‹ Nos adieux à la vieille SorbonneChapitre 9 sur 33 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ce fut un véritable deuil pour la colonie lorsque l'ordonnance royale du o janvier 1821, rendant la Sorbonne à l'enseignement, l'obligea à se disperser. Une indemnité ou une rente viagère était assurée à chacun des occupants auxquels le gouvernement ne pouvait offrir une autre hospitalité. Mais ceux qui avaient vieilli dans le Musée des Arts ne pouvaient s'éloigner sans une sorte de déchirement, et l'on parlait du départ comme d'un exil.

La véritable exilée, c'était l'Université, qui, créée par le décret de 1808, n'avait encore trouvé nulle part son siège régulier*. Telle que la définissait le décret, l'Académie de Paris — on avait repris l'appellation primitive du moyen âge — comprenait cinq Facultés : Théologie, Droit, Médecine, Sciences, Lettres, plus les collèges qui

• Arch. nat., F'^ 879, décision du 7 juillet. — Voir les Ordonnances du 24 novembre et du 15 octobre 1819. — A partir de 1820, les écoles extérieures de l'ancienne Sorbonne furent louées successivement à diverses industries. Finalement elles étaient occupées par l'imprimerie du journal l'Univers, lorsque en 1861 elles furent démolies pour faire place ù l'im-

étaient placés avec les Facultés sous l'autorité du Recteur ou chef de l'Administration académique. Des bâtiments distincts étaient assignés aux Facultés de Droit et de Médecine. Provisoirement les cours des Sciences et des Lettres, établis par le statut du 16 février 1810, avaient été installés au Collège de Plessis-Sorbonne, ceux de la Théologie dans les anciennes écoles extérieures' (17 avril 1811). Cependant dès 1819, avant que les artistes eussent été congédiés du reste de l'édifice, l'église avait été mise à la disposition de la Commission d'instruction publique, « pour servir d'auditoire à l'une des sections de la Faculté de Droit", dont les salles étaient insuffisantes », et le 1" novembre 1820, les cours y avaient été ouverts. Ce n'était (ju'un acheminement.

Diverses circonstances particulières déterminèrent vraisemblablement la mesure définitive qui devait rendre la Sorbonne à elle-même. Le duc de Richelieu était devenu président du Conseil des ministres. Ses souvenirs de famille le sollicitaient. Les instances de l'abbé Mcolle, qui avait été son principal auxiliaire tandis qu'il administrait la province d'Odessa, le décidèrent. Le 16 du mois de novembre 1820, le Conseil royal de l'instruction publique se transporta sur les lieux pour examiner un plan général d'appropriation de la Sorbonne tant aux trois Facultés auxquelles

meuble où est étaltli aujourd'hui uu magasin de produits chimiques. Il ne reste plus actuellement des anciennes écoles que la partie qui est à l'angle de la rue ChampoUion (ancienne rue des Maçons).

* Le décret du 17 mars 1808 portant organisation générale de l'assotion dit, article 15 : (( A Paris, le lieu où siégera la Faculté des Lettres, ainsi que celui où se tiendront les actes de la Faculté des Scieuces, sera déterminé par le chef de l'Université. »

- Arch. nat., F*^ 879, lettre de l'architecte Vaudoyer du '24 novembre ISî^O. Voir plus haut, p. 205, le plan d'appropriation.

elle était réservée qu'à l'École normale. C'était là en outre que devait résider le chef de rAcadémie. L'ordonnance à peine rendue*, on se mit à l'œuvre. Mais il fut vite reconnu que les bâtiments ne pouvaient servir à la double lin qui leur avait été assignée. Les locaux du Plessis étant devenus libres, l'École normale y fut transférée ^ La Sorbonne resta tout entière affectée à l'Administration académique et aux trois Facultés "*. Telle nous la voyons encore aujourd'hui, telle, à quelques modifications près, elle fut dès ce moment aménagée ' : amphithéâtres, galeries de col-

' (( L'ancienne Maison de Sorbonne et les bàlimenls en dépendant seront airectés au service de l'instruction publique. La Faculté de Théologie et celles des Sciences et des Lettres de l'Académie de l^aris y seront établies ainsi que l'KcoIe normale. » (Ordonnance du 5 janvier 18'il, art. 1.) — <( L'Ecole normale sera placée par l'Université dans la partie des bâtiments située au sud de l'Église. » (Ordomiance du IG mai IS'il.)

- Arch. nat., F" 879. — Voir notamment le programme de l'abbé Nicolle, le rapport de l'Inspecteur général Mazois et la lettre du Préfet de la Seine, comte Chabrol (50 janvier 18'24).

^ C'est à partir de l'année scolaire 1821-1822 que les affiches portent l'indication de la Sorbonne; en réalité, les travaux d'appropriation n'étaient pas encore achevés.

■* La Faculté de Théologie a d'abord été installée dans l'angle Est de la cour, près de l'Eglise, au-dossus de la sacristie. C'est dans la salle du premier étage qu'avaient lieu les cours; le doyen habitait le second. En 1855, la Faculté passa de l'autre côté de la cour, au moment où V. Cousin fut installé dans l'ancienne bibliothèque, à titre de Directeur de l'Ecole normale, laquelle était encore au Plessis et n'offrait aucune ressource d'habitation. La Faculté des Sciences a eu dans son domaine, à l'origine, la partie du second étage de l'aile Est, qui a été habitée ensuite pendant vingt ans par Mgr Maret et où a été transférée, il y a cinq ans, la salle du doctorat es lettres. Elle logeait, en outre, son Doyen et un professeur. L'appartement du Doyen, situé dans l'aile de l'Ouest, près de l'Église, comprenait les salles qui sont devenues les salles des Actes de la Faculté : J.-B. Dumas est le dernier (jui l'ait occupé. Le professeur qui partageait avec le Doyen le privilège du domicile habitait les appartements qui ont été plus tard (18 septembre 18.40) attribués au chef de l'Administration académique — au-dessus du secrétariat de la Faculté des Lettres : le baron Poisson paraît être d'ailleurs le seul qui en ait joui (4 avril 1852 au 18 septembre 1840). — Quant à la Faculté des Lettres, il n'y a que le Doyen Joseph-Victor Le Clere qui y ait eu droit de cité à partir du

leclions, bibliothèques, secrétariats, bureaux. Le 5 novembre 1824, un procès-verbal constatait que les salles de cours étaient prêtes.

Les professeurs étaient prêts aussi : des professeurs qui s'appelaient Thenard, Gay-Lussac, Dulong, Guizot, Villemain, Cousin. Mais, à vrai dire, ce n'était pas pour eux que la Sorbonne avait été reconstituée par M. de Fravssinous. Seul l'enseignement do la théologie semblait chez lui. Les autres n'étaient que des hôtes suspects. Encore les sciences par leur objet échappaientelles à la critique. Il n'en allait pas ainsi de la philosophie et de l'histoire. L'enseignement de Guizot et celui de Cousin étaient suspendus. Yillomain avait trouvé grâce; la littérature paraissait inofl'ensive. Le cours était d'ailleurs réduit à une leçon par semaine, et le professeur ne négligeait aucune précaution, comme il disait, pour assourdir le bruit de sa voix.

C'est de 1828 que date la véritable renaissance de la Sorbonne. En annonçant que Guizot et Cousin devaient, avec Villemain, reprendre leurs leçons, le Globe s'efforçait de mettre en garde l'opinion libérale contre des entraînements qui exciteraient les défiances et sembleraient justifier les inquiétudes du pouvoir^ Les profes-

20 scpicmbre 1855 ; il occupait le logement superpose à celui du Doyen de la Faculté des Sciences; à la mort de Le Clerc (1865) l'appartement lit retour à la bibliothèque. — Les bureaux de l'Administration académique étaient établis dans les salles de l'ancienne aiiki minov, la salle de Robert, au rez-de-chaussée, au-dessous de la bibliothèque V. Cousin. — Nous résumons ces renseignements extraits des archives de la Sorbonne pour ceux qui pourront avoir un jour, comme nous l'avons eue pour l'ancienne Sorbonne, la curiosité filiale du passé. — Voir le plan ci-contre. — Voir en outre aux Pièces justificatives, pièce n° 59, les plans d'afTectalion des quatre étages de la vieille Sorbonne et le plan général comparatif de la Sorbonne nouvelle.

> (( C'est demain que M. Cousin remonte enfin, après quatre ans d'exil, dans cette chaire où de grands souvenirs se réveillent à côlé du

Plan de l'allectation des bàtimcnls de la Soibonne en 1892.

seurs cux-mcmes, sans s'interdire absolument les allusions (jui répondaient aux préoccupations ardentes de l'esprit public et que l'esprit public créait parfois nialf^ré eux, se défendaient des ovations. Mais leur réserve n'arrêtait pas les élans. Le grand ampliilbéalre était pris d'assaut longtemps avant l'heure. On déposait, on jetait pendant la séance, au pied de la chaire, des couronnes de laurier. Les applaudissements poursuivaient l'orateur jusque dans la rue.

J'ai souvent entendu dire à Yillemain qu'il n'était })as monté dans sa chaire une seule fois sans éprouver un tremblement intérieur qui, pendant quelques minutes, le paralysait. Mais quelle émotion aurait pu mettre en péril un talent si sûr ! X un auditoire d'une fidélité épi'ouvée' il apportait sur l'histoire de la Lilléralure du (lix-huilième siècle l'ampleur des vues générales et l'originalité des aperçus de détail, la vigueur et l'élégance des analyses, une pleine possession des souvenirs de l'antiquité classique unie à la connaissance

sien. L'élève, l'aïui de Royer-Collard — Royer-Collard n'a jamais enseigné qu'au l'iessis, — le maître et l'ami fidèle de celte jeunesse qui s'est formée dans le silencr, sous la proscription de toutes les fortes études, la rappelle demain autour de lui. Le leademain, l'historien de la Révolution d'Angleterre, l'homme d'État qui s'est honoré par de nohles sacrifices et par la défense courageuse de nos institutions, M. Guizot, recommence aussi ses leçons. M. Villemain continue aussi les siennes; et tous trois vont marcher d'ensemhle, quoique par des voies diOërentes, à la régénération du haut enseignement. Si de cruels regrets reportent malgré nous notre pensée sur six années perdues, sur le mal tout négatif, il est vrai, mais irréparable, causé à tant de jeunes intelligences qui se seraient animées à la voix de maîtres si éloquents,... du moins il ressort de cette épreuve une consolante vérité : c'est que de nos jours il n'est plus possible à l'ignorant de prévaloir même par la violence.... Mais que chacun veille sur soi et se garde des entraînements irréfléchis. » (16 avril IS'iiS. — Cf. 10 décembre 1828.)

* Lettre du Préfet de police au ministre de l'intérieur, 22 janvier 1827, Arch. nat., F^ 6985.

approfondie des lettres anglaises qui était alors une nouveauté, un tact littéraire exquis et le sentiment généreux des doctrines morales et politiques du temps qu'il étudiait, une égale intelligence de l'esprit de Voltaire et de l'àme de Rollin, par-dessus tout une parole d'une aisance sans égale, désordonnée avec méthode, négligente avec art, hardie parfois jusqu'à l'imprudence et merveilleusement agile à se replier, tour à tour agaçante et pacifiante, « toute en originalités et en caprices, en coquetteries, en saillies lancées, reprises, rétractées, expliquées finalement au triomphe de la grâce et du hon sens' ».

Si Victor Cousin n'avait pas les avantages de la faveur acquise par un enseignement ininterrompu, il se présentait l'auréole de la persécution au front. ?sul n'ignorait qu'il était resté, dans les jours difficiles, l'ami dévoué du comte de Santa-Uosa, et qu'au cours d'une excursion scientifique en Prusse, inculpé de participation à un complot révolutionnaire, il avait, comme il le disait plus tard plaisamment, fait son semestre dans les prisons de Berlin". Professeur à l'École normale, il

* Loménie, Annales de la UHératiireei des arts, t. XXVI, p. '•loi. — Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. I. — Cf. le Globe. Au témoignage de ceux qui ont entendu Villemairi, les leçons publiées ne rendent que très imparfailenicnt l'imprévu et le charme de sa parole.

