‹ Nos adieux à la vieille SorbonneChapitre 12 sur 33 · TROISIEME · texte numérisé non relu

TROISIEME

Pour luv l'aire très humbles remonslrances que cette Compagnie s'est conservée un grand temps en sa pureté jusqucs icy, et que quoy que sa maison soit vieillie et demeure caduque si qu'elle a eu besoin d'un si grand restaurateur que Monseigneur le Cardinal, néantmoins elle a toujours conservé sa vigueur et sa vertu dans sa caducité et dans la vieillesse de ses bastimens et espère l'augmenter par la grâce de Dieu et par la bienveillance de Monseigneur le Cardinal, a quoy elle se sent obligée; pour se rendre daultant plus digne et plus capable de ses faveurs afin que le public scache que les bienfaicts qu'elle ressent de sa bienveillance luy ont esté faicts avec choix et quov que la splendeur de sa maison se soit conservée jusques icy notoirement, néantmoins les causes en sont incongneues veu lestât de cette Compagnie sans aucun supérieur et sans aucun proffict (ju'en puissent retirer aucuns des {)articuliers. C'est puurquoy elle

désire continuer a pratiquer tous les mesmes exercices qu'elle a faicts jusques icy, estant certaine qu'elle se conserve par les niesmcs moyens dont elle s'est servie pour acquérir sa splendeur.

Or quoy que l'on ne puisse point attribuer sa conservation a aucune cause en particulier, ncantnioins il est certain que toutes y ont contribué, et que l'exercice et profession des lettres est une des principales causes de sa grandeur et de sa conservation, pour autant que c'est par la profession des lettres buniaines et de pliilosopliie qu'elle a trouvé des liommes capables de remplir la chaire de théologie, estant 1res certain qu'avec grand'peine elle trouvera des personnes capables de remplir la chaire de théologie, quand elle n'aura aucune qui se soit exercée dans la profession des lettres humaines et delà philosophie.

C'est pourquoy toute la Compagnie a jugé que pour assurer la conservation de cotte maison en la basiissant dune manière plus auguste qu'elle n'estoit il est nécessaire de la rebastir de toutes ses parties qui ont esté destruites, c'est à dire dans son collège, ce que Monseigneur le Cardinal a sceu bien recognoistre le premier par les assurances qu'il a données à la Compagnie de luy faire rebastir un collège au lieu de celuy ()ue l'on destruist a présent ipii est celuy de Calvv. Estant très certain et notoire que les nouvelles pierres et les embellissements dont Monseigneur le Cardinal faict enrichir la maison de Sorbonne serviront beaucoup pour empeschcr la ruine de leur maison et demeure, mais point pour la conservation des docteurs et de leur Société, et leur si)lendeur ; mais qu'au contraire l'exercice de leurs lettres, de leur discipline dans les collèges servira entièrement pour la conservation de leur Société, de leur dignité et splendeur. Si bien qu'il auroit esté beaucoup plus a propos de laisser vieillir leur demeure que d'interrompre leur exercice, crainte que par cette bresche sa ruine ne luy arrive.

C'est pourquoy principalement elle avoit député Messieurs

pour faire remonslrances très humbles a Monseigneur

le Cardinal sur ce subject, et ce daultant plus opportunément quelle voit devant ses yeux tous les jours desmolir l'ancien lieu de ses exercices (qui sans doubte sont conservés jusques icy) pour y bastir une église magnifique qui ne luy scauroit jamais estre qu'un triste subject de pleurs et de regrets, si elle est une fois le subject de sa ruine totale.

Parlant très humblement, elle supplie Monseigneur le Cardinal de ne point différer davantage le dessein qu'il a de luy rendre son collège d'humanités, pourcequ'ellc n'aura jamais aucun contentement que sur les lèvres et regardera toujours ses beaux palais avec un cœur triste, tandis qu'elle se souviendra de son collège de Calvy.

l'IECE N° 15.

Ello luy en fait ses 1res liunibles prières daiillanl plus volontiers qu'il est facile a Monseigneur le Cardinal de luy doiuier le (Collège du Plessis cpii est un lieu fort pr()j)re vis a vis de la maison de la vefve Foulu pour la(pielle acheter la (Compagnie olfre tout ce (piello, a de pouvoir et de biens.

Ce collège est fort propre, attendu (pi'il a deux collèges par le moyen des([uels il est facile d'aggrandir le lieu — scavoir est celuy de Marmothiers et celuy du Mans, — non pas a la façon des Jésuites par invasion, mais par une amiable société, en rompant les murs ipii les divisent sans rien prendre du revenu et gardant les statuts de l'un et l'autre des collèges ainsi (ju'il a esté faict ])0ur les collèges de Beauvais et de Presles, pour quoy n'est besoin de lettres du Roy ny permission aucune de la justice.

Archiv. nat., JIss, M. 7i, n° 8.

PIKCE ^" 15

Déclaration des maisons rebâties dans les rues Saint Jacques, des Poirées et des Maçons appartenantes à la Maison de Sorbonne.

(Le Jocuinent n'a pas de date et parait devoir être cLissi' entre 16i0 et IGi'i.)

Toutes les vieilles maisons que la Maison de Sorbonne a été obligée de rebâtir rapportoient par an 0 670 livres.

Celles qui ont été rebâties à la place et qui sont louées présentement rapportent 8000 livres.

Premièrement la Maison de Sorbonne avoit six vieilles maisons sizes riie Saint Jacques vis à vis le collège des Jésuites et nie des Poirées louées par an '2520 livres. Depuis trente ans ou environ elle en a rebâti à la place trois autres dont présentement on reçoit, selon les derniers baux, 5210 livres.

Les anciennes maisons riies Saint Jacques et des Poirées étoient :

La maison dite des Chantres, louée. . La maison acquise de M. Desnots, louée La maison de l'Image Saint Louis, louée. La maison de l'Image Notre Dame, louée Le corps de derrière de ladite maison.

Page 1