‹ Nos adieux à la vieille SorbonneChapitre 15 sur 33 · La maison qu'occupait Mlle d'IIérouville (vacante · texte numérisé non relu

La maison qu'occupait Mlle d'IIérouville (vacante

Arcliiv. nat., Mss, S. 6216, n° 2 bis.

Le transport des restes de Richelieu à la Sorbonne.

Le mercredy 10 décembre ses entrailles furent transportées de nuict dans un carrosse à la Sorbonne, conduictes par Monsr. Lescot, Evesque de Chartres, Monsr. de La Chambre et quelques autres

PIÈCE .V 10. i>95

aumosniers du deffunct, cl mises en dépost, iusques au parachèvement de la nouvelle Eglise, dans une cave qui est dans une Chapelle au milieu de deux autres derrière le maistre Autel de la Sorbonne, elles csloient enfermées dans une quaise de plomb carrée couverte d'une manière de boîte de bois que quatre personnes ù la sortie du carrosse portoient avec assez de difficulté.

Samedy suivant \o, du mesme courant sur les neuf iicnres et demie du soir son corps fut transporté du palais Cardinal à la Sorbonne lieu destiné à sa sépulture dans un grand chariot de deuil couvert d'un grand poile de velour noir traisnant jusqu'à terre, croisé de satin blanc, et aux tjuatre coings du poile, les armoiries du delfimct (|ui sont trois chevrons rompus couverts du chapeau de cardinal. Ledict char estoit traisné par six chevaux bardez et couverts jusques a terre de pareille étotîe de velour noir aussi croisée de satin blanc, lequel ciiar et tout son esquipage et attirail ne demeura pas a Messieurs de Sorbonne comme ils prétendoient que selon le droict cela leur debvoit appartenir, ce profit estoit estimé au moins a G ou 7 000 livres y compris les six chevaux qui estoient de valeur de quelque 1 000 livres la pièce ou du moins 900 livres. Sur le char estoit outre le cocher, Monsr. Lescot Evesque de Chartres, confesseur du deffunct, Monsr. Mulot, docteur de Sorbonne, jadis précepteur et confesseur par un temps du deffunct, et Monsieur le curé de Saint-Eustache, comme servant de gardien et caution du cor[)s, lequel à la reddition dudict corps fit une briefvo harangue latine, commençant par ces mots d'Horace : « Pallida mors œquo puisât pede pauperum tabernas Regumque turres. » Après dict que : « defunctus erat Eminentissimus multis diversis modis nempc doctrina spiritu virtutibus, etc., et pietate propter suseepta sacramenta ante finem, etc. » En un mot la harangue fut trouvée assez grossière et non bien spirituelle. Mgr de Netz, Evesque d'Orléans y respondit en termes mieux adjancés, mais à trop basse voix en sorte que peu ne pouvoient entendre.

Toute cette pompe funèbre alloit en cet ordre, premièrement quelques officiers des gardes du deffunct à cheval faisoient faire place, et empescher la foule du peuple qui estoit grande quasi comme en plain jour, puis !24 valets tous en deuil marchoient a pied portant de grands flambeaux de cire blanche, après suivoit une grande compagnie de capitaines des gardes, lieutenans, secrétaires et principaux domestiques du delfunct bien montez et tous en deuil qui faisoient bien du moins une soixantaine de personnes, ensuite venoit une autre bande de valets au nombre d'une soixantaine a pied et en deuil, portant pareils flambeaux de cire blanche précédans, environnans et suivans le susdict char ou estoit le corps du

delTiinct suivi d'une vingtaine de carrosses bardez pareillement de force flambeaux, dont la moitié estoit en deuil, et dans le premier estoient Messieurs les Marescbaux de Brezé, de la Meilleraye et de La Guiclie, Messieurs Du Pont Courlay père et fds, et autres chevaliers de l'Ordre proches parents du delVunct, venoit après le carrosse de Madame la Duchesse d'Esguillon tout couvert de deuil, et ainsi des autres. Monseigneur le Chancelier, Messieurs le comte de Noailles et Bouthilier, tous cordons bleus, s'y trouvèrent aussi.

Voilà la dernière Garde, et les derniers honneurs que les mortels ont peu rendre au corps de ce grand homme, mais comme l'esprit en fait la meilleure et plus saine partie son renom vraysemblablement recevra un plus long honneur dans la mémoire de la postérité'. Le corps fut porté jusipies au haut de la rue de la Harpe approchant de la Porte Saint-MiL-hel, puis on tourna à gauche en face de la nouvelle Eglise, pour entrer par la porte qui est au dessoubs de la vieille Eglise où il fut reçu par les Docteurs, et toute la Faculté de Sorbonne, et de plus par l'Archevesque de Rheims, l'Evesque de Hennés, frère de La Motte Houdancourt et l'Evesque d'Orléans, qui officioit et estoit en chappe qui s'estoient a ce subject préparez et assemblez en corps.

