‹ Nos adieux à la vieille SorbonneChapitre 16 sur 33 · Cent mille livres et plus à MM. de Sorbonne · texte numérisé non relu

Cent mille livres et plus à MM. de Sorbonne

15. Seize mille livres pour une maison de la rue des Mathurins cédée à la Sorbonne sur déduction de son

dû 16000

16. Cent mille livres due à M. de Pontcourtay. . . . 100 000 Total desdites dettes : cinq millions quatre cent trente

deux mille livres. Outre lesquelles, il y a encore plus d'un million et sans compter plus de 600 000 livres pour frais de procès 5 452 000

Dil.lioth. nat., fonds Thoizy, oi, Z. 2284, pièce 520.

PIÈGE N° 19 Élections de Proviseur.

Lettre adressée à Richelieu, évèque de Luçon, pour lui déférer le Provisorat.

Monseigneur,

Yoslre Maison de Sorbonne ne faict aucun double que si tost que vous avez eu la nouvelle de la mort de l'Illustrissime et Reverendissime Cardinal de Retz, noslre Prélat et Proviseur, vous n'ayez eu regret de nostre perte, et ensemble participe à nostre douleur puisque le public en resent la meilleure partie, et vous. Monsieur, y avez un particulier intérêt, nous ayant autrefois fait l'honneur de vous faire enrooler en nostre Société. Nous tenons aussi pour tout assuré qu'à l'heure mesme de la nouvelle, si vous eussiez esté icy présent, vous nous eussiez offert et apporté tout ayde et secours en nos affaires, qui ne sont ny petites, ny en petit nombre, comme vous scavez; car l'amitié et bonne affection que vous nous avez toujours portée ne vous permet les ignorer. Geste confiance et assurance est bien fondée, car nous en avons de bons gaiges, la chaire royalle de laquelle vous avez honoré vostre Maison de Sor])onne de vostre pure bienveillance et franche volonté, sans en estrc solicité de personne et mesmes à nostre desçu, pour ne vous ennuyer d'un plus long récit de plusieurs aultres biensfaicts, par lesquels il vous a pieu de nous obliger. Constinuez, Monsieur, cette bonne volonté envers nous, et de confrère trcs-honorable que vous nous avez esté jusqu'à présent, veillez dorénavant estre noslre bon Père, nostre puissant Patron et scaige Proviseur. G'est ce que nous desirons ardemment et de quoy nous vous supplions, très Immblement poussés à ce, comme nous croyons, du seul mouvement du Saint-Esprit : puisque sans en estre requis de personne, et vous absent, eu esgard seulement à vos mérites et bien de nostre Maison, tous d'un commun accord en nostre assemblée du vint neufvièmc d'aoust qui a esté l'une des plus amples et solennelles que nous ayons jamais faict, nous vous avons choisy et esleu nostre Proviseur, Patron et Père. Laquelle eslection le second du présent mois de septembre fut agréée et confirmée, suivant la coustume, en l'assemblée qui se lit chez nous des

députes et {)lus illustres personnages tant de l'église de Paris que de l'Université, aprî'S que les raisons leur eurent esté desduictes par nostre orateur (jui nous avoiont induits a faire ceste eslection : spécialement vostre condition singulière, vostre rare vertu et piété, vostre zèle envers l'Eglise et la Iby catholique, vostre obéissance envers le sainct Siège apostolicque, et vos conseils tousjours portés au service du Roy et bien de son estât. Lesquelz motii's ils ont déclaré avoir très aggréables par l'allégresse et conjouissance qu'ils y ont apportées. Vous seriez seul, Monsieur, qui blasnieriez nostre eslection, si vous ne l'aggreyez. L'humanité de la(|uelle vous usez envers tous nous garantit de cette peine, et de nostre part nous vous oserions promestre que si jus(ju'à présent celle Maison et Société de Sorbonnc a peu conserver l'odeur d'une bonne opinion et renommée entière par tous les endroits de la Chresticnté, assistés de la grâce de Dieu et ayant l'honneur de vous avoir pour chef et protecteur, elle llorira et reluira j)lus (pie jamais au service de Dieu et de son église du Roy, aussi du jjublic.