- Quelques passages de l'interrogatoire de Berlin, répandus à Paris, avaient cousacré sa popularité. On lui faisait un crime d'exciter dans la jeunesse l'esprit révolutionnaire et d'entretenir la haine contre l'Allemagne. (( Il est de notoriété publique en France, avait-il répondu, que je me suis élevé plusieurs fois contre les flatteurs de la jeunesse et que j'ai souvent émis le vœu de la voir se renfermer dans le cercle des études graves. 11 est également bien connu que l'école de Mme de Staël, en France, est, sous le rapport des principes, tolalement opposée à celle de Voltaire et des philosophes du ivui' siècle. J'ai travaillé à régénérer la philosophie en y introduisant les fruits des veilles des savants de l'Allemagne, et tous les Allemands qui sont venus à Paris m'ont félicité de mes

s'était attaché à renouer les liens de la grande tradition philosophique. Il avait traduit Platon et donné des éditions de Proclus et de Descaries. En même temps il entretenait des rapports de controverse suivie avec les protagonistes de la philosophie contemporaine, Plegel, Fichte et Schelling. Sa réintégration était à la l'ois un acte de justice et un hommage. Sa jeunesse elle-même le servait. On ne voyait pas, sans un étonnement mêlé d'intérêt, ce maître de trente-cinq ans, suppléant de Uuyer-CoUard, ahorder de haute lutte dans son Inlroduction à l'histoire générale de la philosophie — c'était le titre du cours — les problèmes les plus élevés de la métaphysi(|uc, s'attaquer aux derniers représentants du système de Condillac, leur opposer le tableau des évolutions de la pensée humaine partagée entre le sensualisme et l'idéalisme et toujours ramenée au spiritualisme comme à la solution dernière', solliciter les esprits et ouvrir la libre discussion sur

succès. )) D'autres trails dessinent son caraclère. On critiquait ses relations. Il Mes relations, iépli(juait-il accumulant les grands noms, c'est la famille de Montebello, le prince de Talleyrand, la ductiesse de Dino, la duchesse de Duras, le conilc Verhuel, le baron de Slaél, le duc et la duchesse de Broglie, le duc de Doudeauville, la princesse de Montmorencv, la comtesse d'Hervilly, Royer-CoUard. .. » Et ailleurs, comme on le subordonnait à Guizot : « Je n'ai jamais été l'élève de Guizot dont je marche l'égal. » (Archiv. nat.)

* Si l'on veut avoir tout à la fois une idée de l'enthousiasme qu'excitait le beau langage de V. Cousin et des illusions qu'un temps peut avoir sur lui-même et sur les mouvements d'opinion scientifique qu'il a vus naître, il faut lire cette page extraite de l'Avis placé en tète de l'édition piinceps (1828) du Cours de philosophie : « Toute grande époque doit avoir sa philosophie ; le xix" siècle aura donc la sienne. Ce qui le distinguera des autres et lui donnera sa physionomie propre, c'est l'éclectisme. L'éclectisme dans toutes les parties de la philosophie, dans la méthode, dans la psychologie, la logique, l'ontologie, etc., tel est le système que M. Cousin présente à la jeunesse française. Après avoir démontré l'insuffisance des deux écoles qui se sont partagé le xvui* siècle, savoir le sensualisme en France représenté par Condillac et ses disciples, l'idéalisme en Aile-

toutes les questions qu'il soulevait, toujours impartial lui-même dans son éclectisme naissant et sincèrement épris sur le moment de l'idée qu'il soutenait, soit qu'il exposât didactiquement une doctrine avec un art consommé, soit qu'il la reprît, comme il excellait à le faire, dans des conversations d'un jet familier et superbe, orateur partout, dans son étroit cabinet de travail comme dans sa chaire, aussi jaloux de frapper ou de séduire un seul interlocuteur que d'entraîner la foule, portant dans ses moindres propos une verve que relevaient encore le feu du regard, la spirituelle solennité du geste, je ne sais quel air d'inspiration prophétique et d'impérieuse conviction'.

Tout autre était l'aclion de Guizot : simple, presque austère, forle, l'action de l'autorité-. Le goût des grandes affaires, des affaires d'État, avait de bonne heure saisi et retenu Guizot. Mais il était né professeur. Au cours des plus hautes satisfactions comme après les déceptions de sa vie publique, son enseignement de-

niagne par Kant et Fichle, M. Cousin établit que l'œuvre de la philosophie nouvelle sera de chercher la conciliation de ces deux écoles. Cet éclectisme, traité de paix entre les éléments divers de la philosophie contemporaine, M. Cousin le reconnait et le suit dans toutes les parties de l'ordre social actuel. En politique, par exemple, la charte est une transaction entre le passé et la société nouvelle, entre l'élément monarchique et l'élément populaire. Kn littérature, c'est l'accord de la légitimité classique et

de la novation romantique Ainsi la règle de la vie morale et politique,

la règle de la littérature sera fixée. »

* Sa direction était recherchée par la jeunesse. Dans le journal de ses idées (18'24. 19 avril), Michclet qui, comme on sait, devait beaucoup à Villemain, dit : o Pour ce qui est de la culture de mes facultés, je crois les conseils de M. Cousin excellents pour ma vie active, et ceux de M. Villemain bons seulement pour le moment actuel. » {Ma jeunesse, p. 507.) — Sur l'ensemble de l'action exercée par Cousin il n'est pas besoin de rappeler ici l'exquise et piquante étude biographique de M. Jules Simon, ni la savante exégèse philosophique de M. Paul Janet.

2 le Globe, 22 mars 1828.

meura le plus cher de ses souvenirs'. Homme de gouvernement dans sa chaire par le fond des doctrines comme par la façon dont il les professait, il resta dans la politique homme d'enseignement par son inflexible attachement aux principes qu'il y portait. C'est au Piessis qu'il avait débuté, à la réouverture de la Faculté des Lettres, devant un auditoire d'élite : les élèves de l'Ecole normale en faisaient le fond. Après son passage au Conseil d'Etat, il retrouva, au Plessis, en 1821, dans les mêmes conditions, le même succès; et, quand l'arrêté de M. de Frayssinous lui retira la parole, il écrivait à Mme Guizot : « Je regrette cette petite tribune d'où j'exerçais quelque influence directe sur les hommes qui se mêleront de l'avenir* ». Cet avenir, il en avait repris possession ; il y ouvrait de toutes parts des percées profondes, éclairant, dans son Histoire générale de la civilisation en Europe depuis la chute de r Empire romain jusqu'à la Révolution française, le présent par le passé, et faisant remonter aux sources hautes — fût-ce avec les illusions d'un généreux esprit de système — les origines des institutions libérales appelées à régler les destinées du monde moderne".

Ces grands enseignements, reproduits le jour même par la sténographie et multipliés le lendemain par la presse^ étaient suivis sur tous les points du pays avec la même ardeur, la mêmeâpreté d'intérêt que les débats

• 3/. Guizot dans sa famille et avec ses ainis (1787-187-4), par Mme de Witt, née Guizot, p. 47,95, 104 et 114. — Cf. Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, t. I, chap. i, p. 15; — chap. vu, p. 515, 516, 555; — Appendice 5, p. 588.

* Lettres de M. Guizot à sa famille et à ses amis, recueillies par Mme de Witt, née Guizot, lettre à M. de Barante, 20 octobre 1822, n° 15, p. 49. — Voir aussi M. Guizot dans sa famille, déjà cit., p. 94.

5 Le Globe, 22 mars et 10 décembre 1828. 4 Id., ibid., 10 décembre 1828.

des Chambres. J'ai entre les mains l'édition princeps, devenue rare, des trois cours'. Elle se ressent de la hâte avec laquelle l'impression en a été faite; mais elle est toute chaude aussi et comme vibrante encore de l'émotion des applaudissements.

L'Europe entière avait les yeux sur la Sorbonne. On sentait que le cœur de la France y battait. Gœthe, dans sa retraite de AVeimar, se faisait envoyer chaque leçon et la commentait avec Eckermann. Nourri dans le culte du xvm" siècle, disciple passionné de Voltaire, son admiralion s'était un peu refroidie après les désastres d'Iéna. Il était disposé à trouver dans l'esprit français « peu de fond, peu de critique, peu de philosophie ». Les cours de la Sorbonne l'avaient ramené à un sentiment plus juste. <c Les Français, écrivait-il, ne reverront jamais un talent égal à celui de Voltaire; mais le point de vue de Villemain est plus élevé que celui de Voltaire ; Villemain peut critiquer Voltaire et juger ses qualités et ses défauts : c'est un maître^ » Il considérait que Cousin, tout pénétré de la pensée allemande, était destiné à devenir « l'instrument le plus actif de la fusion intellectuelle des deux peuples^ ». Il plaçait Guizot hors de pair. « Celui-là, disait-il, est mon homme ; je ne connais aucun historien qui lui soit supérieur pour la profondeur et l'étendue des vues*. »

» Paris, Pichon et Didier, 1828.

- Conversalions de Gœthe pendant les dernières années de sa vie (1822-185'2), recueillies par Eckermann, traduites par Emile Délerot, procédées d'une introduction par Sainte-Beuve, t. II, p. 95, mardi 17 février 1829. — Cf. p. 169, mercredi 5 février 1850.

' Id., ibid., p. 52, vendredi 17 octobre 1828. — Cf. p. 102, jeudi 2 août 1829; p. Ifi9, mercredi 5 février 1850.

* Id., ibid., p. 107, vendredi 5 avril 1829. —Cf. p. 115, lundi C avril 1829 ; p. 108, mercredi 5 février 1850.

11 aimait surtout à rapprocher les trois professeurs dans un commun témoignaj^^e d'admiration. « Leur alliance, répétait-il, fait vraiment des merveilles. La gène dont ils se plaignent leur est une force. Et avec cela un esprit, une pénétration, un talent pour épuiser un sujet ! C'est admirable. On croirait les voir au pressoir'. » « Ces modèles de recherche pénétrante et de vivante reconstitution » lui semblaient annoncer tout un renouvellement de la science et du haut enseignement. Opposant les méthodes d'investigation nouvelle aux procédés de l'ancienne critique, il résumait sa pensée, sous cette image un peu gauche, mais non sans force : ce C'est comme si jusqu'à présent on n'était arrivé dans un jardin que par des chemins sinueux et détournés ; ces hommes-là sont assez hardis et assez libres pour renverser les murs et bâtir à leur place une porte qui conduit immédiatement à l'entrée centrale du jardin^ ».

Cet esprit de renouveau avait commencé aussi à transformer la Faculté des Sciences. Ara go, empruntant à Buffon le tour de sa définition : « Le style, c'est l'homme môme », disait : « Le laboratoire, c'est le savant »; et dans son éloge de Gay-Lussac il indiquait comme un des traits où s'était révélé pour lui le professeur « la belle ordonnance de ses appareils^ ». Aux yeux de Thenard, le critérium de la valeur du professeur, c'était l'élève, ce Dans un cours, répétait-il — a-t-on jamais mieux dit aujourd'hui? — les élèves seuls ont le droit d'être comptés : tout doit leur être sacrifié. Et pour les éclairer, le premier devoir du professeur, c'est de ne

1 Conversalions, etc., p. 107, vendredi 5 avril 1829.

2 Id., ibid., p. 92, mardi 17 février 1820. 5 Arago, Œuvres complètes, lU, p. bi.

produire aucune allégation qui ne repose sur une expérience. » « Peu d'expériences, ajoutait-il, mais des expériences rigoureuses, frappantes et présentées au moment précis. » Il ne manqua qu'une fois peut-être à sa règle. Il est vrai que cette omission fut l'occasion d'une grande découverte. « Je faisais à la Sorbonne ma première leçon sur les sels, raconte-t-il. Pour que les métaux s'unissent aux acides, il faut qu'ils soient oxydés et qu'ils ne le soient qu'à un certain degré : quand la quantité d'oxygène est trop grande, l'oxyde perd une partie de son affinité. Comme exemple, j'allais citer le deutoxyde de barium, quand un remords me traversa l'esprit : l'expérience n'avait pas été faite. » A peine rentré dans son cabinet, il entreprenait l'expérience, et l'eau oxygénée était acquise à la science. Quelque temps après, il s'arrêtait court au milieu de sa leçon, en proie à une émotion vive : il avait aperçu Berzelius assis sur les bancs de l'amphithéâtre parmi les élèves. L'hommage que Goethe envoyait de Weimar h Guizot, à Yillemain et à Cousin, Berzelius était venu l'apporter luimême en Sorbonne, au nom de l'Europe savante, au maître dont l'observation féconde venait d'ouvrir à la chimie une voie nouvelle.

Il ne paraîtra donc pas téméraire de dire que, du jour où l'enseignement supérieur entra à la Sorbonne, la méthode et l'esprit de la science y entrèrent avec lui. Sans doute, pour en ressaisir les sources, il faudrait remonter jusqu'aux institutions de la Révolution S de même que pour en embrasser le développement, il faudrait le suivre au Collège de France, au Muséum d'hisloire naturelle, à l'École polytechnique, partout oii les

* Cetle histoire est faite aujourd'hui et définitivement faite. Voir le hel ouvrage de M. L. Liard : l Enticujnemcnl supérieur, t. I.

hantes études avaient accès. Mais dans cet adieu à la Sorbonne, nous ne voulons relever que ce que la Sorbonne a demandé ou inspiré, ce qu'elle a accompli ou proposé, ce qui lui appartient en })ropre.

Le but marqué, ni la grandeur et la justesse des conceptions, ni la richesse et la variété des talents ne firent défaut [)0ur travailler à l'atteindre.

Guizot a toujours regretté que les cours de 182(S ne se fussent pas maintenus pendant quelques années, de façon à faire pénétrer dans l'esprit public l'intelligence et le goût de l'enseignement supérieur. Mais l'expérience qu'il y avait puisée, éclairée par ses études antérieures, lui avait donné l'idée la plus élevée des besoins de la grande éducation nationale.