Les vespres des morts furent chantez et le corps étant sur des tréteaux au milieu du chœur couvert d'un poisle doublé de fourrure mouchetée d'hermine, la compagnie se retira.

Bibliothèque de l'Institut. — Siippléinont de l;i collection Godefroy, manuscrits de Théodore Godefroy.

Transaction faite entre Messieurs les Prieur, Docteurs et Bacheliers de la Société de Sorbonne, et Madame la Duchesse

d'Aiguillon.

Entre les Prieur, Docteurs et Bacheliers de la Sociélé d(> Sorbonne, demandeurs en requeste par eux ])résenlée à la Cour le dix huict décembre mil six cens quarante sept, afin d'homologation de la Transaction passée entre les parties le uingt huict May mil six cent quarante six d'une part, et Dame Marie de Vignerod, Duchesse d'Aiguillon, Pair de France, Comtesse d'Agenois et Condo-

mois, au nom et comme ayant radnûnistralion des personne et biens de Messire Armand Jean du Plessis de Riclielieu son neueu. Duo, Pair et Général des Galleres de France. Lieutenant General pour Sa Majesté es mers et armées du Leuanl, Légataire général et particulier du feu sieur Cardinal Duc de Richelieu et de Fronsac, Pair de France, défendeur dautre. Ensuit la teneur de ladite transaction. A tous ceux qui ces présentes lettres uerront, Louis Seguier, Clievalier sieur de Sainct Brissé, seigneur des Ruaux et de Sainct Firmin. Conseiller du Roy. Gentilhomme ordinaire de sa Chambre, el Garde de la Preuosté de Paris. Salut, sçauoir faisons : que pardeuant Jean Denos et Rauaud Vaultier, notaires gardenotes du Roy au Chastelet de Paris, soussignez. Furent présents haute et puissante Dame Marie de Vig;nerod, Duchesse d'Aiguillon, Pair de France, au nom et comme ayant Tadministnition des personne el biens de haut et puissant Seigneur Messire Jean Armand du Plessis. Duc de Richelieu, Pair de France, son nepueu, légataire participant et vniuersel de feu Monseigneur l'Eminentissime Cardinal Duc de Richelieu et de Fronsac. Pair de France, par lequel elle a promis faire ratifier les Présentes si tost que ledit Seigneur aura atteint Fasge de majorité, et den fournir alors lettres de ratification valables en bonne forme, ladite Dame Duchesse d'Aiguillon, demeurante en son Hostel au fauxbourg Sainct Germain des Prez, rue Vaugirard, paroisse Sainct Sulpice d'vne part : et les Vénérables Prieur. Docteurs et Bacheliers de la Société de Sorbonne, représentez par Vénénibles et Scientitiques personnes. Maistres Charles François Talon, Curé de Sainct Geruais, y demeurant ; Jean Rousse, Curé de Sainct Roch, aussi y demeurant ; Hierosme Bacheher, Chanoine et Archidiacre en l'église de Soissons, demeurant rue Sainct Jacques, parroisse Sainct Séuerin; Claude Morel, prieur de Sainct Crespin de Possesse, demeurant en la maison de Sorbonne; Antboine de Breda, Curé de Sainct André des Arcs, y demeurant : et Anthoine FEuesque, à présent procureur et receueur de ladite maison de Sorbonne, pareillement y demeurant, paroisse Sainct Benoist, tous docteurs de ladite Société, fondez de procuration spéciale à l'effect des présentes, passée par ladite Société, deûement assemblée à cet effet, au lieu accoustumé, pour traitter de leurs affaires pardeuant de Troyes et de Sainct Vast, notaires au Cliastelet de Paris, en datte du dix neufiéme du présent mois et an, annexée à la minute, et transcripte en fin desdites présentes; lesquels Sieurs Procureurs ont promis faire ratifier ces présentes par lesdits sieurs Prieur, Docteiu*s et Bacheliers de ladite Société, et de ce fournir lettres de ratification en bonne forme dans un mois prochain d'autre part.