En attendant. Monseigneur, l'honneur de vos responses, nous offrirons à la divine bonté nos contiimelles prières et sacrifices pour vostre santé et prospérité.

Vos très humbles aifectionnés serviteurs, les docteurs et hache ■ liers de la Société de Sorbonne.

MOGUENAKT,

Senieur de vostre Maison de Sorbonne .

De Paris, ce 4ème de Septembre 1622.

Archiv. nat., Mss, M. 74.

Remerciements de Richelieu à Messieurs les docteurs de Sorbonne à Paris (1622).

16 septembre 1622.

Munus a vobis, doctores venerandi, mihi publicis vestris suf~ fragiis delatum, non minus gratum qunm honorificvm, libens ego siiscipio. Nec borne meœ fortunse id lantum, sed et divino Numini tribuo, qitod tam vêtus tamqiie celebris in Ecclesiœ catholicpe campo Societas, cujus et fama et fructus toto orbe Chrisliano innotuerunt uberrimi, in me potissimum dignata sit oculos conjicere, idque cum et a vobis et ab hac cogitatione longissime

essem. Hxc vero sunt prwcipua momenta quœ mihi verba eriphmt, quibus et méritas gratias agam vobis et intimum animi mei secretum patefaciam. Mihi pro solatio est quod non statua hac verborumspecie vestrumhunc demereri favorem, sed providendopotius et consulendo Societatis amplificalioni et ornamentis nec non singulorum commodis, qui huic colleqio accenseri sua virtute et industria merebuntur. Ilœc est mens mea, doclores celeberrimi, cui si cœlestis adspiraverit aura, vestrum de me judicium spero ab omnibus, nuUo répugnante, comprobatum iri, meque dignum cui vestra, ut pro caducis sic pro cœlestibus, suffragia non denegetis. Valete, patres ornatissimi et me vestri amanlissimum redamate.

Vobis in omnibus addictissimus

Armandus Episc. Lucionensis^ .

Molinis Borboniorum, posiridie id. sept. 1622.

Arcliiv. nat., M. 74, n" 25.

Élection du Cardinal de Lyon, successeur de Richelieu (1043).

Ad Eminentissimum Cardinalem Lugdunensem.

Cum tanto studio frater tuus, Eminentissinius Cardinalis Richelius, eu jus memoria sit in benedictione, domum Sorbonicam sit prosecutus, quo majus excogitari non potest, nullum te aptiorem, Cardinalis eminentissime , qui tanto studio succederet et foveret, reperit Societas Sorbonica. Quœ, eo quod Provisoris officium ac immus non invisian, sed gratum, suave, carum, splendidum habere tibi placuerit, magnopere congratulatur, hanc clientelam tuam, illustrissimam, splendidissimam, pretiosissimam arbitratur, omnem observanliam et obsequium pollicelur et Eminentiœ tuse in perpetuum addictissimam esse profitetur.

Biblioth. nat., fonds lat., Mss, 1G072, f'' 78.

. 1, Richelieu, qui avait été promu cardinal le 5 septembre, ne connaissait pas encore sa nomination.

Remerciements de Mazarin (IGOO).

Venerahilibus et sapientissimis viria seniorihus et doctoribus Socielatis Sorbonicx.

Viri Sapientissimi,

Quod mihi detuUstis Provisoris Sorbonici mumts me cœleris multo vehementius afficit mule homini nieo splendoris hue iisqiie nonnihil accessit. Seu etenbii hiijits eondilionem, seu deferendi ralionem attentius perpenderim, quid honestius qiiam Ordini esse prœpositiim eiijns décréta, vclnt ovacula, Chhtianuf. nrbis veneratur? Quid pru'Stantius quam absentem et unaniini ùngulorum eomensu nominari ac laudari ab lis quos nihil latet nisi vana adulatio? Et certe quidquid gaudii conceperim de felici successu in procuranda Regni tranquillitate Regisque connubio, illud sentio novce Jiujus dignilatis aceessione quasi nova suavitate cotuliri, sed quœ animo ita adhœreat, ut ipsi privatam à publica Isetitiam constituât. Hane temperare posset id ununi, quia metuerem me tanto oneri imparem quod viri antea tulere fortissimi. At illi meritis fuerint licet me superiores, suseepta saltem de virtute vestra opinione et meo erga vos litlerasque amore maximo, ipsis nunquam futurus sum inferior, et si quid virium mihi pneterea defuerit, smnmo semper in Sorbonam studio supplere conabor : unde vos omnes ac singuli me experianiini, occupata etiani officii cujuslibet occasione, gratissimum et

Vobis addictissimum.