L'ordonnance de 1815, pour laquelle il avait été le collaborateur de Royer-Collard, était le premier effort de décentralisation administrative opposé à la constitution unitaire de 1808 et le premier essai d'organisation appropriée au développement de la vie régionale. La pensée de la décentralisation administrative est marquée dans le préambule de l'acte : « Considérant, y lisons-nous, que le régime d'une autorité unique et absolue, autorité essentiellement occupée de la direction de l'ensemble, est en quelque sorte condamné à ignorer ou à négliger ces détails et cette surveillance

journalière, qui ne peuvent être confiés qu'à des autorités locales, mieux informées des besoins et plus directement intéressées à la prospérité des établissements placés sous leurs yeux « Nous avons trouvé,

d'autre part, exprimée avec une netteté admirable par Guizot lui-même, dans une lettre intime datée de 1821, la préoccupation de ranimer l'existence provinciale : « Mon clier ami, écrivait-il de Nîmes à M. de Barante, plus je vais, plus je pense comme vous que ce qui manque à ce pays, ce sont des points de réunion et d'activité commune La vie ne peut venir que d'en bas;

elle est dans les racines de la société comme dans celles de l'arbre : il est fou de prétendre expédier de Paris du pouvoir ou de l'activité sociale sous bande. » Quinze ans })lus tard, devenu ministre de l'instruction publique, et appli(juant à la science ce qui, au fond de sa pensée, en 1(S21, se rapportait surtout à la politique, il avait voulu créer, sous le nom d'Universités, quatre grands foyers d'études, en debors de Paris — Strasbourg, Hennés, Toulouse et Montpellier, — « foyers éclatants où les lettres et les sciences, encouragées dans toute la diversité de leurs applications, offriraient à ceux qui s'y voudraient livrer de solides leçons, les instruments du travail, d'honorables carrières, les satisfactions de l'amour-pnqjre, les i)laisirs d'une société cultivée' ». A Paris, empruntant à la Faculté de médecine l'institution des agrégés, il se proposait d'y chercher, au profit de la Faculté des Lettres et de la Faculté des Sciences, un moyen d'émulation pour l'enseignement, un attrait en même temps qu'un débouché pour les jeunes talents, une satisfaction pour la liberté

*■ Mémoires, t. III, chap. xviii, p. 155 el suiv.

des méthodes, les agrégés devant être appelés, non plus seulement à suppléer les professeurs titulaires, mais à ouvrir eux-mêmes des cours. Le principe absolu de la libellé de l'enseignement supérieur n'avait rien qui l'effrayât; mais, pour l'appliquer, il se sentait trop en avance sur l'opinion. Dans une visée plus simple, il aurait voulu commencer par grouper et solidariser les étudiants, comme avaient fait au moyen âge les nations, en leur fournissant des abris communs qui leur assurassent, avec la part d'indépendance nécessaire à la jeunesse, les avantages de la vie de famille et leur permissent de poursuivre leur éducation générale, leur éducation morale surtout, concurremment avec le perfectionnement de leurs études scienliliques ou littéraires. Y. Cousin était pénétré des mêmes idées, et quand on lui objectait qu'il les avait rapportées d'Allemagne, il n'était pas loin de s'en offenser. Il reconnaissait bien que c'était en Allemagne qu'il avait senti l'impuissance de notre système de Facultés séparées les unes des autres et comme perdues dans leur isolement; que c'était là surtout qu'elles lui avaient paru misérables, languissantes et maussades en regard des centres universitaires de Bonn, de Leipzig et de Berlin, « où les sciences rapprochées se prêtaient un mutuel appui, de mutuelles lumières, un mutuel encouragement* ». Mais c'est à la Sorbonne que j'ai vu, de mes yeux vu, disait-il h Bersot avec cette ampleur de complaisance pour lui-même qui était un des charmes de ses entretiens, ce que la rencontre de trois grands esprits travaillant à la même œuvre peut produire de large et de fécond. « Créer les Facultés n'est rien, s'écriait-il

* Rapport sur l'instruction publique en .\Jlemagne, t. I, p. 174.

devant la Chambre des Pairs. Il s'agit de les faire fortes*. Des élèves, des professeurs émineiits, de grands écrivains qui les unissent, de grands intérêts qui les animent, voilà ce qui constitue l'enseignement supérieur » ; et si la province avait ses capitales intellectuelles toutes désignées — Cousin pensait d'abord à Rennes, — n'était-ce pas Paris qu'il fallait donner en exemple?

Presque en même temps, la Faculté des Sciences, par l'organe de J.-B. Dumas, émettait des vœux analogues avec une précision qui semblait les rapprocher singulièrement de la pratique. J.-B. Dumas demandait que les cadres des sept Facultés qui existaient en province fussent pourvus de façon que chacune d'elles, n'ayant pas moins de quatorze chaires, présentât le type complet de l'éducation scientifique. Puis, après avoir déterminé les conditions d'existence de l'enseignement supérieur, il en marquait avec force la double portée, qu'il résumait en ces termes : propager l'enseignement des sciences et en répandre le goût au profit de l'industrie et des arts techniques non moins qu'à l'honneur de la science elle-même. Enfin, pour assurer à la Sorbonne le bénéfice immédiat de ces réformes, il proposait de créer une bibliothèque, non pas une bibliothèque générale et académique, comme il disait, mais un cabinet de lecture où les étudiants, entre deux cours, le matin, le soir, à leur heure, pourraient trouver les livres, les journaux, les revues en rapport avec leur préparation quotidienne ; — des collections d'histoire naturelle et de physique mises en état de servir, non pas seulement à quelques-uns pendant un temps élroi-

' Cham])re des Pairs, 15 mai 1841.

tement limité, mais à tous selon la mesure de liberté dont ils disposaient ; — des laboratoires où professeurs et élèves fussent en mesure de vivre scientifiquement à l'aise; — des amphithéâtres où l'enseignement se développât, dans sa dignité, loin des bruits et des trépidations de la rue. C'était tout un plan d'avenir largement esquissé'. 11 ne pouvait s'accomplir qu'à la condition d'assurer à la Sorbonne les espaces nécessaires, et le rapport, en traçant les grandes lignes du projet, indiquait en même temps les moyens de ^exécuter^ Mais les esprits n'étaient pas mûrs pour un si vaste dessein. Même au sein de la Faculté, il se heurtait à des hésitations. On était frappé, séduit, non convaincu.

L'opposition universitaire trouvait d'ailleurs dans la politique des points d'appui. Le Gouvernement ne semblait pas d'accord avec lui-même sur les principes à suivre pour l'organisation du haut enseignement. La direction changeait avec les ministères. Autant Guizol et Cousin s'étaient montrés résolus pour la concentration des Facultés, autant Yillemain et Salvandy paraissaient touchés des avantages de la dispersion. Aucune création ne leur semblait superflue. Us ne doutaient pas que de la semence jetée à tous les vents ne germât une abondante moisson. Pour eux, à chacune des seize circonscriptions académiques devait répondre une sphère de développement scientifique et littéraire, ^'était-il pas équitable d'allumer les grands flambeaux de la civilisation sur tous les points du territoire^? Chaque année, au cours de la discussion du budget.

* Rapport à la Faculté, 12 décembre 1857.

* Voir notre ouvrage : Éducation et instruction, t. IV, V Enscujncment supérieur à Paris en 1881.

3 Rapport présenté à l'appui des propositions de budget en 1848.

le débat se rouvrait'. Un des successeurs de Cousin à lu direction de l'Ecole normale, l'ancien directeur du Globe, P. Dubois, député de la Loire-Inférieure, ne laissait point passer une occasion de protester contre le système de l'éparpillement des forces. Il en démontrait avec vigueur les leurres et les dangers. Il lui opposait, tout à la fois comme fait d'expérience et comme argument de raison, la supériorité incontestable de la Sorbonne, non sans ajouter qu'en Sorbonne même le groupement des enseignements devait être encore plus ferme et plus riche. Le conseil supérieur de l'instruction publique appuyait ces vues. Mais le petit nombre seul en appréciait la valeur. La politique des intérêts locaux demeurait la plus forte; on ne comprenait pas l'importance nationale de la question.

Des conceptions de Guizot et de J.-B. Dumas une seule passa dans les faits : l'établissement de l'agrégation des Facultés. Encore la nouveauté fut-elle restreinte à la Faculté des lettres. En cas de vacance d'une chaire, les agrégés devaient être chargés de faire le cours, et tout agrégé pouvait être admis à ouvrir, dans le local même de la Faculté, des cours gratuits destinés soit à développer, soit à compléter l'enseignement normal'. C'était virtuellement l'adoption de l'institution de^ privat-docent. Mais on s'arrêta là.

Et cependant quels trésors de savoir, de lumière, de dévouement dans l'enseignement de la Sorbonne, tel qu'il était alors constitué ! A la Faculté des Sciences — pour ne parler que de ceux qui ne sont plus : — à côté des doyens qui avaient succédé à Thenard, Poisson, Biot,

1 Voir nolamment les discussions de t8ô7, 1859, 1848. - Arrêté du 24 mars 1840.

Dumas, Mihic Edwards, — des professeurs de physique tels que Balard et Pouillet, — des naluralistes tels que Haiiy, Brongniart, Beudant, Constant Prévost, — des mathématiciens tels que Lacroix, Francœur, Sturm, Liouville, Poncelet, Delaunay, Lamé, Duhamel, Chasles, Cauchy, Le Verrier, auxquels un de leurs pairs, M. lïermite, rendait, le jour de notre grande inauguration, un si complet hommage*. A la Faculté des lettres, — en philosophie : JoufTroy, métaphysicien hardi tout à la fois et contenu, psychologue ferme et délicat, penseur triste et aimable, douteur exquis; Damiron, un sage, nourri de la plus pure moelle des doctrines spiritualistes et comme illuminé de la grâce philosophique; Ad. Garnier, l'analyste délié, l'ingénieux nomenclateur des facultés de l'àme, le pénétrant critique de la morale de Socrate; — dans les lettres latines : Joseph-Victor Le Clerc, le piquant commentateur des Journaux chez les Romains, le savant collaborateur de VHistoire liltéraire de la France, un cénobite laïque, un bénédictin moderne, véritable descendant des sénieiws de Sorbonne, qui devait laisser toute sa fortune — ses livres — h la communauté, et dont les dernières heures ont dû, j'imagine, être adoucies par la pensée que l'appartement où il avait vécu plus de trente ans ferait désormais partie de la Bibliothèque; Patin, le lettré accompli, l'honnête homme ainsi qu'on entendait le mot au xvn" siècle, dans son acception la plus large, la plus solide et la plus fine; — dans les lettres grecques : Egger, l'érudit élégant et disert, suppléant autorisé, héritier lés^itime de Boissonade; — en histoire et en

* Discours prononcé à l'inauguration de la nouvelle Sorbonne le 5 août 1889.

géographie : Guigniaiit, l'ancien directeur de l'École normale supérieure, le fondateur de l'Ecole française d'Athènes, qui, dans sa traduction de la Symbolique de Creuzer, avait rendu à l'Allemagne plus que l'Allemagne ne lui avait fourni et qu'elle reconnaissait ellemême pour maître; — en littérature étrangère : Fauriel, tour à tour officier, administrateur, critique, voyageur par-dessus tout, parlant ou connaissant les diverses langues du monde civilisé, l'homme de notre siècle, a dit Renan, qui a remué le plus d'idées; Ozanam, un des plus jeunes dans celte élite, un des plus nobles aussi, consacré avant l'âge par la double autorité de la science et du talent, esprit profondément imprégné des lettres antiques, ame chrétienne, dévoré de toutes les fièvres généreuses, unissant les dons d'une imagination charmante à l'exactitude du plus ferme jugement et qui portait, dans son enseignement comme dans ses recherches savantes, l'enthousiasme de l'apostolat; — en littérature française : Désiré Nisard, l'irréconciliable adversaire de la littérature facile, le promoteur de la religion littéraire du xvii* siècle, le grand prêtre du culte de l'esprit français; Saint- Marc Girardin, dont la critique fidèle aux grandes traditions en même temps qu'ouverte aux nouveautés autorisées par la raison, la curiosité discursive, la bonhomie aiguisée, la verve familière soutenue par la plus saine inspiration morale, réveillaient dans le grand amphithéâtre les échos des plus brillantes journées de la Restauration.

On faisait honneur de ces talents à la Sorbonne, on s'y abreuvait comme à une source publique. Aujourd'hui, par un retour d'opinion qu'expliquent les nouveaux besoins de la science — sans le justifier, — on a mis

ce succès en cause et peu s'en faut qu'on ne lui reproche (l'avoir fait dévier l'enseignement.

