X INTRODUCTION
critique ; et alors que l'auteur, bibliothécaire de la Maison, comme Ladvocat (1658-1646), avait entre les mains toutes les pièces, il le déclare, on dirait le plus souvent qu'il travaille de souvenir : ce sont des mémoires sur la Sorbonne primitive, ce n'est pas une histoire.
La Sorbonne, il est vrai, se prêtait assez mal à l'entreprise. Elle n'a jamais eu de constitution écrite. Sauf un court règlement initial, d'ordre intérieur, rédigé par Robert, et quelques articles, de police domestique aussi, qui régissaient le service de la bibliothèque, il n'y eut jusqu'au xwf siècle que des coutumes. C'est la tradition (pii servait de base aux délibérations de la Maison. Les délibérations s'étanl accumulées avec les années, on pensa à rassembler les règles qu'elles avaient établies au jour le jour, en les extrayant des procès-verbaux où elles étaient consignées au fur et à mesure qu'une question se produisait. Maintes fois mis en avant', le projet ne fut exécuté qu'en 1740. De là est sortie l'espèce de code qui existe eu manuscrit sous le nom de Disciplina Sorhonœ domiis'. Mais ce code, œuvre de plusieurs mains, est confus, inexact en certains points, par suite d'erreurs dans la transcription des dates, et, sur presque tous, plein de lacunes. C'est
» Notamment en 1594, 1()27, 1650, 1655, 1658, 1671, 1698, 1715 et 1718.
2 II en existe deux exemplaires : l'un à la Bibliothèque nationale, fonds latin, Ms. 16071, l'autre à la Bibliothèque de l'Arsenal, grand in-f°, Ms. 1025. — C'est l'exemplaire de la Bibliothèque nationale que nous suivons.
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dans les registres mêmes des procès-verbaux qu'il faut chercher l'expression sûre et complète de la vie de la Maison.
Ces registres sont de quatre sortes : le registre de la caisse ou du coffre-fort, le registre des comptes, le registre du Procureur et celui du Prieur.
Le registre de la caisse est un document de comptabilité ; il était destiné à recevoir les procèsverbaux de l'encaissement et de la sortie des fonds : il en reste une collection qui porte sur une centaine d'années'.
Le registre des comptes relatait les comptes d'administration annuellement rendus; il nous en a été conservé une séiie intéressante'.
Le registre du Procureur contenait les délibérations prises par les Sorbonistes résidant dans la Maison sur les intérêts matériels : acquisitions, ventes, contrats, recouvrements, etc.; les trois volumes que nous possédons embrassent près de deux siècles'.
* Archiv. nat., .\Iss, MM. 296, petit in-fol. de 101 pages (versos non cotés). Le recueil s'étend de l'an 1551 à l'an 16-4:8. Voir tin spécimen aux Pièces justificatives, n" 55, p. 565.
- Nous avons la série in-f" do 1695 à 1781 (Archiv. nat.. Mss, H. 2756- 2752), plus deux volumes détachés : l'un qui contient les comptes de 1655 (Archiv. nat., Mss, II. 2655), l'autre qui comprend trois années, 1661 à 1664 (Archiv. nat., Mss MM. 278). Enfin il existe aux Archives nationales (H. 2654-2755) cent deux petits registres in-8° qui, en cinq exemplaires pour chaque année, présentent les comptes de 1758 à 1791, et complètent ainsi la série in-f' de 1695 à 1781. Un inventaire général des documents et titres de la Maison dressé en 1716 (Archiv. nat., Mss, MM. 279, 280) fait mention (p. 1040) de vingt-neuf registres de comptes des Procureurs, commençant en 1557 et finissant en 1709 : ils paraissent avoir été détruits.
^ Les trois volumes vont : le premier, du 25 octobre 1617 au 26 mai 1 664 ;