pas rencontrer une telle abondance de documents. L'antique Sorbonne n'a pas eu d'historien, rsi Claude Héméré, ni Ladvocat, ni l'abbé de Foucault ne méritent ce titre \ La notice de l'abbé de Foucault, publiée en 1818, dans la pensée de faire rendre la maison à ses anciens maîtres dépossédés par la Convention, donne à peine de son organisation une esquisse légère*.
* On ne saurait non plus considérer comme un historien Tauleur de THisTojRE DE LA SoRBONXE datis laquelle on voit l'influence de la théologie sur l'ordre social (Paris, 1790, 2 vol.). L'ouvrage, M. l'abbé J. Duvernet le reconnaît lui-même, n'est qu'un pamphlet.
* Notice sur la Sorboiine, 1818, p. xxx.
INTRUDUGTKIN. ix
La moiiof^i'aphic de Ladvocat n'est inalheiireuscmciit qu'un article de dictionnaire' : professeur et bibliothécaire de la Sorbonne (1742-1705), Ladvocat, dont l'érudition était aussi éclairée que profonde, eût pu mieux que personne recueillir et fixer les traits de sa longue existence, presque à la veille du jour oii elle allait être close. L'œuvre d'iléméré, qui ne comprend pas moins de trois siècles, de Robert à Richelieu, renferme sur celte période un grand nombi-c de renseignements précieux^; mais elle manque de
1 Dictionnaire hislorique cl hihlioyraphiquc, 1752. — 11 existe à la bibliollièque de l'Arsenal, sous les n"' 1020, 1021 et 1022 (Mss latins), trois volumes grand in-folio : le premier, de 077 pagtîs, intitulé Bibliotlieca Sovhonica sen Liber de scriptorihns Sorl>onicis; le second, de 720 pages, ayant pour titre Donms et Societalis Sorboîiicœ Itistoria ; le troisième, de (505 pages, avec le même titre que le second, dont il n'est qu'une copie incomplète. Les volumes 1020 et 1021 contiennent l'un et l'autre, dans un ordre difl'érent, mais c'est absolument le même fond : 1" un hislorique de la fondation de la Maison de Sorbonne, ou plutôt de son fondateur; 2° une nomenclature chronologique des premiers Proviseurs; 5" la liste des écrivains sorbonistes et de leurs ouvrages. Cette dernière partie est la plus considérable. Le n" 1020 comprend deux cent dix-huit noms d'écrivains et s'arrête au cardinal de Richelieu; le n° 1021 en a deux cent quatre-vingt-sept : sa dernière notice est celle d'Antoine Arnauld, mort en 11)94. Les deux volumes ne sont que des compilations oîi la main du rédacteur apparaît à peine, et le second n'a guère fait que reprendre, en le poursuivant, le travail du premier. Ils sont l'un et l'autre des Sorbonistes. L'un paraît être Charles Meunier, admis comme hôte en 1020, comme associé en 1028; il faisait encore partie de la Maison en 1646 (voir Arch. nat., MM. 269, f" 250); en 1648 il devint doyen de l'église d'Orléans. L'autre est sans doute Mauduison, reçu maître en théologie en 1687 et qui était de la Maison dès 168S (voir Arch. nat., MM. 272, f° 15). Ladvocat possédait les deux manuscrits. C'est lui qui en a fait don à la bibliothèque de la Sorbonne, conune l'indique une note écrite sur la couverture intérieure des deux volumes.
- Sorbonœ origines, disciplina, viri illustres. Bibl. nat., Mss lat., 5495. — Biblioth. Arsenal, Mss lat., 1166. Le manuscrit de la Biidio- Ihèque nationale est l'original, celui de l'Arsenal une copie du xvui" siècle, littéralement assez exacte, mais souvent peu raisonnée.