C'est aux cours dits oratoires que le procès s'adresse. Sans doute l'éloquence qui n'est que l'éloquence, qui sacrifie l'inforniation précise au sentiment vague, est insuffisante partout, et nulle part ailleurs plus qu'en Sorbonne. Mais quoi? les cours de 1828 étaient-ils moins riches en idées justes, la méthode en était-elle moins sûre, la critique moins forte, parce que les idées se revêtaient d'une belle langue, parce que la méthode était latente, la critique sans appareil, parce que, passant au delà de l'auditoire qui la recueillait directement, la parole du maître allait jusqu'au fond des provinces éveiller des curiosités généreuses et concilier à notre haut enseignement une faveur universelle? Ce n'est point, nous l'avons vu, ce qu'en pensait Goethe. Il y a quelques années, dans notre zèle d'émulation germanique, on eut la pensée — qu'il n'aurait pas approuvée, semble-t-il — de ne laisser subsister dans nos Facultés que des salles de conférences. 11 fallut rouvrir les amphithéâtres pour les professeurs, qui ne pouvaient pas s'en passer, pour le public, qui ne voulait pas en être privé. En France, il y aura toujours, il est nécessaire qu'il y ait dans l'enseignement supérieur une place pour les grandes analyses, pour les synthèses largement exposées. Cette forme de talent représente une part de notre patrimoine national; elle constitue un des ressorts les plus puissants de notre action sur la marche de l'esprit humain,

La profonde et heureuse nouveauté des réformes contemporaines, c'est qu'en détruisant les abus des leçons oratoires — tout régime a ses médiocrités et ses dangers, — elles ont créé, multiplié, fortement organisé,

h côté des grands auditoires publics où le professeur expose les résultats de ses recherches, des auditoires réservés où il en explique les secrets. La science ne se fait pas dans un amphithéâtre, en présence d'une foule : elle se prépare dans la retraite protégée d'un laboratoire, d'un cabinet de travail agrandi, pour ainsi dire, à la mesure exacte de ceux qui en peuvent recueillir le profit. La critique historique, philosophique, philologique et littéraire a aussi ses appareils qu'il faut démonter, en quelque sorte, sous les yeux des étudiants, pour les exercer à les manier. L'éducation supérieure consiste — ou elle n'est pas — dans cet apprentissage scientifique, dont les méthodes s'appliquent à tous les genres de travaux.

Mais en reconnaissant ce que devront à cette haute pédagogie, ce que lui doivent déjà les générations nouvelles, ne refusons pas à ceux qui n'en ont pas eu l'aide le légitime honneur attaché à leurs efforts. Rendre hommage au passé pour le bien qu'il a fait à son heure, c'est encore le meilleur moyen d'assurer au présent la reconnaissance qu'il travaille à mériter ; et puisque nous essayons d'acquitter toutes nos dettes envers la vieille Sorbonne, pourrions-nous omettre celle-là, parce qu'elle date d'hier? 11 y a cinquante ans, n'était-il pas plus d'un professeur qui sentit que, sans rien perdre de son éclat, l'enseignement des Facultés devait toucher plus à fond une partie de ceux qui le suivaient? jNous avons rappelé tout à l'heure comment J.-B. Dumas entendait faire l'éducation de l'ingénieur, du professeur, du savant. Tel était également l'esprit qu'Egger, Patin, Le Clerc, Saint-Marc Girardiii, chacun suivant son tempérament, s'ingéniaieni, au moins pour l'élite de leurs auditeurs, à impri-

LES TEMPS >"OUYEAl \. 243

mer à lu dircclioii de leurs cours. Qui ne se souvient des abondantes consultations que Patin et Egger accordaient à tous ceux qui en avaient besoin, soit chez eux, soit, après la leçon, dans la petite salle annexée à l'amphithéâtre de la Faculté des Lettres, le confessionnal, comme on disait dans ma jeunesse? Qui ne voit encore le cabinet, encombré de livres du plancher au plafond, où, derrière un amoncellement de manuscrits et de dossiers, le doyen apparaissait, en tenue de soutenance dès la première heure, l'œil allumé le plus souvent par la belle humeur, quelquefois aussi chargé et irrité par la crainte d'une importunité, mais l'esprit tout de suite accessible à une question bien posée, et prêt à ouvrir pour ceux qui le méritaient les réservoirs de sa science profonde'et de son docte bon sens? « Messieurs », disait un jour Saint-Marc Girardin, s'adressant aux jeunes gens qui avaient en vue l'examen de licence et qui se tenaient d'habitude plus près de la chaire, « Messieurs du premier banc, j'ai parlé aujourd'hui pour tout le monde : à demain, pour vous, la petite leçon ». Ce qui était l'effet du dévouement professionnel intelligent est devenu une institution, et que n'en doit-on pas attendre? Mais dès ce moment, il est équitable de ne pas l'oublier, l'institution avait ses germes dans les meilleurs esprits.

Telles étaient les idées qui de 1840 à 1850 s'agitaient utour du projet de reconstruction de la Sorbonne.

244 ISOS ADIEUX A LA VIEILLE SORBOîiNE.

Celte l'econstruction devait être roccasion d'une organisation nouvelle. On sait quel commencement d'exécution elle reçut. Le jour de la fondation de la première pierre (4 août 1855) n'eut pas de lendemain. La période des ajournements était ouverte'. Nous ne saurions aujourd'hui nous en plaindre. Que serait-il advenu de la Sorbonne, si elle eût été restaurée pendant cette période de défaveur et de dépression?

Cependant la nécessité s'imposait chaque année davantage de mettre d'accord les institutions et les besoins. La création de l'École pratique des Hautes Études fut une première et sérieuse satisfaction. La question était abordée résolument. A côté des auditeurs qu'il ne fallait pas cesser d'attirer au grand profit de la diffusion générale des idées, la place devait être faite — une place importante, la meilleure — aux élèves qu'il s'agissait de former. Organisation de quatre seclions : inalhématiques; physique et chimie; histoire naturelle el physiologie; sciences historiques et philologiques ; dans chacune de ces sections, recrulement des élèves sans condition d'âge, de grade ou de nationalité, après une simple épreuve de stage, au choix du professeur, ou, s'il se présentait un trop grand nombre de candidats, par le concours; ouverture de laboratoires d'exercices pour les élèves, de laboratoires de recherches pour les professeurs : tels étaient le cadre et l'esprit du décret qui devait assurer aux maîtres les instruments de travail nécessaires, aux jeunes gens les moyens de se préparer à la science en même temps qu'à l'enseignement, el créer entre tous un courant d'aclive émulation, nul ne pouvant parti-

' Éducation et instruction, Enseignement supérieur, déjà cit.

ciper aux cours et aux travaux des laboratoires plus de trois ans'.

Tous ceux qui ont assisté aux origines de l'école se souviennent de la faveur qui ^accueillit^ « En deux mois et malgré le temps des vacances, écrivait officiellement le fondateur, il a été pris deux cent soixantequatre inscriptions, chiffre <jui dépasse toutes les prévisions, et que je trouverais moi-même trop élevé, s'il ne devait être forcément réduit par l'examen qui s'achève en ce moment de l'aptitude des candidats. » A ne regarder que les crédits dont l'institution disposait, elle était plus que modeste. C'est le caractère général de l'administration si féconde de M. Duruy, non seulement d'avoir toujours eu plus d'idées que de ressources, mais de n'avoir jamais craint de pousser à l'application des idées en attendant les ressources. Les laboratoires s'établirent dans le promenoir qui avait servi de lieu de méditation aux docteurs, de lieu de rafraîchissement aux artistes. Une usine avec hauts fourneaux s'éleva sous les fenêtres de la salle où Prud'hon avait peint sa Psyché. Des salles de cours furent construites pour les privat-docent de la Faculté des Lettres, au milieu de l'ancien jardin de la terrasse. On se casa, comme on put, dans les moindres coins de la bibliothèque. On occupa, dans les vieilles bâtisses de la rue Saint-Jacques, des réduits abandonnés \

1 Décret du 51 juillet 1868. Voir le rapport de la même diite [V Administration de l'instruction publique de 1865 à 1869, par Victor Duruy, p. 644 et suiv.).

-Rapport du 15 novembre 1868 [V Administration de V instruction publique, etc., déjà cit., p. 679).

3 Voir l'album oîi ont été réunies les photographies des salles basses, des cabinets, des soupentes où étaient établis les laboratoires de physique, d'histoire naturelle, de géologie. Aucun document ne saurait présenter

C'était encore, c'était plus que jamais peut-être la maison des pauvres maîtres. Il est vrai que l'École avait des succursales dans d'autres établissements, qui lui prêtaient une fraternelle hospitalité : à l'Ecole normale, au Collège de France, au Muséum, dont les laboratoires étaient mieux pourvus. Aussi bien, sous la direction de Pasteur, de Claude Bernard, de Milne Edwards, de Henri Sainte-Claire Deville, de Paul Desains, de Léon Renier, le zèle de la science suppléait à ce qui manquait.

Cette fois l'impulsion était décisive. Suspendue par les calamités de 1870, elle reprenait sous l'aiguillon de l'enquête ordonnée par M. Jules SimonV Les fonds devaient encore se faire attendre. L'indemnité de guerre et les frais de l'occupation ennemie nous écrasaient. Mais on sentait de toute part que le jour où les crédits seraient libres, les volontés seraient ardentes. Le jour venu en clTet, Ville et État, Conseil municipal et Parlement associèrent leurs budgets pour accomplir définitivement la régénération de la Sorbonne et donner le signal du relèvement de l'enseignement supérieur dans tout le pays^

Nous touchons à l'histoire contemporaine : il ne nous appartient pas de la retracer.

C'est votre Capitole, Capitoli immobile saxum, me disait récemment un étranger visitant la Sorbonne moderne et non moins frappé de la persistance de ses destinées que du renouvellement de son esprit. Hôtellerie de Robert, palais de Richelieu, Musée des Arts, le Capi-

sous une forme plus expressive cette page de l'histoire du développement de l'enseignement scientifique de la Sorbonne.

' Discours en Sorbonne du 10 avril 1872.

'- Loi du 22 août 1881.

tole, en effet, a changé d'affeclation à travers les âges, sans perdre son caractère de centre d'études élevées; mais ce caractère s'est singulièrement transformé. Si la théologie a été séparée de la Sorbonne pour rentrer dans les séminaires, laissant comme dernier souvenir l'éclat du talent solide, délicat, libéral, des Bautain, des Péreyve, des Maret, le faisceau des Lettres et des Sciences s'y est resserré. Sous son patronage, la même génération, chose rare, a vu en dix ans naître, discuter, aboutir tous les projets. Tandis que l'enseignement secondaire qu'elle gouverne par son administration, qu'elle contrôle par ses examens, triplait presque le nombre des lycées qui sont, comme jadis le collège de Galvi, sa pépinière, tous les établissements entre lesquels se répartissent les hautes études. Faculté de Médecines Faculté de Droit", Ecole supérieure de Pharmacie", et qui forment, avec la Faculté des Sciences et la Faculté des Lettres, son domaine propre, étaient reconstruits ou agrandis.

Métropole de l'enseignement supérieur, la Sorbonne en personnifie dans le conseil des Facultés la vie commune. Et c'est ainsi qu'en donnant au présent une force de cohésion inconnue jusqu'ici, elle a préparé l'avenir. Un corps de 112 chaires magistrales et de 75 cours accessoires, une famille de 11 000 étudiants pénétrée du plus vif sentiment patriotique en même temps qu'hospitalière à l'étranger; une légion de boursiers choisis parmi les meilleurs de ceux que la fortune a le moins favorisés; chez les maîtres et

» Lois des 14 décembre I87o el 2(3 avril 1881.

- Lois de finyncesdes 20 dé.cembre 1891 et 25 décembre 1892.

"' Loi du 22 décembre 1875.

t>48 NOS ADIEUX A LA VIEILLE SORBONNE.

chez les élèves, à tous les degrés, la passion de la science, l'ardent désir de contribuer à l'élévation intellectuelle et morale du pays : voilà ce qu'en nous séparant de la Sorbonne d'hier, nous sommes prêts à léguer à l'Université de demain.

Inventaire des biens de la Maison de Sorbonne dressé par ordre du Roy le dix décembre 1557.

Coppip (le leltros par lesquelles apert que monseiffiieur M" Robert de Sorbonne a délaissé toutes les rentes adniorties qu'il avoit acquises à Paris et lieux circonvoisins aux estudiants en théologie au coUeige de Sorbonne duquel il est fondateur ('29 septembre 1270).