298 PIECES JL'STIFICAIINES.

Disant lesdites parties, que j)Our lernilnor et assoupir le procez pendant et indécis en la Cour de Parlement à Paris, entre elles, au rapport de Monsieur Berthélemy, Conseiller en icelle, et tous autres dilTérends meus et à mouuoir, et qui poiirroient suruenir entre lesdites Parties, sur l'exe'cution du Testament dudit défunct Seigneur Cardinal, en ce qui concerne la Sorbonne, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit, elles ont par l'aduis de leurs amis et conseils transigé et accordé en la l'orme qui ensuit.

C'est à sçauoir : que ladite Dame Duchesse d'Aiguillon audit nom a promis et promet, s'est obligée et oblige faire acheuer et parfaire incessamment l'édifice de l'église de Sorbonne, le pané de marbre, les vitres, tables, retables et tableaux des Autels, les chaires du cœur, les clostures des chapelles, si besoin est, et généralement tout ce qui est nécessaire pour la décoration et perfection d'icelle église, suiuant et conformément aux desseins arrestez par ledit defunct Seigneur Cardinal, et pour acheuer lesdits ouurages, mettre tel nombre douurii'rs que besoin sera, fournir l'ameublement de la sacristie, tant des armoires, et autres menuiseries, que de toute sorte d'argenterie, linges et ornemens seruans à la célébration de la saincte messe, et autre diuin office, tant des jours ordinaires, que des festes solennelles, le tout suiuant et conibrmément au testament ducUt défunct Seigneur Cardinal, le tout dans le plus bref temps que faire se pourra. (]omme aussi ladite Dame Duchesse a fait par ces présentes pleine et entière délivrance, et promet garantir de tous troubles et empeschemens généralement (juelconques, fors des cens et rentes foncières, anciennes et accoustumées, chacune n'excédant la somme de (piarante sols tournois, et spécifier par les contracts d'acquisition francs et quittes des arrérages jusques à huy, ausdits Sieurs de Sorbonne acceplans pour ladite Société, tant la maison acquise du sieur Foucault, abattue en partie pour donner jour au chœur de ladite Eglise, qu'vne grande place à présent vague et vuide, tenant d'vn long à ladite nouuelle Eglise, la riie des Poirées entre deux, et d'autre long à la rue des Cordiers, d'un bout par derrière à vne maison appartenante au collège de Reims, sizc rue des Poirées, et à vne autre maison de la Rose blanche, sise rue Saint Jacques, appartenante aux sieurs Cousturier, et encore à vne autre maison size riie des Cordiers, où pend pour enseigne le Nom de Jésus, appartenante par indivis au sieur d'Assy et a Maistre Jean Thibaut, prestre de la Mission, desquelles maisons partie a esté retranchée pour faire ledit jardin, d'autre bout, pardeuant à la rue de Cluny; sur laquelle place estoit cy-deuant basty le collège des Dixhuict auec plusieurs maisons adjacentes : ladite place acquise et destinée

l'IEGE N" 17. 29',)

jiar ledit dclViincl Soigneur Cardinal, et léfiuée par son Teslanieiil à ladite SocicUé pour l'aire vn jardin. Pour raison duquel collège et maisons, s'il en est encore deub quel(|ue cliose pour le prix d'icelles, ou |)our les lots et ventes et droits d'iudemnitô et anuirtisseuicut, ladite Dame Ducliesse audit nom sera tenue cl a pi'ouiis |)ayer c(! ({ni en sera deuh, et eu acipiiller ladite Société, et dcsdils payemens en fournir quittances et descliarges bonnes et valables, fors et excepte des droits de lots et ventes censiues et rentes et d'indenmilé (pii pourroient estre deus ausdits sieurs de Sorbonne à raison des maisons et places prises sur le fond et domaine de la Sorbonne, tant pour faire ledit jardin (pu; pour les autres ouurages mentionnez en ces présentes ; desquels droicts en ce qui despend de leur Domaine et Seigneurie, ladite Dame Ducbcsse, ny ladite succession, ne seront tenus payer aucune cliose. Et à ladite Dame Ducliesse présentement mis es mains desdits sieurs de Sorbonne, les tiltres, pa|)iers et cnseignemens concernans les acquisitions faites par ledit dt'lfunet Seigneur Cardinal et autres, dudit Collège de Dixbuict et maisons présentement deliurez.