Dai. Siburi 1660 Julium Cardinalem Mazarinum.

Die 13 Junii.

Archiv. nat., Mss, M. 74.

Élection du Cardinal de Noailles (1710).

Je vous ay donné dans cette Lettre un curieux et ample détail de tout ce qui s'est passé en Sorbonne le jour que M. le Cardinal de Noailles y a esté nommé Proviseur; mais je ne vous ay rien dit du compliment que MM. les Docteurs de cette fameuse Société jugèrent

à propos de luy envoyer Aiire sur cette Election. Ils députèrent M. l'Abbé d'Etoûilly, Senieur de cette Maison, avec les six Anciens, et ils invitèrent les autres à s'y joindre. M. l'Abbé d'Etoûilly, accoutumé à bien parler, s'acquitta du compliment (ju'il avoit à faire à peu près de la manière suivante.

11 dit à S. E. que par ordre de la compagnie, et en suivant les mouvemens de leur cœur, ils venoient se féliciter auprès d'EUe de l'avoir pour Proviseur, par un choix où la liberté avoit esté sans atteinte, et l'inclination sans partage; qu'un choix si beau qui nicttoit à leur teste tant de sagesse, de religion et d'autorité, les dédommageoit abondamment de la perte qu'ils avoient faite, et qu'il leur estoit d'autant plus cher qu'ils estoienl bien informez qu'EUe l'avoit appris avec plaisir et même qu'elle s'en honoroit; que ce terme, et ce sentiment de bonté leur rappeloit la mémoire du grand Cardinal de Lorraine qui s'honoroit de mesme de la qualité de Proviseur de Sorbonne, et qui répétoit souvent devant les Pères de Trente, que dans la nécessité d'opter, il cust préféré celte qualité à la pourpre du Sacré Collège ; <pie ce qui augmentoit leur joye et qui présageoit à leur Maison plus de splendeur et de ré{)utation que jamais estoit que se trouvant par je ne sçay quelle heureuse combinaison le trentième de ses Proviseurs, et le quinzième des Cardinaux qui l'ont esté. Elle estoit comme un diamant de prix inestimable, qui fermoit la couronne formée de ces grands et illustres personnages, et qui jettoit de nouveaux brillans sur eux tous.

11 ajouta qu'aussi la gloire de Sorbonne étant attachée à l'esprit de paix d'où elle avoit accpiis le titre de sainte et pacifique Société et à l'observation de ses statuts que le grand Armand son Restaurateur luy avoit tant de fois reconniiandez, ils se promettoient de voir cette paix et ces statuts fleurir à l'ombre de la pourpre de S. E. et par là croître de jour en jour la glorieuse acquisition des travaux et des vertus de leurs pères; qu'il sera dit de Sorbonne sous la protection de S. E. comme de Jérusalem sous le pontificat d'Onias, qu'on y a goûté sans trouble les délices de la paix, et gardé les loix du Seigneur avec exactitude à cause de la piété du pontife, et de son amour pour le bien.

11 finit en disant que c'estoient là enfin leurs espérances, et en souhaitant que le Ciel vouliit les bénir à la louange éternelle de S. E. et de leur Maison, à présent la sienne.

S. E. parut extrêmement satisfaite du compliment de M. l'Abbé d'Etoûilly.

Voicy à peu près ce qu'elle y répondit, avec l'air gracieux et modeste qui luy est naturel ; et ce que je vais vous en rapporter est peut-être moins beau que ce que l'on en a pu retenir.