Universis présentes literas inspectiiris officialis curie Parisiensis salulem in Domino. Notum facimus qitod in nostra preseniia propterhoc constitulus vir venerahilis Magister Rohertus de Sorbona, Ccmonicus Parisieiisis, in plena sua sanitate et compos mentis sue prout prima facie apparebat, vulens sibi precavere in futurum de bonis suis immobilibus ordinavit in hune modum. Primo enim omnia bona sua imm,obilia que tenet in manu mortua, videlicet vineas, domos, census cum eorum pertinentiis que acquisivit Parisiis seu in confinio ejus, velque acqniret in manu mortua usqiie ad diem mortis ejus, dédit donatione inter vivos congregationi pauperum magistrorum Parisius studentium in Theologica facultate, quorum diu provisor extitit, et nunc doniinium et proprietateni dictorum bonorum in ipsos pauperes magistros transferendo. Item dilectum suum virum venerabilem Magistrum Gaufridum de Barro, canonicum Parisiensem, post decessum ipsius Magistri Roberti suum constituit heredem omnium aliorum bonorum suorum immobilium que non tenet in manu mortua, videlicet vinearum, domoruni, censuum feodi cun\ eorum pertinentiis seu appendiciis que acquisivit Parisius vel in confinio ejus, vel que acquiret usque ad diem mortis sue, excepta duntaxat domo quadam sita in monte Sancte Genovefe prope donium Magistri Geroldi de Abbatisvilla, de qua aliter ordinavit

ut dicebat; conferens et concedens predicttis Magister Robertus ex tune, scilicet post mortem ipsius Magistri Roberti, eidem Magistro Gaufrido tanqiiam heredi suo, ut dictum est, omnium predictorum immobilium que non sunt in manu mortua tottim jus quod habebat vel habere poterat in premissis omnibm, qualicnmque racione, salvo sibi quandiu vixerit predictus Magister Robertus in omnibus et singulis cum proprietate premissorum usufimctu. Volens siquidem et concedens expresse quod dictus Magister Godefredus hères institutus, ut dictum est, teneat et possideat post decessum ipsius Magistri Roberti omnia supradicta tanquam hères pacifiée et quiète absque reclamatione et contradictione quolibet heredum suoruin carnalium seu etiam aliorum quorumcunque, tali apposita conditione ex parte ipsius Magistri Roberti quod dictus Magister Godefredus hères premissorum institutus, ut dictum est, pro eodem Magistro Roberto omnibus creditoribus suis salisfacere teneatur de omnibus debilis in quibus nunc tenetur vel etiam lenebitur lempore mortis sue. Voluit et predictus Magister Robertus quod de bonis predictis provideretur Joanni de Castellario, clerico suo, in bursa et hospitio sicut uni de pauperibus magistris providetur, sive audiat logicam sive iheologiam, donec Dominus sibi providerit de bénéficia competenli; de bonis autem suis mobilibus per alios ordinavit, ut dicebat. Hec itaque omnia voluit predictus Magister Robertus rata esse et firma nisi eum in vila sua contingeret de his aliter ordinare. In cujus rei testimonium présentes literas sigillo curie Parisie7isis una cum sigillo i])sius Magistri Roberti fecimus sigillari. Actum anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo, in die sancli Michaelis.

Coppie par laquelle apert M° Godefroy de Barro, doien de Nostre Dame do Paris, héritier de Maistre Robert de Sorbona, fundaleur du collège de Sorbonne, a délaissé tous et chacuus les héritaiges qu'il avoit eu par la succession dudit de Sorbonne à ceulx dudit colleige en payant les debfes dudit M^ Robert qu'il debvoit au jour de son trespas (novembre 1274).

Universis présentes literas inspecturis Magister Gaufridus de Rarro, decanus Parisiensis, eternam in domino salutem. Noveritis quod omnia bona quorum vir venerabilis bone memorie Magister Robertus de Sorbonio, quondam Canonicus Parisiensis, suumconstituit nos heredem pietatis intuitu in puram et perpétuant eleemosinam donamus donatione inter vivos congregationi pauperum

inagistronan seu ipsis pauperibus magUtris Parisius in theologica facultate studentibiis, quorum diu provisor exlilit magistcr antedictus, ex nunc dominium et proprielatem dictorum bonorum cum eorum pertinenliis ceu appendiciis cum oinni jure (juod in preynissis omnibus et singulis qualicunqne ratione habemus seu habere possumua in ipsos pauperes inagistros transferendo, hac conditione appoûta quod dicti magistri et eoruni congregatio et provisor eorum nomine dicte congregalionis et ipsorum magistroruni et pro ipsis teneantur satisfacere omnibus creditoribus dicti Magistri Roberli de omnibus debitis, in quibus dictus Magister Roberlus lenebalur tempore morlis sue et ad omnia onera, in quibus tenemur vel teneri possumus occasione liereditatis predicle. In cujus rei testimonium sigiUutn noslrum presentibus duximus apponendum. Anno Domini l'iTi, mense novembri.

C'est la déclaration des eensives, rentes l'oncieres et aiiltrcs licritages, délaissez par l'undation et dotation du eolleiiie de Sorl)onne, fundé à Paris tant par monseigneur M'" Robert de Sorhoniie en son vivant chapellain du roy monseigneur Sainct Loys, que aultres acquisitions l'aictes pur le dict colleigc que les M""* prieur, compaignons et boursiers ont droict de prandre et recepvoir par chacun an aux ternies cy après déclarez, à cause de ladicte l'uudation et dotation dudict collcige sur i)lusieurs maisons, hérita iges assis en ceste ville de Paris, laulx bourgs, villaiges et aultres lieux; laquelle déclaration ils mectent et baillent par devant vouz Messeigneurs ordonnez de par le Roy, nostre sire, pour la reformation, estans en ladicte Université selon les lettres patentes par ledit seigneur à vous adresseez à ceste lin.

Et premièrement ausdicts M" prieur et boursiers appartiennent les deux parts d'ung fief appelle le fief du franc Rozier, acquis par ledit monseigneur M'' Robert, fundateur dudict colleige, de messire Jehan de Liciis, clievallier, ayant droict dudit fief par acquisition faicte de noble homme Anseaulme de Rochefort, chevallier, et Alipide sa femme en l'an mil deux cens soixante et cinq, moys de novembre. Cession aussi audit Robert de Sorbonne faicte par Aveline, seur dudit de Liciis, authorisée de noble homme Rogier de Auvary, chevallier son mary en l'an 1265, le lundi après le dimanche de Reminiscere, admorty par l'evesque de Paris Raoul, en la censive duquel ledit fief estoit et en a eu pour ledit admortissement les troys

parts en l'an Nostre Seigneur 1284,moys de novembre, [iresenté en la Chambre des Comptes à Paris 1574, et à la Cliambre du Thrcsor auPalaisà Paris l'an 1552 lesamedyxi'^ de mars; lequel fief consiste en plusieurs censives deues par chacun an au jour et leste sainct Remy par les personnes propriétaires des maisons et héritages sis en ceste ville et baillyvie de Paris comme il sera déclaré par cy après selon les rues esquelles lesdicts maisons et héritaiges sont assiz.

Rue Bourg de Brije.

Noble homme et saige M*' Martin Fumée conseiller du Roy nostre Sire, M*' des requestes de son hostel, propriétaire d'une maison en laquelle il y a plusieurs corps dhostel, cours et jardin et appartenances, doibt par chacun an au jour et leste Saint Uomy de cens l)ortant lofz et ventes quant il eschcl vi' parisis.

Le principal et cscolliers et boursiers (du collège M*^ Gcrvais) M'= Gcrvais Chrétien en l'université de Paris pour une maison et place par eulx a|»plicquée audit colleige, assise en ladicte rue, doibvent au jour Saiiit-Hcmy nii* j)arisis.

M'' Pierre Diirour advocat en |)arlement propriétaire dune maison ou pend pour enseigne la Corne de (ierf, doibt audict jour et cause comme dessus xii'' parisis.

M*^ Guillaume Versoris, conseiller du Roy nostre sire ou Chastclet de Paris, propriétaire d'une maison size en ladicte rue, doibt ini^ parisis.

Rue de la Parcheminerie.

(anciennement appellée des Escrivains.)

M'' Matliurin Belamy, procureur au Chastellet de Paris elle commissaire Regnot propriétaire par moictié d'une maison size en ladicte rue en laquelle est sur la porte painte une couronne, à cause comme dessus doibt xn'' parisis.

M'' Guibert, advocat en parlement, propriétaire d'une maison et ses a|>partenances size en ladicte rue, doibt par chacun an comme dessus VIII* parisis.

Noble liomme et saige Monseigneur M'' Christofle de Thou, président du Fioy nostre sire en sa court du Parlement à Paris, propriétaire d'une maison size en costé en ladite rue, faisant le coing en la rue de la Harpe ou souloit d'ancienneté pendre pour enseigne l'image Saint-Antoine, de présent uhg moulin à vent de boys, doibt par chacun an à cause comme dessus xii^ parisis.

Loyse Pannechier, bourgeoyse de Paris veve de feu Bertrand Ver-

iicul, |)n)|tricl;iirossc en son nom et comme lutfiresso do ses enfants, (riine maison en la(Hielle pend |)()m' (Misolj^ne la KliMir de Liz, sizc en ladicte vue, audici jour et cause connue dessus, doibl. . mW parisis.

M'' Robert de Costes, advocat en Chastellet de Paris et M*' Françoys Arnoul, |)rocurcur audict riliastellel |)roprietaires d'une maison sizc rue de la Parclicminerie en ia(pi('lle pend pour enseigne l'Estoille, au jour et cause comme d(\ssus doihvent ... u'' parisis.

Les héritiers l'eu M'' Pierre Rozceen son vivant docteur régent en l'acuité de médecine, propriétaires d'une maison ou pend pour enseigne les Troys Coquilles, au jour et cause comme dessus doibvent de cens in^ parisis.

Jeban de (lorcelles marchant rôtisseur et Marie Ferant, propriétaires dune maison size en ladicte rue ou pend pour enseigne la Teste noire, au jour et cause connue dessus doibvent, xn** parisis.

Adenete de Vaulx, vefve de feu Jelian (Cancan, propriétaire d'une maison et ses appartenances assize rue de la Harpe et ayant issue sur ladicte rue de la Parchcminerie, en laquelle [)end [)our enseigne la Roze Houge, par chacun an jour et cause comme dessus doibt wni*" parisis.

M'' Malhurin Belamy, procureur ou Chastellet de Paris et Anthoynete Valiet femme de M'- Mathurin Moncct, propriétaires d'une maison size en ladicte rue appelée les (]arncaulx, au jour et cause conmic dessus doibvent vM** parisis.

Jehan Cuespin et cohéritiers propriétaires d'une; maison faisant le coing de la rue de la l'archeminerie en entrent en la rue de la Harpe, au jour et cause comme dessus, doibvent ii^ parisis.

Hue (les Prestres

M*^ Claude Parisol, procureur au Parlement, propriétaire d'une maison ou pend pour enseigne le Patin, doibt [>ar chacun an au jour et cause comme dessus vni* parisis.

Jehan Desmarets, propriétaire d'une maison, jeu de paulme et appartenances, ou pend pour enseigne le Petit Pré, à cause comme dessus, doibt par chacun an audit jour xu'' parisis.

M*" Robert des Costes, M'^ Françoys Arnoul a cause d'une maison size en ladite rue, au jour et cause comme dessus, doibvent m'' parisis.

M® Jacques Bourgon, advocat en Parlement propriétaire d'une maison et ses appartenances size en ladicte rue ou pend pour enseigne les Vers Gallands, doibt par chacun an au jour et cause comme dessus . xvni'' parisis.

Damoiselle Francoyse Brunon proprietaresse d'une maison size en ladicte rue ou pend pour enseigne limage iSostre-Dame, doibt par chacun an au jour et cause comme dessus ... ii*^ parisis.

Jehan et Françoys les Bruneaulx, bourgeois de ccste ville de Paris, propriétaires de quatre maisons assizes en la rue de Bouclerye en ceste ville de Paris contigues , en l'une des(|uellcs pend pour enseigne l'image de Nostre-Dame, à la deuxième le gros Tournoys, à la troisième le Cheval Rouge, doihvcnt par chacun an, à cause et jour comme dessus iii'^ parisis.

Riie (le Saint-Séverin.

M»^ Florent Thuillier, advocat en Parlement propriétaire d'une maison et ses appartenances size en ladicte rue ou j)end pour enseigne le Berceau de 1er, doibt par chacun an au jour et cause comme dessus xu'' parisis.

M^ Jehan Le Guay, docteur en médecine, tenant à longues années du chappitre Nostre Dame de Paris une maison ou souloit pendre anciennement l'escu de France, doibt chacun an au jour et leste comme dessus uiMi'' parisis.

En la cité rue Marchépalu.

W Nicole Laisné, docteur en médecine, proj)riétaire d'une maison ou souloit pendre l'escu d'Orléans, doibt au jour et cause comme dessus xii"* parisis.

M"" maistre Loys Martine, procureur du Boy noslrc sire au Cliastellet de Paris, propriétaire d'une maison size en ladicte cité rue Saint-Chrislophli-, doibt au jour et cause comme dessus xii'' parisis.

Les héritiers M'' Pierre Bcluf, en son vivant procureur en Parlement, propriétaire d'une maison et ses a|)j)artenances size rue des Marmosetz en ladicte cité, doibvent par chacun an à cause et jour comme dessus v* vi'' parisis.

Guillaume Porcher, marchant et bourgeois de Paris, j)ropriétaire de deux maisons assizes rue de la Mortellerie contigues l'une à l'autre, en lune desquelles pend pour enseigne l'Estoille couronnée, en laultre la Fleur de Lis, doibvent par chacun an au jour et cause comme dessus iii^ parisis.

Rue (le la Harpe.