Et pour le surplus des demandes desdits sieurs de Sorbonne, concernant tant les réparations des delfectuositez qui se sont trouuées aux nouueaux bastimens de la Sorbonne, que ])Our fiiire les puis, citernes et escalliers, et le perron et pané de la Cour liante de la maison intérieure de la Sorbonne, ensemble pour le mur et closture d'icelle du costé de la rue de Saint Jacques, et pour les murs de closture du jardin de Sorbonne cy-deuant mentionné, et rendre le sole de ladite place net, et le faire planter en jardin; comme aussi pour desconibrer la mesme place, etacbeuer de descombrer et desmolir Tancienne cbappelle de la Sorbonne; et encores pour faire construire une escolle extérieure au lieu de celle qui a esté démolie; mesmes pour la construction du collège de Sorbonne, et acbapt des maisons à ce destinées, et mentionnées en sondit Testament, et généralement pour ce qui concerne l'entière perfection et acbeucment des bastiments de la Sorbonne; comme aussi pour le remboursement qu'il conuient faire à ladite Société, tant pour la maison acquise des Prieur et Religieux du collège de Cluny, que pour vue autre maison qui estoit de l'ancien domaine de la Sorbonne, où souloit demeurer la Damoiselle Brisard, et pour vue place vuide qui estoit entre l'ancienne escole extérieure et ladite maison de Cluny; mesmes pour les maisons de l'ancien domaine de la Sorbonne, qu'il conuiendra encores démolir pour donner l'entier aspect au frontispice de ladite nouuelle église; en sorte que le portail de ladite église soit au poinct milieu de la place, qui doit estre faite régulière au deuant d'icelle Eglise ; et pour construire ladite escole

300 PIKCES JUSTIFICATIVES.

extérieure, suiuant le dessein dudict deiruiicl Seigneur Cardinal, dressé par le sieur Mercier architecte du Roy, présentement paraphé desdites parties et des notaires, et mis es mains desdits Sieurs de Sorbonne; et pour toutes choses, droicts et prétentions généralement quelconques, les })arlies en ont conuenu et accordé à la somme de deux cens vingt-cin({ mil linres tournois; c'est à sçauoir vingt-cinq mil liures tournois présentement payez, comptez, nombrez et déliurez en pièces de vingt sols, reaux et monnoye, qui ont esté mis es n)ains dudit sieur l'Euesque suiuant ladite procuration, dont lesdits sieurs procureurs se sont tenus pour contens, et en ont quitté et quittent la Duchesse, et tous autres; et deux cens mil liures tournois, que ladite Dame Duchesse audit nom a promis et s'est obligée payer et bailler auxdits sieurs de Sorbonne à huict diuerses fois et j)ayemens égaux sans inlérests :

C'est à sçauoir vingt cin(| mil liures tournois de six mois en six mois; le premier terme et [layemenl échéant au j)remier jour de januier de l'année prochaine, que l'on comptera mil six cens quarante sept; le second du j)remier jour de juillet de la mesme année; et de là en auant, en conlinuant de six mois en six mois, jusques à l'entier et j)arlait |)ay(Mncnl de ladite sonnne de deux cens mil livres tournois. Outre huiuelle sonnne de deux cens vingt-cinq mil liures tournois, en partie payée comptant, et au surplus payable, comme dit est, ladite Dame Duchesse audit nom a cédé, quitté, transporté et délaissé, et promet audit nom garantir de tous troubles et empeschemens généralement (piciconques, vue maison assise rue des Mathurins, acipiise par ledit dellunct seigneur Cardinal des sieurs Jacipies et Charles Picart père et lils, par contract du dixième nouembre mil six cens quarante deux, passé par deuant Vautier, l'un des notaires soubssignez, et Panpie aussi notaire à Paris, présentement mis es mains dudit sieur l'Euesfjue |irocureur de Sorbonne, auec les autres titres concernant ladite maison, et mentionnez audit contract, à la charge de payer tous les droicts seigneuriaux, si aucuns sont deus à cause du présent contract, pour jouir j)ar ladite Société de ladite maison, et en perceuoir les loyers au terme de sainct JeanDaptiste prochain venant. Moyennant bupielle sonnne de deux cens vingt cinq mil liures tournois et d(''liurance de ladite maison acquise desdits sieurs Picard, lesdits sieurs de Sorbonne seront tenus et ont promis et promettent l'aire faire bien et deûement au fur et à mesure desdits payemens, tant les réparations des deffectuositez deuant mentionnées, que les escaliers, puis, citernes, perron et pavé, meurs, closture et jardin, démolitions et descondjremens, et toutes autres a[)j)artenances et dépendances de ladite maison intérieure de la Sorbonne; mesmes l'escolle extérieure suiuant