PIÈCE N" 19. 31"i

Elle repondit donc qu'EUc rossentoit vivement l'Iionncur qu'on avoit bien voulu luy faire; ([ue cette distinction luy estoit d'autant plus chère qu'elle venoit de Sorbonne, Maison célèbre dans tout le monde chrétien, et qu'Elle la recevoit après tant d'eminentes personnes; après des Princes, et des Princes mesmes du sang Royal, qu'après tout le Proviseur (pi'on s'estoit donné n'estoit pas un indillerent, mais un ancien disci|ile, un ancien amy, qui avoit dès ses premiers ans sucé le lait de Sorbonne, ayant esté nourry et élevé dans un de ses Collèges, et puisé la science et la sagesse à la source de son école; qu'il avoit toujours tendrement aimé la Sorbonne, luy ayant dès long-temps donné dans les saintes sollicitudes du Ministère son estime et sa confiance, et hors de là, sa familiarité et sa tendresse ; qu'il n'y avoit })as d'apparence que luy estant redevable et plus uni, il eut désormais pour elle le cœur moins ouvert; et au reste que s'il se trouvoit aujourd'hui élevé avec tant d'atlection et de si bonne grâce à la première place d'un corps si éclairé et si célèbre, ce ne seroit pas pour le dominer, mais pour luy estre plus utile, en procurant plus de bien à ses membres, et non en les asservissant.

Cette réponse spirituelle finie, S. E. fit de grandes caresses à M. l'Abbé d'Étoûilly et fit beaucoup d'honnêtetez à tous ces Messieurs, en parlant séparément à chacun. Ainsi, Elle les renvoya tous contens de la sagesse de leur élection; mais plus encore de la bonté de leur Proviseur.

Mercure Galant, avril 1710.

YI

Remerciements du cardinal de Fleury (1720).

On ne peut estre plus touché que je le suis, Monsieur, de l'honneur que m'a fait la Maison de Sorbonne en me choisissant pour son Proviseur, et l'unanimité des suffrages, sans que j'eu«se jamais songé à remplir une place si distinguée, ajoute encore un degré de sensibilité pour cette marque d'estime et de considération qu'une compagnie aussi illustre a bien voulu me donner. Elle a dans le nombre de ceux qui la composent des personnes si respectables par toutes sortes d'endroits que son choix eust été encore plus approuvé s'il fust tombé sur quelqu'un d'eux. Si j'avois pu prévoir l'honneur qu'elle vouloit me faire, je vous aurois supplié instamment de jetter

les yeux sur quelqu'un de plus capable que moy de re'pondre à vos vues et plus en état de se trouver quelquefois à vos assemblées. Je m'en ferois un plaisir singulier par l'utilité que je pourrois en tirer et par l'estime particulière que j'ay pour une Maison qui honore si fort la Faculté, et j'ose même dire le Royaume. Si mes occupations me privent de cet avantage, je vous prie d'assurer tous vos Messieurs que, si je n'ai pas tous les talens que demanderoit une telle place, je tascherai au moins de m'en rendre digne par le zèle que j'aurai pour tout ce qui regarde ses intérests et par toute l'envie possible de luy cstre utile. Je m'en remets à vous, Monsieur, pour témoigner à tous vos Messieurs ma parlaite reconnoissance et pour les asseurer des sentimens distingués avec lesquels je fais profession de les honorer.

Le cardinal de Fleuuy.

A Compiègne, le 29" May 1729.

Archiv. nat., Mss, M. 74.

Protestation du chancelier de l'Université au sujet de son droit de préséance dans la confirmation de la nomination du Proviseur. (1729)

Nous Anne Jacques de lu Croix, docteur en théologie de la Faculté de Paris, et Bonavenlure Bauyn, docteur de la Maison et Société de Sorbonne, chancelier de rKglise cl Université de Paris, déclarons à tous qu'il appartiendra que, sur l'invitation à nous faite par deux de Messieurs les docteurs de la Maison et Société de Sorbonne de la part de ladite maison, de nous y trouver le lundi, vingt sept de ce mois, à quatre heures après midi, pour conjointement avec Monsieur le Recteur et Messieurs les Doyens des Facultés de théologie, de droit et de médecine, et les quatre procureurs des Nations, procéder à la confirmation de l'élection faite par Messieurs de ladite Maison et Société de Sorbonne de son Eminence le cardinal de Fleury pour Proviseur de ladite Maison, au lieu et place de feu Monseigneur le cardinal de Noailles ; avons cru devoir rechercher l'origine et l'usage des droits attribués aux dignités dont nous sommes revêtus par rapport à cette confirmation. Et avons trouvé que le droit de confirmer le Proviseur de Sorbonne nous a été attribué par une bulle de Clément IV de l'année douze cent