Les principal et bourciers du colleige de Bayeulx fondé en l'Université de Paris, assis en la rue de la Harpe, doibvent à cause des maisons applicquées à ledit colleige et entrée de celluy, doibvent

par chacun an au jour et cause comme dessus, vingt troys solz dix deniers parisis de cens admorliz xxiii* x'^ parisis.

Le princi|)al du colleige et Iwursiersde Harcourt fondé en ladictc Université de I*aris, sis en la rue de la Harpe, propriétaires de deux maisons esquelies souloit estre pour enseigne les Carneaulx et à l'autre les Croissants rouges, doibvent par chacun an à cause de leurdit fief 4 livres parisis de cens et fons de terre rachaptcz selon ledit du Roy nostre sire en la maison de la ville de Paris. . v' parisis.

Les principal et liourciers du colleige des Thésoriers Ibndé en l'L'niversité de Paris assiz en la rue de la Harpe, propriétaires d'une maison anciennement appelée Grangia Canu, applicquée à ledit colleige, doibvent par chacun an à cause que dessus . . xn"^ parisis.

Rue des Poirées.

Jehan Macé, liljrairo, demeurant en l'Université de Paris, propriétaire d'une maison assizc rue des Poyrées ou pend pour enseigne l'image Sainct-Sébastian, doibt par chacun an à cause et jour comme dessus II* vi'' parisis.

M'' Loys Berthelciiiy, jn-uprielaire d'une maison size en ladictc rue ou pend pour enseigne l'image Sainct-Anthoine. doibt au jour et cause comme dessus m'' parisis.

Les principal et paouvres escolliers de Montagu, fondé en l'Université de Paris, propriétaires d'une maison court et jardin siz en ladicte rue, doibvent au jour et cause comme dessus, xii"' parisis.

La veufve Piobert .Maurice proj)riétaire d'une maison size en ladicte rue ou pend pour enseigne l'image Sainct-Juhan, doibt au jour et cause comme dessus xii»" parisis.

La veufve Pierre Le Moynne et ses cohéritiers, héritiers de feu maistre Pierre Meresse, en son vivant bedeau delà Nation de France en l'Université de Paris, projiriétaires de deux maisons et places sizes en ladicte rue des Poirées, doibvent par chacun an au jour et cause comme dessus ii"* parisis.

La veufve et les héritiers de delfunct Philippes Prise, en son vivant marchant et bourgeois de Paris, propriétaire d'une maison et ses appartenances assize rue Sainct-Jacques ou pend pour enseigne le Lyon d'Or, doibt par chacun an, jour et causes comme dessus XII'' parisis.

Les prieurs et couvent des Jacobins de ceste ville de Paris, propriétaires d'aucunes maisons et places applicquées à leur couvent, de cens et indamnité doibvent à cause et jour que dessus, xix'' parisis.

hue des Sept Voyes.

Les principal et paoïivres escolliers de Montagu*iiropriétaircs d'une maison assize en ceste ville de Paris au mont Saincte-GenevieiVe, rue des Sept-Voyes à cause et jour que dessus . . , ini'' parisis.

Les principal et boursiers du colleige de Boncourt en l'Université de Paris, à cause de plusieurs maisons a})plicquées à leurdict colleige, doibvent pour cens et indanmitc au jour Sainct- Remy et Pasqucs, scavoir quarente ung solz unze deniers pour le terme de Sainct-Remy et xxxv solz parisis pour le terme de Pasques lxxxyi^ xu'' parisis.

Rue Cloppin.

M*" Pierre (îalland, pro]iri('taire d'une maison qui l'ut à M'' Pierre Pluyete, size rue Cloppin, qui lut à M'' P'rancoys Le Blanc, doibt audit jour Sainct-Remy à cause dudict fief xxv* parisis.

La veufve Pierre Anfroy, marcbant demeurant à Paris, ])ropriétairc d'une maison assize rue Cloj)|)in qui fut à M'' Francoys Le Blanc, doibt audict jour et cause susdicte xxxv'^ par. de cens, portant lotz, gandz, ventes, saisines quand le cas y escbet. . . . xxxv* parisis.

Noble bomme Monseigneur Mestrc Francoys de Saint-André, président en la court de Parlement ayant rente ou pension viagère et droict de loyer aulcunes maisons, doibt par chacun an aux causes comme dessus iii^ parisis.

A Nostre-Dame-des-Champs, près Saint-Jacques du Ilault-Pas.

Claude Piat, tuteur des enfl'ans de l'eu Marin Houcbart, pro])riétaire audit nom de la maison ou pend pour enseigne Saint-Honoré, assize es iaulbourgs Nostre-l)ame-des-Cbam|)S à l'opposiledc l'église Sainct- Jacques de l'Ilospital du Ilault-Pas, doibt au jour el causes susdicts \ii'' parisis.

Gilbert Lorillet, demeui'ant en une maison à luy appartenant assize audict lieu ou i)end pour enseigne la Corne de Cerf, au jour et causes susdits, doibt par chacun an ii^ vi'' parisis.

Claude Bouchier, marchant esguUetier propriétaire d'une maison assize audict lieu ou pend pour enseigne la Croix d'Or, au jour et pour les causes cy dessus contenues m^ ix"* parisis.

Denys Philippes, propriétaire d'une maison assize audit lieu à l'opposite Saint- Jacques du Hault-Pas, au jour et cause susdicts doibt })ar chacun an. ............. . in^ ix'" parisis.

l'IECE iN» 1. 251)

M*^ Guilleaume du Boys, procurour en la court de Parlement, propriétaire d'une maison encommencée à faire, assizc audit lieu ou pend pour enseigne la Porte dorée, doibt au jour et leste susdit iiis i\d parisis.

Ledit du 15oys, propriétaire de Iroys quartiers de terre en une pièce, par lui acquis de Guillaume Robert assis ausdicts faulx bourgs au lieu diot les Poteries aux causes et jour connue dessus 111'' parisis.

Lediet du Boys, propriétaire d'un quartier de terre assis au terrouer de Nostre-Dame-des-Champs au lieu dict des Poteries doibt j)ar cliacun an au jour et cause comme dessus . . . . i*" parisis.

Jeban Souin, propriétaire d'une maison assize audict lieu doibt par cliacun an au jour et causes comme dessus. . . . xn'' parisis.

Cens de.uh:^ au villa'uje de Yssy lez Paris à cause dudict fief des Rosiers.

Les héritiers de Guillaume Poireau à cause d'une maison et pressoir siz audict villaige de Yssy doibvenl par chacun an, jour et causes comme dessus vin'* parisis.

Nicolas Camus, laboureur d'Yssy, à cause d'une maison size audict Yssy doibt par chacun an au jour et causes (jue dessus... ii'' parisis.

Thibault (iuibdn, laboureur à cause de dcmy arpent de terre assiz au terrouer dudict Yssy au lieu d'ancienneté appelé la Fosse de Sorbonne, doibt par chacun au au jour et causes que dessus m'' parisis.

Françoys Dugay laboureur de Yssy pour ung arpent siz audict lieu doibt à cause que dessus par chacun an audict jour. . . vi'' parisis.

Richart Dalbèneau lieu dun nommé Machellard, pour ung arpent de terre audict terrouer et lieu dict la Fosse de Sorbonne, doibt audict jour xii'' parisis.

Les héritiers de Jehan Gimbon, pour ung arpent assis audict lieu, doibt par chacun an au jour que dessus xu'' parisis.

Les héritiers de Latoucho, pour ung arpent de terre, assis comme dessus, doibt par chacun an xii*^ parisis.

Noël Fleury, pour demy arpent assis audict lieu, doibt à cause que dessus vi*i parisis.

Sensuyvent les rentes tant foncières que aultres deues audict colleige, selon les rues esquelles les maisons sont assises, villes et villaiges qui ont esté délaissées tant du fondateur que des acquisitions faictes par le colleige.

Et premièrement :

En la rue de Sorhonne.

Pour quattre corps d'iiostelz en l'an 4510 baillez à longues années à Monseigneur M*^ Jehan Rogier et ung procureur au Parlement nommé Le Beau, lesquels maintenant à Monseigneur le Président Sainct André par chacun an xxvm' parisis.

Pour uneaultre maison en laquelle demeure Monseigneur M*^ Jehan Bourgeois advocat en la court de Parlement doibt de loyer par chacun an, quatre termes acoustumés à Paris, payé. . lxxh' parisis.

Pour une aultre maison size en ladicte rue édiliée de nouveau en laquelle demoure Monseigneur l'archidiacre d'Avranche par chacun an de loyer ini' parisis.

Une maison baillée en l'an loiO à longues années à Monseigneur Bouy, en laquelle de présent demeure Monseigneur Uichevillain, par chacun an au jour Suint-Uemy xvi' parisis.

Une aultre maison oultre le jardin de Sorbonne louée à Monseigneur M'^ Renault, curé de Sèvre, par chacun an à Pasques nii'''' xvi' parisis.

Pour une aultre maison en kicpiclle demoure Monseigneur le Président Dormy, par chacun an au jour de la Nativité Monseigneur Saint Jeiian Baptiste, de loyer ini""' parisis.

Pour une aultre maison en lacjuelle est demeurant Monseigneur M'' Anthoyne Bouchard, par chacun an à Pasques de loyer xLvui' parisis.

Pour une aullre luaison d ancienneté baillée à longues années à ung nonmié monseigneur Pot ou de présent demeure Monseigneur de Chabannier, par chacun an à Noël xvi' parisis.

Près la Porte Saint-Germain .

Sur une maison applicquée au colleigc de Bourgongne estant siz devant les logis de la court de Rouen, près l'enseigne de la Fleur de Lis xxnii* parisis.

Au Cloistre Saint-Benoist.

Sur une maison appartenant aux héritiers de l'eu Maistre Pierre Le Moyne ou pend pour enseigne la Pantoulle. . . . lx^ parisis.

Pour une maison size audit cloistre ou de présent est demeurant Monseigneur Maistre Pierre Boyvin, advocat en la court de Parlement, par chacun an de loyer cxn' parisis.

Pour une aultre assize audict cloistre en laquelle est demeu-

rant Monseigneur IlDuIier docteur en niodocine, j)i»r cluvcun an de loyer un"" xvi' parisis.

Rue Sainct- Jacques.

Sur une maison en laquelle est demeurant Jehan Truperet, tonnellier ou d'aneienneté estoit l'enseigne des Crochctz, par chacun an Lun^ vu'' parisis, laquelle rente a esté rachetée en la maison de la Ville selon l'Kdict du Koy nostre sire au denier quinze l\v* vu'' parisis.

Pour une maison en laquelle de présent est demeurant ung nonmié Françoys Payot apothicaire, en laquelle pend pour enseigne le Roy David, par chacun an aux (piatire termes de loyer accoustumez un"" un' parisis.

Pour une maison size en ladicte rue en laquelle est demeurant M'' Jehan du Pressouer, ou de présent pend lenseigne Saincte Barbe, au dessoubz l'église Monseigneur Sainct-Benoist par chacun an aux (juatre termes de loyer nu""' parisis.

Pour une aultre maison size en ladicte rue en laquelle est demeurant Jehan Moreau, marchant drappier, ou pend pour enseigne l'image S' Georges, par chacun an aux quatre termes de loyer lx' parisis.

Sur une maison en laquelle demeure la dame Charlotte Gaillard, veufve de feu Claude Chevallon, ou pend pour enseigne le Soleil d'Or, par chacun an au jour et Nativité Saint Jehan Baptiste xn' parisis.

(Ladicte vefve est décédée et le logis est de présent loué huict vingt livres tournois.)

Pour ungne aultre size en ladicte rue louée à Dame Ysabeau Gracia, ou pend pour enseigne le Soulïlet Verd par chacun an l' tournois.

Sur une maison apartenant à la veuve Jehan Landre ou pend pour enseigne l'Espée de Feu, un' un^ parisis qui ont esté rachaptez en la maison de la Ville selon l'Edict du Roy notre sire, et pour ce cv* parisis.

Sur deux maisons appartenantes à Maistre Symon de Costes, advocat demeurant à Sens, à cause de Catherine Meresse sa femme esquelles sont l'enseigne de la Roue de la Pie et l'aultre Saint Loys xx^ parisis.

De l'aultre costé de la rue près Saint Benoist sur une maison appartenante à Françoys Boucel apothicaire, ou pend pour enseigne l'image Nostre Dame lx^ parisis.

Rue des Poirées.

Sur la maison apartenant à Nicolas Melot ou pend pour enseigne l'Espée de Boys, par chacun an uu^ parisis.

Sur une aultre maison appartenant à la veuve Uoi)ert Maurice, ou pend pour enseigne l'image Monseigneur Sainct Julian, par chacun an de rente et ions de terre xv^ parisis.

Sur une petite grandie, jadis appelé masure de Brocandrin, apartenant à M. Symon de Costes, à cause de sa femme . . x* parisis.

Sur une maison et appartenances de laquelle M'' Loys Barthélémy, procureur en la court de Parlement, est pro})riétaire, en laquelle pend pour enseigne l'ymage sainct Anthoine, par chacun an doiht, de rente foncière et hail dhéritaige lxhii* parisis rachaptez selon l'Edict du Roy nostre sire au xu"" xv. Ideo. . . . lxxix^ parisis.