le dessoin d'icolli; douant nicnlionné ot paraphé, et en acrpiilter et deseliarger ladite Dame Uueiiesse audit nom, ladite suceossion et tous autres. Les matériaux (jui prouiendront des démolitions et descombromens, tant de l'ancienne chapelle, que des maisons et autres lieux, qu'il comiiendra descondirer et démolir, demeureront auxdits sieurs de Sorbonne, pour en faire et disposer ainsi ipie bon leur semblera. Et eneores au moyen de ladite somme de deux cens vinyl-cinq mil liures tournois, cession et transport de ladite maison acquise desdits sieurs Picard, avec la déliurancc de la place cydeuant mentionnée jiour faire le jardin de Sorbonne, mosme en considération des lininds bienfaits dudit deifunct Seijiueur (Cardinal enuers ladite Société, et pour autres bonnes et justes considt'rations, ont lesdits sieurs de Sorbonne (piitlé et decharj^é, (|uitlent et déchargent ladite Dame Duchesse audit nom, et ladite succession de la construction et bastinient d'un collège de Sorbonne, et de l'achapt de maisons et places nécessaires, pour iceluy faire et construire, sans jamais en pouuoir faire (pieslion ny demande. Sans laipielle décharge et (|uittance n'auroit voulu ladite Dame Duchesse faire la déliurance, ny les payemens, ny les choses susdites, et n'auroient esté les présentes faites ny passées.

En outre s'est ladite Dame Duchesse réservée de faire ériger et construire aux dé|iens de ladite succession le tombeau dudit deifunct Seigneur Cardinal en tel lieu de ladite église, et de tel dessein et fabri(|ue, exhaussement et estenduo, qu'il luy plaira, et (ju'elle trouuera estre le plus honorable et digne de la mémoire dudit deifunct Seigneur Cardinal. Et ont volontiers lesdits sieurs de Sorbonne consentv et accordé, que ceux du nom dudit doffunct Seigneur Cardinal, et des familles de delfunctes Dame Françoise du Plessis de Richelieu, Dame du Pont de Courlay, et de Dame Nicole du Plessis de Richelieu, Dame de Brezé, ses sœurs et leurs descendans ayent droict de sépulture dans ladite église, en la caue, qui a esté bastie sous la chapelle de Saint Joseph; comme aussi eneores que ledit delTunct Seigneur Cardinal sçacliant et se confiant en la piété et gratitude desdits sieurs de Sorbonne, ne les ait obligez à aucun office ny seruice annuel, ny autre, néantmoins comme depuis son déceds ils ont fait et ordonné pour l'aduenir de leur bon gré et franche volonté et gratitude, diuers suffrages et mémoires pour le repos de l'àme dudit deffunct Seigneur Cardinal, et particulièrement ont pour luy fait et célébré par chacun an vn service complet et solemnel au jour de son déceds, ainsi ils ont très volontiers promis et promettent par ces présentes de faire dire et célébrer par chacun an à jamais, et à perpétuité dans ladite église de Sorbonne, a pareil jour du déceds dudit deffunct Seigneur Cardinal, qui fut

le quatrième jour de décembre, vn seruice complet et solemnel pour le repos et salut de son ame. Et moyennant ce que dessus, ont Icsdits sieurs Prieur, Docteurs et Bacheliers de ladite Société, quitté et déchargé, quittent et déchargent ladite Dame Duchesse d'Aiguillon esdits noms, ledit Seigneur Duc de Richelieu et ladite succession dudit deffunct Seigneur Cardinal, de tout le contenu audit Testament, concernant ladite Maison et Société de Sorbonne, et de tout ce qu'elle auroit pu prétendre luy deuoir estrc adjugé par l'éuénemcnt dudit procès, et généralement de toutes autres choses, dont elle auroit pu faire question et demande en exécution dudit Testament pour quelque cause, raison et moyen que ce soit; sans préjudice auxdits sieurs de Sorbonne du droit à eux appartenant et légué par ledit Testament de déj)utter deux Docteurs de ladite Société pour recoler et vérifier par chascun an la Bibliothècpie ordonnée par ledit delTunct Seigneur Cardinal, pour seruir au public, et de nommer trois personnes (ii|)ables pour la loncfion de Dibliothé(juaire, vacation par mort adueiiant à ladite cliarge; l'un desquels sera choisi par ledit Seigneur Duc de Richelieu, })our en auoir le soin et la garde aux gages et charges ordonnées par ledit Testament. Et au surplus sont lesdites parties désistées et désistent dudit procès, circonstances et dépendances, sans j)lus y procéder, et sans dépens, donnnages et intérests de part et d'autre.