soixante et neuf ' conjointement avec les autres personnes ci-dessus désij^qiéos, ladite bulle conceue en ces termes : ISihilominus quoque staluiinus et etiam ordinamus ut te, fili, Provisore oheunte, 7iullus in lociun timm per fraudis astutiam apponatur iiisiquem loci Archidiaconus, Cancellarius Pavisiensis, ac magislri Parisius actu régentes in theologiœ Facultate, nec non et Decretistarum et Medicovum Dccani, Piector Universilatis Parisiensis et Procuralores quatuor nationum, communiter vel major pars eorum durerint apponendinn. Que quoi que nous soions les premiers dénommés dans cette LuUe qui fait le titre comnmn, et qu'en conse'quence il est manifeste que la volonté du pape a été de nous donner avant tous autres le droit de présider et de porter la parole dans l'assemblée qui se tient à cet effet ; cependant nous sommes informés de science certaine qu'il y a plusieurs procèsverbaux des assemblées tenues pour la confirmation des Proviseurs de Sorbonne dressés par les ordres de Messieurs les Recteurs de l'Université et inscrits dans leurs registres, notamment celui de 1C62 pour la confirmation de l'élection de M. de Péréfixe, celui de 1071 pour celle de M. de Harlay, celui de 1(375 pour celle de M. Le Tellicr et celui de 1710 pour celle de M. le Card=" de Noailles; que ces procès-verbaux n'ont pas été dressés contradictoirement avec nos prédécesseurs ; qu'ils contiennent plusieurs choses contraires à ladite bulle, à scavoir que l'orateur a adressé la parole à Monsieur le Recteur avant de l'adresser à l'archidiacre et au chancelier; que Monsieur le Piecteur prétend avoir pris séance au-dessus d'eux, et s'est arrogé le droit d'ouvrir et de conclure la délibération; ce qui seroit, comme a .été dit, absolument contraire à la disposition de ladite bulle, à l'ordre qu'elle a prescrit, et par conséquent à nos droits tels qu'ils sont établis par cette bulle; laquelle en même temps qu'elle nous appelle pour confirmer le Proviseur de Sorbonne, marque clairement le rang que nous devons tenir dans l'assemblée convoquée pour cette confirmation ; desquelles contrariétés si nous demeurions dans le silence, on pourroit dans la suite tirer avantage contre nous et nos successeurs.

D'un côté, le devoir indispensable où nous sommes de veiller au maintien et à la conservation des droits attachés aux dignités dont nous sommes revêtus, nous autoriseroit à nous pourvoir par les voies de droit pour faire rectifier ce qui pourroit y donner atteinte et pour faire régler le rang, la séance et les fonctions qui nous appar-

' 11 faut entendre : « douze cent soixante et huit », Clément IV étant mort le 29 novembre 1268. Cf. Chart. Univ. Par., 1. 1, n° 421.

tiennent dans ces assemblées solennelles, et c'est ce que nous comptons de faire dans un tems convenable.

Mais d'un autre côté l'empressement que nous avons de consommer le digne choix que la Maison et Société de Sorbone a fait et d'y contribuer par nos suffrages en le confirmant; ne voulant être occupés dans cette auguste cérémonie que de la reconnoissance que nous devons marquer à Son Emincnce de ce (ju'elle a bien voulu accepter la place de Proviseur, n'étant pas convenable de troubler cette solennité par des disputes et des discussions; animés d'un amour sincère de la paix et de la concorde avec Messieurs nos collègues, les autres confirmateurs nommés dans la susdite bulle : ces différens motifs nous ont fait prendre le parti de faire nos protestations pour cette fois seulement, sans tirer à consécpience, et nous réservant noire droit en entier, pour le faire valoir où et ainsi que nous aviserons bon.