Sur une maison apartenant aux principal et pauvres de Montagu appelée d'ancienneté la maison Hartavet, doiht par chacun an de rente foncière et hail d'héritaige au jour Sainct Jehan Baptiste xi'* parisis.

Rue (les Maçons.

Sur une grandie anciennement appelée Grangia Canu applicquée au colleige des Trésoriers par chacun an an jour et festo Sainct Rémy de hail et fond de terre est deuh. . . . xx* parisis.

Plus est deul) pour iceulx à cause de ladicte grandie pour l'indanmilé par chacun an audict jour vi* parisis.

Rue (le In Harpe.

Sur une maison appelé d'ancienneté la maison des Carneaulx en laquelle de présent demeure monseigneur le proviseur du colleige de liarcourt, par chacun an doiht lxxijii* vi'' parisis rachaptez à la maison de la Ville selon l'ordonnance du Roy nostre sire au denier XV. Ideo pour les Lxxiin ^ vi*" parisis. . . . nii" vi^ parisis. Pour une maison assize en ladicte rue avecques les appartenances, louée à M*' Raoul Auvroux advocat en la court de Parlement, par chacun an aux quattre termes accoustumez à Paris

doiht iiii'"'^ parisis.

, Le colleige de Seez, assis en ladicte rue pour maison applicquée à leurdit colleige, doiht par chacun an, au jour et feste Sainct Jean- Baptiste xxiiii^ parisis.

Hue des Mathurins, anciennement appelée rue du Palais des Thermes.

Pour une maison louée à Gilles du Verger mouleur de boys, en laquelle pend pour enseigne l'Estoille Fauveau par cliaeun an doibt aux termes accoustumez xlxviiis parisis.

Sur une maison ou de présent demeure M" Jehan Charbonnier qui fut à Jehan Bonhomme son beau père, ou pend ])0ur enseigne la Cage d'or, doibt })ar chacun an vi' parisis.

Noble homme Monseigneur Vaillant, conseiller du lloy nostre sire en sa court de Parlement à cause d'une maison et apartenances qu'il tient desditz de Sorbonne à louage, doibt par chacun an, aux quattre termes acoustumez à Paris, size devant l'hostel de Cluny anciennement appelle le palais des Termes du Roy. . cvx' parisis.

Pour une maison louée à Guillaume Forlin sise en ladicle rue à l'opposite de l'église des Mathurins par chacun an aux quattre termes doibt lyi' parisis.

En la rue de la Parcheminerie, anciennement appelée rue des Escrivains.

Sur la maison de latjuelle est propriélaresse damoysellc Françoyse Brunon, est deub par chacun an au jour Saint Jelian Baptiste XX* parisis.

Les héritiers de Jacqueline de Mirly doibvent à cause d'une maison sise en ladite rue xxxi^ parisis.

Sur une maison de laquelle est propriétaire M'^ Robert de Costes et maistre Françoys Arnoul, size en ladite rue en laquelle pend pour enseigne l'Estoille, est deub par chacun an au jour et feste Saint Jehan Baptiste. . nii^ parisis.

Sur une maison appartenante à la vefve feu Monseigneur Baudesson advocat au Cliastellet de Paris, est deub par chacun an, au jour et feste Sainct Jehan Baptiste xl* parisis.

Sur une maison en ladicte rue apartenant à l'église et fabricque Sainct Severin ou pend l'escu de Bretaigne doibvent par an xlviiis parisis rachaptez en la maison de la Ville selon l'Edict du Roy nostre sire, au denier xv. Ideo xl* parisis.

Sur une maison appartenant au principal, boursiers et colleige de Forteret, fondé en l'Université de Paris, size en ladicte rue ou pend pour enseigne l'ymage Saincte Geneviefve par chacun an doibt audict colleige xx* parisis.

Sur une maison apartenant à Monseigneur Guibert advocat au

Parlement, anciennement appellée la masure deMenegent... xvi' p.

Sur la maison de Guillaume des Marctz ou de présent est un jeu

de Paulme, par chacun an ix= parisis.

En la petite Bretonnerie.

Sur la maison de Jehan Bruneau ou pend pour enseigne l'image de Nostre Dame cj parisis.

Plus sur les aultres maisons contigues l^ ])arisis.

Sur la maison de Jehan Bruneau ou pend pour enseigne l'image Nostre Dame c' parisis.

En la rue Saint-Hilaire.

Sur deux maisons qui appartiennent au ciiré Sainct llylaire lesquelles sont sizes à l'opposite de ladicte église, par chacun an est deuh au jour et feste Sainct Jehan Baptiste. . lvui^ vu"* parisis.

Rue des Carmes.

Sur une maison size en ladicte rue qui estoit a ung nommé Françoys Galle, en son vivant marchant de draps de soye, demeurant devant le Palais, par chacun an est deub au jour et feste Sainct Jehan Baptiste xxn^ ii** parisis.

Le principal, boursiers du colleige de Presle fondé en l'Université de Paris, doiht par chacun an au jour et feste de la Nativité Monseigneur Sainct Jehan Baptiste à cause de leurdict colleige XX* parisis.

Rue de Bièvre.

Sur deux maisons sizes en ladicte rue l'une appartenant à la vefve feu Monseigneur Tornehulle et l'aultre à Pierre Belle, m*^ charpentier ou pend pour enseigne l'image Sainct Joseph, par chacun an doibvent audict jour de feste Sainct Jehan Baptiste. . vin* parisis.

En la rue des Lavandières.

Sur une maison appartenant au principal et boursiers du colleige de la Marche conjoincte à ung aultre ou pend pour enseigne l'image Sainct Martin doiht xl^ parisis, rachaptez en la maison de la Ville selon lEdict du Roy au denier xv. Ideo l^ parisis.

Au Clos Bruneau.

Sur une maison anciennement appellee les oscolles d'AUemaigne apartenant à la nation de ladicte Allcmaigne, est dcub par chacun an au jour et feste Sainct Jehan Baptiste x^ parisis.

Sur une maison à icelle contigue apartenant à Michel Vascosan, libraire juré en l'Université de Paris, en laquelle pend {)Our enseigne les C\ seaulx d'Or, par chacun an au jour et teste Sainct Jehan Baptiste x'' parisis.

Rue Sainct Jehan de Beauvaîs.

Sur une aultre maison size en ladicte rue appartenant à Monseigneur Ihirand, advocat en la court, est deuh par chacim an xl'* parisis rachaptez en la maison de la Ville selon rKdicl du lioy. Ideo L* parisis.

M*-' Charles Estienne, docteur en médecine, propriétaire d'une maison size en la rue Sainct Jehan de Béarnais devant l'église ou pend pour enseigne le Soleil, ddiitt par chacun an au jour et feste Sahict Jehan Baptiste xliih^ vi^ parisis.

En la rue des Anglais.

Monss"" ^'au, procureur au Parlement, propriétaire d'une maison faisant le coing de la rue des Anglois et des * doibt par chacun an au jour et feste S' Jehan Baptiste xl^ parisis.

Au mont Saine te Geneviefve.

Messeigneurs du Chappitre de Notre Dame propriétaires d'une maison size devant le colleigc de la Marche, en laquelle pend pour enseigne l'image Sainct Loys, doibt par chacun an, jour Sainct Jehan Baptiste vni^ parisis.

Au près la porte Bordelle.

Les principal et boursiers de Boncourt à cause de leurdit colleige doibvent par chacun an de rente foncière à la feste Sainct Remy xii^ parisis.

A la rue Cloppin.

La veuve Ûffroy et Pierre Galland doibvent par chacun an au * Mot illisible dans le manuscrit.

jour et feste S* Reniy à cause de deux corps d'hostel assiz en ladicte rue viii^ parisis.

Rue des Sept-Voyes.

Le principal et pauvres de Montapu, propriétaires d'une maison anciennement appelée la maison Valloris, doibvent par cliacun an au jour et feste Sainct Jehan Baptiste de rente et font de terre xxvi^ parisis.

A Petit Vont.

Le sire Denys Barthélémy, propriétaire d'une maison size à Petit Pont, à laquelle souloit pendre pour enseigne la Chaire, doibt par chacun an au jour et feste de la Nativité Monseigneur Sainct Jehan Baptiste de font de terre la somme de . . . vu' parisis.

En Marchépalu.

Nicolas Laisnc, docteur en médecine, propriétaire d'une maison size en la cité de Paris au lieu dict Marchépalu. doiht par chacun an au jour et feste de la Nativité SaincI Jehan Baptiste de rente foncière v^ parisis.

En la Mortellerie.

Jehan Porchier, marchant et bourgeois de Paris propriétaire d'une maison size rue de la Mortellerie, en laquelle souloient estre les estuves aux femmes, doibt par chacun an . . . vi' parisis.

En ladicte rue les héritiers Bolans Leduc propriétaires d'une maison assise rue de la Mortellerie près le port au foin, par chacun an doibt de rente foncière au jour et feste S' Jehan Baptiste vi' parisis.

Monseigneur M" Jehan Duboys sur une pièce de vigne qu'il a aux faulx bourgs de Nostre Dame des Champs au lieu dict les Poteries, doibt par chacun an xvi^ parisis.

En la rue de la Tanniere.

Les héritiers de Harcelle doibvent par chacun an à cause d'une maison size en ladicte rue ou pend pour enseigne l'ymage Sainct Maurice audict colleige c* parisis.

Halles.

Sur une maison devant le pylori apartenant aux hoirs feu Michel Bonnis ou souloit pendre l'enseigne Sainct Miehel doihvent l' parisis.

Sur une maison appartenant à la communaulté des Quinze-Vingts de Paris ou pend pour enseigne l'image S' Christophle, par chacun an estoit deu dix sols six deniers |)arisis rachaptez en la maison de la Ville au denier quinze selon l'Ediet du Roy. Pour ce. . xxv^ \i^.

Guillaume Guilgan hourrelier demeurant près la Pointe S' Eustache devant le pont AUays, par chacun an sur une maison de laiiuelle il est propriétaire v^ parisis.

En la rue Michel le Conte.

Sur une maison de huiuelle Mathieu Thullier est propriétaire, laquelle auparavant estoit possesseur Pierre Dany, est deuh par chacun an xx' parisis.

Aux faulbourgs sainct Laurent.

Guillaume de Launay propriétaire de troys quartiers de mares siz aux marèz de Paris près une granche nommée la Grandie Battelière, près le pont dit de Mont Martre, doiht par chacun an xxtvi^ parisis.

Au villaige et terrouer de Torfou.

Ledict colleige a quarante quatre arpens de terre lahorahle lesquelz ont esté baillez ceste année à ung nommé Martin Bourbon à vingt septiers de bled mesure de Lardy, bled melois.

Au villaige de Lardy.

Une maison, court et jardin acquise par le colleige d'un nommé Jehan Benard, louée de présent à Charles Benard et Charles Baron avecque ung jardin d'avant ladicte maison par chacun an vu' nii* parisis.

Item derrière la maison dudict Lardy est ung cloz de vigne contenant quattre arpens ou environ estans tout en une pièce.

Item plus deux arpens au vignoble dudict Lardy. Au villaige de Jamville, paroisse d'Auvers près ledict Lardy.

Troy quartiers de mares.

Item ung petit pré appelle le pré de la Prévosté, audict Jamville XVIII arpens de terre baillez a Maysan,par chacun aii à xiiii sepliers de seigle.

Une petite maison couverte de chaulme size audict villaige, louée à Guibert Vincent, par chacun an i.vi* parisis.

Une aullre petite maison couverte de chaulme assize audict villaige de Jamville louée à Ji'han (Claude laboureur . . xLvni^ parisis.

A Solerre en Brye.

Item à Solerre ung petit fief et seigneurie en partie acquise à deux foys, l'une de noble homme Jehan de Ruisseaulx, escuyer et dame Blanche sa fenmie en l'an lo^O, le 29 d'apvril, et l'autre part acquise j)ar ledict colleige de noble damoyselle Marie Dinoy, vefve du feu procureur de Solerre en l'an lôôo, admorly par le Roy Philippe en l'an 1517. Ledict admortissement entériné en la chambre des Comptes à Paris signifié au bailly de Melleun le samedy douziesmc jour du moys 1571; permission de justice par le Roy Charles l'an mil quattre cens cin(pianle huicl, vaull de censive par chacun an ix' jiarisis.

La ferme audict Solerre est adcensée à Abel Le Grand, laboureur, demeurant audict lieu par chacun an à cinq muys troys sepliers bled tourment et ung septier de poix.

A Fontaine lecz Beigneulx.

Six arpens de vigne blanclie, ung arpent de terre planté en vigne de l'année passée délaissez par Monseigneur M* Ambroyse de Cambray par leez testamentaire lesdictz héritaïges chargez d'une basse messe tous les jours et quatlrc obitz aux (piattre temps de l'an.