El [lour riiomologalion des présentes en la Cour de Parlement, et partout ailleurs où besoin sera, ont les Parties respectiuement fait et constitué leur Procureur irréuocable le porteur des présentes; pour l'exécution desquelles et dépendances, lesdites Parties ont élcu leurs domiciles irrévocables en cette ville de Paris; sçauoir ladite Dame Duchesse audit nom en son Hostel du petit Luxembourg à Sainct Cermain des Prez les Paris, riie de Vaugirard, cl lesdits sieurs deSorbonne en ladite maison de la Société de Sorbonne, pour y eslre l'ail tous exploicts et actes de justice, comme s'ils estoient faits à leurs propres personnes et vrais domicilies : car ainsi a esté accorde entre lesdites Parties. Lesquelles en outre i)romirent de rendre et payer tous cousis, irais, mises, dépens, donnnages cl intérests, (pii faits et encourus seruient, faute d'accomplir et entretenir cesdiles présentes, sous l'obligation et liypothè(jue de la part de madile Dame, de tous les biens, meubles et immeubles, présens et à venir dudit Seigneur Duc son nepueu, et de la part desdits sieurs de Sorbonne, de tous les biens et reuenus présens et à venir de ladite Société, que icelles parties esdits noms ont soubmis à la justice, juridiction, et contraincte de ladite preuosté de Paris, et d'autres où Irouuez seront; et en ce foisant renoncèrent à toutes choses à ce contraires et au droict disant généralle renonciation non valoir.

En témoin de ce, Nous, à la relation desdits notaires soubssignez, auons fait mettre le seel de ladite preuosfé de Paris à cesdites présentes, qui lurent faites et passées audit Hostel du petit Luxembourg l'an mil six cens quarante-six, le vingt-huitième May après midi, et ont signé la minutte des présentes demeurée audit Vaultier, l'un des notaires soubssignez, cesdites présentes sujettes au seel dans trois mois, à peine de vingt livres d'amende suiuant l'édict; et ensuit la teneur de ladite Procuration : Pardeuant les Notaires Gardenottes du Roy nostre Sire en son Chastelet de Paris soubssignez, furent présens Vénérables et Scientifiques personnes Maistre Pierre des Cbaslcaux, Bachelier en Théologie, et Prieur du Collège et Société de Sorbonne, Maistrcs Jean Mullot Senieur, Louis Messier, Georges Froger, Claude Uenriot, Jean Potier, Charles Patu, Abraham Bazire, Valerien de Llauigny, Alphonse le Moyne, Charles Meusnier, Alexandre de Hodencq, Barthélémy le Sienne, Nicolas Porcher, tous Docteurs de ladite Société, Maistres Claude de Nyau, Jean le Cappelain, Anthoine Maguet, et Helie de Landeuy, aussi Bacheliers de ladite Société, tous les desnommez cy dessus faisans la plus grande et saine partie d'icelle Société, deûement assemblez en la sacristie de ladite Maison et Collège de Sorbonne, lieu ordinaire pour traicter de leurs affaires; lesquels pour le bien de la paix, et pour terminer tous procès et différends, (|ui sont entre ladite Société d'une part, et Haute et Puissante Dame Marie de Vignerod, Duchesse d'Aiguillon es noms qu'elle [irocède d'autre; et pour le bien et profit de la Société ont fait et constitué leurs Procureurs Généraux et Spéciaux, aussi Vénérables et Scientifiques personnes Maistres Charles François Talon, curé de Sainct Gervais, Jean Rousse, curé de Sainct Roch, Hierosme Bachelier, Chanoine et Archidiacre de Soissons, Claude Morel, Prieur de Sainct Crespin de Possesse, Anthoine de Breda, curé de Sainct André des Arcs, et Anthoine l'Euesque à présent procureur et receueur de ladite Maison et Collège de Sorbonne, tous docteurs de la mesme Société. Ausquels conjointement et non séparément, ils ont donné pouvoir, auctorité, et mandement général et spécial, pour et au nom de ladite Société traicter, accorder, ehevir, composer et transiger de toutes et chacunes les demandes, actions et prétentions de la Sorbonne, contre les héritiers et légataires de delfunct Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu, et du procès qui est meu entre lesdites Parties, et pendant en la Cour de Parlement à Paris, circonstances et dépendances d'iceluy, et spécialement traitter et composer à prix d'argent, ou par eschange, des remplacemens, remboursemens et desdommagemens qui sont et peuuent estre deubs à ladite Société, sur les biens et succession dudit delfunct Seigneur Cardinal, à cause