A ces causes nous déclarons que nous protestons contre tout ce qui a été fait dans les quatre dernières confirmations du Proviseur (le Sorbonne, ainsi que dans les précédentes, et en outre de tout ce qui pourroit se passer encore, dans l'assemblée prochaine pour la confirmation de S. E. Monsieur le Cardinal de Fleury, de contraire aux droits qui nous sont attribués par la bulle de Clément quatre dont nous n'entendons aucunement nous départir ; notamment contre l'appellation qui pourroit être faite par l'orateur de M. le Recteur avant nous, et contre le droit par lui prétendu tant pour la séance que pour ouvrir et conclure la délibération. Dont acte fait et protesté à Paris, le vingt cinquième jour de juin de l'année mil sept cent vingt neuf.

Delacroix Bauyn

Archidiacre de Paris. Cliancelier de l'Eglise

de l'Université de Paris.

25 juin 1729.

Lu à haute voix en Sorbonne le vingt septième dudit mois et an, et déposé au Greffe de l'Université ledit jour dont acte.

De Laval Greffier.

Archiv, nat., Mss, M. 74.

Jugement rendu par le Proviseur contre un Associé. (1722)

Louis-Antoine de Noailles, par la permission divine, cardinalprestrc de la S. E. R. du titre de Sainte-Marie sur la Minerve, arclicvè(pie de Paris, due de Saint-Cloud, pair de France, commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, proviseur de Sorbonne et supérieur de la Maison de Navarre,

Sur ce qui nous a esté représenté par les sieurs Lambert, le Moine Prieur, du Bourg, de Beyne, Brillon et de Lan, docteurs de la Maison et Société de Sorbonne députez de ladite Société par conclusion de l'assemblée générale ordinaire du vingt-trois décembre dernier, et par le sieur de la Fleutric, docteur et procureur de ladite Maison, que ladite Société en salle auroit porté ses conclusions sur la plainte faite contre M'' Claude-Josepb des Bollands de Reauville, clerc du diocèse d'Aix, bacbelier de ladite Maison de Sorbonne, et qu'elle nous auroit prié par sa délibération prise dans ladite assemblée générale de vouloir rendre notre jugement sur ladite plainte ;

Veu lesdites conclusions portées par ladite Société en salle les vingt-cinq novembre dernier et second dudit mois de décembre, et celles de ladite assemblée générale ordinaire des vingt-trois et trente-un dudit mois de décembre ; le mémoire qui nous a esté remis par ledit de Reauville au sujet desdites conclusions ; deux actes passez par de Rancy et son confrère notaires au Chàtelet de Paris les deuxième et troisième du même mois de décembre, le premier contenant la réquisition faite au sieur Cbarton, docteur, senieur de ladite Maison par ledit de Reauville de lui remettre les lettres de Société à lui accordées par Nous le dix-sept du mois de novembre, et l'autre contenant la réquisition faite au sieur Chresticnnot. Prieur de ladite Maison par ledit de Reauville de le recevoir en ladite Société en vertu de nosditcs lettres;

Et tout considéré, parties ouïes, sçavoir ladite Société représentée par lesdils sieurs députez et procureur et ledit de Reauville;

Nous, proviseur susdit, ordonnons que ledit M" des Rollands de Reauville sera admonesté par les quatre anciens de ladite Maison de se conduire à l'avenir avec plus de circonspection, et que sans avoir égard à l'acte cy-dessus d'une prétendue prise de possession de ladite Société en datte du troisième décembre dernier,

ledit de Hcauville ne pourra être admis à prendre possession de ladite Société que suivant la forme usitée et les usages reçus dans ladite Société dans l'assemblée qui se tiendra le dernier jour de la présente année, et après avoir fait dans ladite assemblée satisfaction, ainsy qu'il luy sera prescrit par lesdits quatre anciens, à ladite Société et à celui qu'il a accusé contre la vérité éclaircie par linformation que les députez de ladite Société ont faite à ce sujet, et jusqu'à ce, ledit de Reauville ne pourra jouir d'aucun droit de Société ni prendre la qualité de Sociua dans ses tbèses ni dans aucun autre acte.

Et sera le présent jugement lu audit de Reauville en présence desdits quatre anciens et ensuite dans la procliaine assemblée générale ordinaire de ladite Société.

Donné à Paris le trente de janvier mil sept cent vingt deux.

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