du collège de Caluy, et de l'ancienne escole extérieure de la Sorbonne, et de certaine place vague, qui estoit attenant icelle escole, et de trois maisons, qui appartenoient à ladite Société; l'une acquise des Prieur et Religieux de Cluny; l'autre du Sieur de Monanteuil; et la troisième, où souloit demeurer la Damoiselle Brizard, lesdits collège de Caluy, escolle extérieure et maisons démolies et abbalùes pour les bastiments de la Sorbonne, qui ont esté faicts du vivant, et par le Commandement dudit defTunt Seigneur Cardinal, comme aussi à cause des maisons à ladite Société appartenans, où demeurent à presens Monsieur le Président le Xoir, Madame delà Fontaine le Vavcr, et Monsieur de Lignieres Conseiller en ladite Cour, lesquelles il conuient démolir en tout ou partie pour bastir une nouuelle escolle extérieure, et pour la symétrie et aspect de la nouuelle église, et générallement à cause de tous les édifices et bastimcns anciens de la Sorbonne, qui ont esté abbattus, et qu'il conuiendra abattre, et qui ont esté et seront employez pour l'entière ]>erreclion et acbeuemcnt desdits nouueaux bastinu-iis faits et à faire suiuant les desseins dudit delKunct Seigneur Cardinal, et qu'il a ordonné estre faits et paracbeuez jjour ladite Société. A la cliarge néantmoins que ladite Dame Ducbesse fera deliurance actuelle à ladite Société de la maison acquise du sieur Foucault, et de la place où estoit cydeuanl basty le Collège des Dixbuicf, et des maisons adjacentes, destinées ]>our faire le jardin de Sorbonne, et que s'il en reste deubs quel(pie cliose, tant du prix de la vente, que pour les lots et ventes et droit d'indemnité et amortissement, ladite Dame le payera et en acquittera la Société. Et encores traittcr et composer aussi à pris d'argent, et pour telle sonnne ou autrement, ainsi que lesdits sieurs Procureurs aduiseront bon estre, de ce qui reste à faire pour l'entière perfection de ladite nouuelle église de Sorbonne, pour les paremens d'autel, ornemens, croix, calices et autre argenterie d'église, et pour tout l'ameublement de la sacristie d'icelle nouuelle église, et pour le tombeau dudit delfunct Seigneur Cardinal àesleuer dans ladite église. Dem transiger du Collège de Sorbonne mentionné et ordonné par le testament dudit deffunct Seigneur Cardinal, estre basty au lieu dudit collège de Caluy et des deux escoUes extérieures aussi par luy destinées et ordonnées au lieu de ladite ancienne, qui a esté démolie, et du jardin de la Sorbonne à faire où estoient anciennement ledit collège des Dixbuict et les maisons adjacentes acquises par ledit defunct Seigneur Cardinal, et destinées pour faire le jardin de la Sorbonne, et des puis, citernes, escalliers, pané, et autres appartenances, aysances et dépendances de la maison intérieure de la Sorbonne, et qui restent à faire pour l'entier paracbeuement et perfection d'icelles : mesme des grosses réparations

de massonncrie, charpenicrio, couuerlures et autres qu'il conuienl restablir et réparer à cause des deffectuosités, qui se sont trouuées es nouueaux bastimcns de ladite maison intérieure de Sorbonne, et du fond et reuenu annuel et perpétuel nécessaire, et dont ladite Société a fait demande pour l'entretien à l'aduenir, tant de l'église que de tous les édifices et bastimens intérieurs et extérieurs de ladite maison et collège : et générallement de tout ce dont ladite Société auroit fait, et pourroit à l'advenir lliire question et demande contre ladite succession en exécution dudit Testament, et autrement en quelque sorte et manière que ce soit, cbeuir, composer et accorder, et dudit procès et dilFércnds, circonstances et dépendances, transiger par lesdits sieurs Procureurs par escbange et remplacemens d'béiitages, ou à j)ris d'argent, pour telle somme de deniers et aux termes des payemens que lesdits sieurs Procureurs aduiseront bon eslre, le tout sous telles clauses et conditions, et en la forme, seureté et manière qu'ils jugeront les meilleures, promettre faire ratifier et auoir pour agréable par ladite Société ladite transaction, qui sera passée, et d'en fournir acte et ratification en bonne forme, dans le tenq)s tpii sera par eux aduisé, et par ledit sieur L'Euesque à présent procureur et receueur de ladite Maison et Collège de Sorbonne receuoir telle somme de deniers qui sera payée comptant en conséquence de ladite transaction : du rcceu s'en tenir pour content et bien payé, et en bailler quittance bonne et vallable, et générallement et promettant et obligeant, etc.

Fait et passé en ladite sacristie de Sorbonne l'an mil six cens quarante six, le dix-neuuiesnie May après niidy, et en ont signé. Ainsi signé, des Cliasteaux, Prieur de Sorbonne, MuUot, Messier, G. Froger, C. Henriot, J. Potier, C. Patu, Bazire, Flauigny, le Moyne, Mcusnier, de Hodencq, B. le Sieurre, Porcber, De Nyau, le Cappelain, An. Maguet, de Landeuy, de Troyes, et de S.-Vast, ainsi signé, Vaultier et Denos, avec paraphes. Et le neuuiéme jour de Noeumbre, auant midy de l'an mil six cens quarante sept, sont comparus par deuant lesdits Nottaires, les Vénérables Prieur, Docteurs et Bachebers de la Société de Sorbonne, représentez par Vénérables et Scientifiques personnes, Louys Beccasse Prieur, Louys Messier, Claude Henriot, Claude Emmerets, Pierre le Gendre, Jean Potier, Charles Patu, Edmond Amyot, Alfonse le .Moyne, Anthoine de Machy, ^'icolas Drujon, Anthoine L'Euesque, Charles Gobinet, Charles Mallet, Jean le Capelain, Louys de Sainct-Amour, Pierre des Chasteaux, Barthélémy le Blond, Elie de Landeuv, Augustin de Lamet, tous Docteurs et Bacheliers d'icelle Faculté de Sorbonne, assemblez en leur salle, comme ils ont accoustumé pour leurs afl'aires, lesquels suiuant la conclusion faite en l'assemblée

géneralle de ladite Socidtc, tenue le dernier jour d'Octobre, et après lecture faite dabondant, ausdits sieurs comparans du contract cydevant escrit par l'un desdils Notaires soubzignez, l'autre présent, ont ratifié, confirmé et approuué dereclief le susdit contract cydeuant escrit et consenty, qu'il soit exécuté, et sorte son plein et entier efl'est selon la forme et teneur; mesmes ont iceux sieurs comparans ausdites qualitez, promis l'exécuter et entretenir sans aucunement y contreuenir, promettant et obligeant et renonçant, etc. Fait et passé en ladite salle de ladite Maison et Collège de Sorbonnc, lieu ordinaire et accoustumé pour traitter des affaires de ladite Société, où ils estoient assemblez ledit jour neuuiéme iN'ouembre mil six cens quarante sept, auant niidy, et ont signé la minute des présentes estant îiu bas de celle dudit contract, ainsi signé, Vaultier et Denos, avec paraphes.

Appoincté est, que la Cour, ouy sur ce le Procureur Général du Roy, du consentement des parties, a homologué et homologue ladite transaction dudit jour vingt huict May mil six cens (piaranle six, passée entre elles pour eslre exécutée de ()oint en point, selon la forme et teneur. Fait en Parlement le vingt neuuiemc jour de May mil six cens quarante huict.

Lettre du Roy pour VExe'cution dudit Arresl.

Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Nauarre. Au premier nostre Huissier ou Sergent sur ce requis, Salut. De la part de nos amés les Prieur, Docteurs et Dacheliers de la Société de Sorbonne, Nous te mandons, (juc l'Arrest par eux obtenu en nostre Cour de Parlement à Paris le vingt nouuieme May mil six cens quarante huict, à rencontre de Dame Marie de Vignerod, Duchesse d'Aiguillon, Pair de France, Comtesse d'Agenois et de Condomois, au nom et comme ayant l'administration des personne et biens de Messire Armand Jean du Plessis de Richelieu, son Neveu, Duc, Pair et Général des Gallères de France, Lieutenant généra! pour sa Majesté es mers et armées du Leuant, Légataire gênerai et particulier du feu sieur Cardinal Duc de Richelieu et de Fronsac, Pair de France, portant homologation de la transaction passée 'entre les parties le vingt huictieme May mil six cens quarante six, cy attaché sous le Contresel de nostre Chancelerie, tu mettes à deûe et entière exécution de point en point selon sa forme et teneur, nonobstant cpiil ne soit (pie par extraict. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le dix neuuiesme jour de Février, l'an de grâce mil six cens cinquante, et de nostre règne le septième. Par le Conseil, (le Lauelz.

Collationné aux Originaux par nioy Conseiller Secre'taire du Roy Maison et Couronne de France et de ses Finances.

De L*

AUETZ.

Extrait des Registres du Parlement (29 mars 1648).

Estât abrégé des dettes de Monsieur le Cardinal

de Richelieu.

1. Deux millions sept cent mille livres que M"""^ la duchesse d'Aiguillon couche en dépense dans son

compte de tutelle 2 700 000

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