Le collège de Cialvy, ainsy (pi'il se cotnporte, est adcensé par chacun an à M'' Guillaume Tunpuin par ciiacun an à. . ini^" xvi'.

Une petite chambre estant sur la porte de laruedeSorbonne, près les escolles par chacun an est louée audict Tunfuan. xxx^ parisis.

En la rue Sainct Jaccjucs une maison ou pend pour enseigne la Cage, doibt audict colleige par M'' Pierre Jacquin xxii' et à cause des debtes dudit Jacquin le colleige n'en reçoit aulcune chose pour le présent.

Vénérables et scientificques personnes, maistres Nicole Picquante, baichelier forme en la Faculté de théologie de l'Université de Paris, prieur du collège de Sorbone fondé en ladite Université, Raoul

Tabary, Michel Berlhélemy, Jolian Alpaiimc, Anthoinne de Moucliy, Florent Pannentier, Pierre Poiirenne, Noël Paillel, Jacques Le Fèvre, Pierre Vimicron, Jacques Cosson et Anthoinne Bouchier, docteurs rej,f('iis (>n ladite Faculté de théoloirie, tous conipai^^nons et boursiers dudit collc;.fe de Sorhone, faisans et representans pour le prcsent, comme ilz disoycnt, la plus grande et sainne partie des vénérables maislres prieur, com})aignons et boursiers d'iceluy eollège, deueineiit coni.Ti'f.H'z et assenddez en la petite salle dudit collège, en la(pi('ii(' ilz ont acoustunié de eulx coiigreger et assend)ler pour traiiter des besoingnes, négoces et alfaires dudit collôge, pour et ou nom de leurdit collège, ont faict et constitué, font et constituent leur procureur vénérable et scientificque jiersonne maistre Nicolas Malotausse, docteur régent en ladite Faculté de théologie et aussi conipaignon dudit collège, à ce |)résent : Au((uel seul et pour le tout ilz ont donné et donnent plein povoir, })uissance et mandement spécial de, pour et au nom d'eux bailler et présenter à messieurs les commissaires commis et ordonnés députez à la reformation de ladite Université de Paris, la déclaration du revenu et temporel d'iceluy collège, cy devant transcript, contenant ((uatorze rooles de papier escriptz, et icelle affu-nier estre véritable et contenir vérité. Sur lequel revenu neantmoyns et temporel il convient payer, débourser et prandre sur icelluy, pour les charges et fondacions dudit collège, la somme de seize cens livres tournois par chacun an, sans aulcunnement y comprendre l'extraordinaire. Et généralement promettans, obligeans audit nom.

Faict et passé audit collège de Sorbone, l'an mil Y« cinquante sept, le vendredy dixième jour du moys de décembre.

P. Barré, Crozon.

Archiv. nat., M. 74, n" 18,

PIÈCE X" 2 Formule du serment prêté par les Hôtes et les Associés.

Forma jurisjiirandi quod prrestare soient Socii et Hospites coram D. D. Priore et Sociis domus in sacello, quum in Societatis aut Hospitalitatis possessionem ponuntur, ex veteribus membranis descripta jiixta conclusionem factam in comitiis Assumptionis Beatx Mariœ Virginis Deiparœ, anno Doinini 1615, 14^ Augusti, priore M. Gabriel Saulieu.

Primo juratis quod pacem et IranquUUtalem inter socios communitalù nostrx Sorbonicre servabilis, nutrietisac fovehilis.

R. Juro.

Secundo juralis quod staluta et laudabiles nostrse communitatis con^ueludines dilioenter observabitis.

R. Juro.

Tertio juratis quod nulli cxtraneo communitaiis nostrse sécréta revelabitis.

R. Juro.

Quarto juratis quod omnes actus theologici vestri cursus in scholis collegii nostri absolvelis.

R. Juro.

Quinto juratis quod omnes libros collegii, seu bibliothecarum, seu aliorum locorum et quivcumque ejusdem societalis bona quam fidclissime xerrabitis, nec aliquem aut aliquos libroa nec aliquid bonorum, nec aliqua vel litteris vel alio modo existentia usquam locorum transferetis vel transferri sinetis.

R. Juro.

Sexto juratis quod non supplicabitis pro Bursis nec eas recipietis, si habueritis in reditibus temporalibus, vel in Ecclesia, vel extra Ecclesiain, supra quadraginta libellas Parisienses.

R. Juro. ^

Septimo juratis quod. adeplo Licenti.c vel Doctoratus gradu in Theologica Facultaie, Scripturas sacras legetis publicein scolis Sorbonicis, si provincia earuni legendarum vobis crédita fuerit.

R. Juro.

l'ilimo juratis vos non habere prœsentem animum commiqrandiin ullam aliam Societatem,seu congregalionem sivcularem, victu communi omnium sub unius pra'fecti regimine utentem. Quod si, recepti ad llospilalitatem seu ad Societatem hujus domus, animum mutaveritis ac de facto commigraveritis, ex nunc pro tune agnoscitis vos ju.rta slatutum hujus domus ipso facto onini èjusdem jure tam activa quam passivo esse pi'ivatos et juratis vos contra prsedictum statutum nihil vel aggressuros unquàm vel facturas.

R. Juro.

■ Archiv. iint., MM. 2G'J, f' 170. — Cf. MM. t>77, f' 1 et 2.

l'IECE N" 3. 271

Délibérations relatives à l'obligation de remplir les charges électives de la Société (1343 et 1397).

Anno Dominimillesimo tricentesimo quadragesimo tertio, Gaufvedo Bvitonelnlove roluli exislente , fuit mnta controvemia inter Magistros in Tlœologia connnorantes in domo de Sorhona ex nna parte, et onuies alios Socios tune pr:rsentes ex altéra ,s/?»jliter. Eo quod Magister Joannes de Asseneda, doctor in Theologia, tune proesens in domo renuehat officiuni parvœ procurationis exereere, asserens se non tenere ad id officiuni faciendum, ratione regentire vacalionunt tenipore exeumri: cui coadhxrehant Magister Joannes Ydrighin et Magister Jacobus de Padua doclores in Theologia, Sociis in confrariuni asserentibus quod stafutuni non eximit ah isto officio non occupatosin lectura pro majori parte procurationis, quod non contingit in vacationibus. Ilis auteni et multis aliis rationibus hinc inde replicatis, causaque ventilala eorani tola Facullate Tlieologiiv necnon corani melioribus et faniosioribus decretislis qui tune Parisiis habebanlur, Provisor noster, pro tempore Magister Petrus de Croso. doctor in Theologia Decamisque Parisiensis, prœinisit in scriptis sententiam in hune mndum signatani suo proprio signito. Ego, Petrus de Croso, Pruvisor domus de Sorbona, super controversia his diebus suborta inter Priorem etSocios prœfatœ domusex una parte et Magistrum Joannem de Asseneda magistrum in theologia ex altéra, ratione officii parr,T procurationis, auditis rationibus rerum pra'dictarum et altento tenore statuti, de bonoruni et peritorum consilio definitivani sententiam profero in hune modum. Primo, qu^ecumque per Priorem et Socios attentata, pendente negotio in manu mea, cassa, irrita et nulla fore pronuntio : secundo, quod, secundum tenorem statuti, non obstantihus rationibus in contrarium factis, pnefalus Magister Joannes Assenade tenetur per se vel per alium parvie procurationis officiuni exereere.

Anno Domini millesimo tricentesimo nonagesimo septimo, die tertio Octobris, Joanne Salomonis Canieracensis diocesis oriundo de Vcdenchiis in llnnnonia exislente Priore, fuit ordinatum et

statutum per reverendum in Christo Patrem Doininum Episcopum Sylvanectensem, nunc hujus collegii Provisorem, in capflla de viane omnibus Sociis ad hoc specialiter convocatis consentientibus et sua voce expresse dicentibus, ad vitandani difficultatem quœ pro nunc habebatur in acceptatione officii inacjnœ procurationis : quod si conlingat in futurum oliquem Sociorum Inijus domus, cujuscumque conditionis slalus aut gradus existât, adprœdiclum magnœ procurationis officium eligi, tenebitur illud acceptare, sub pœna perditionis bursarum suarum per unum annum.et hoc, si primain electionem refutaverit. Et si prxfatus pœnam subiens de nova sive secundo eligatur, perpétua et indispensabiliter bursis privelur. Si auteni non fuit bursarius, sed tantum Socius dotnus, tune pro refutntione prinve electionis privabitur Societate per annum ; si vero secundo electus iterum prxdictuni refutaverit officium, tune perpétua prxfata Societate privetur. Hoc de prœfalo statuto quod propria manu scripsit prœfatus Joannes coram PetroJ. Edne Pœnitentiario.

Original en parchemin d'un livre de difi'érentcs écritures fort anciennes relié et couvert en veau, in-4°, intitulé sur couverture Statuts de M° Robert avec les premières Conclusions et le calendrier de la Maison jusqu'en 1-412. Bibl. nat.. Msslat., 16574. — Cf. OrJo censurarum sacrœ Farultiilis ab anno lt31'2 ad nnnum 1060. Bibl, nat., Mss lat., 154Ô8, f" 95.

Délibération relative au droit de justice exercé par la Société sur ses membres (1357).

^'overint universi quod, anno 7nillesimo tricentesimo quinquagesimo septimo, mensis octobris die prima, Magistro Lamberto Bertrandi de Hanyionia latore rotuli sive Priore, ?ios frater loannes, Prior Sancti Martini de Campis prope Parisius, Helia de Corsone, Canonicus ac Pœnitenliarus Paris, Magistri in Théologia, vices gerentes Reverendissimi in Christo Patris ac Domini Pétri dirina providentia tiluli sancti Martini in 77iontibus presbyteri Cardinalis, Provisoris do7nus Magistrorum et Scholarium de Sorbona Paris, nec non omnes et singuli Magistri et Scholares doinus prcedict^v, attendentes quod laudabilis et longinqua consuetudo nimirum est ab illis quos tangit accep-

landa, ac ut jiiris ratio poscit imitanda et illa polissime laudanda est approbandaque, ne certis pœnis pro lemerariiA tranagressnribiis rohoranda, quœ in favorem pacis et tranquillitatis fuit olim in domo eadeni a viris magncc scientiœ, probilatis atque pnidentiie introducta, longinquisque temporibus ibidem observata, utvidelicet: « Nidlussociusdictœ domus alium seu alios ejusdem donins Socios pro qiiibuscumque injiiriis vel aliis ccmsis dictant donitim vel Societaleni tangenlibns alibi quant ad Societatem vel ad proviwrent seu ejus locuni tenentent appellet aut provocet, illo in eadent domo, dunt hoc agit, rémanente )); nos vero Joannea Prior, Helias de Corsone, omnesque et singidi magistri prcelibati ad hoc specialiter in capella diclx domus ad campanœ sonitum convocati, ac in nnum congregati, consuetudinem prxdictam tanquam bonam ac honestant, justam pacis et tranquillitatis et obcdientix conservatricrni, declaravimus, approhavimus, atque ralificavimus, quantum possumus, adjicientes qiiod si qnis secus fecerit, ex nunc pro tune a domo prœdicta sit alienus et exclusus, nequaquam ad eam, nisi lite finita de Provisoris beneplacito, regressurus; si quis vero dictse domus Socius aliquis contra dictant consuetudinem prœbere prœswnoserit, quod absit, aurilinm, consilium vel favorem, iisdem pœnis cum principali abusore volumus subjacere. Protestantes quod nullum intendimus nec volumus per hoc ordinariœ jurisdictioni vel cuiquant alteri prsejudicium generare, nec in ejus prsejudicium attentare. Actuin in capella domus de Sorbona Paris, anno et die quibus supi'a.

Ordo censurarum sacne Facultatis, déjà cit., f° 95 verso.

PIÈCE N° 5 Élection des Associés.

Formule de la notification de l'élection aux membres de la Société.

Provisor inclyti collegii Sorbonici Parisiis fundati dilectis nostris in Christo Priori cœterisque Sociis domus Sorbonicse salutem ac sinceram in Domino charitatem. Scientia, moribus ac vitx honestate aliisque probitatis ac virtutuni meritis dilecti nostri

magislri nec non in sacratissima Facultate theologiœ Baccalaurei conùderath, de quibus fide dignornm testimonio certiores facti sumusj eidem magistro concessimus et per prsesentes concedimus, quatenus possit ac valeat iiti et gaudere dicti collegii societate sine bursa. Quapropler vobis mandamus quatenua dictiim N. in prœfata domo sine bursa recipiatis et admittalis seu admitti faciatis jure cujuslibet salvo. Dation Parisiis sub sigillo nostro et signa secretarii 7iostri ordinard camerœ nostrx die iY. mense N. anno domini N.

llic praemitteiuli tituli honorifici domini Provisoris. Liber Conclusionum Prioris, Archiv. nat., MM. 269, f" \.

Formule de la mise en possession de l'associé élu

Ego..., Sorhonœ Prior, tester me posuisse in possessionem realem et actualeni Societatis Sorbonicse magistrum... poslquam soliluni pru'stitit juranientum.

Instruction sur le choix et la surveillance des clercs ou serviteurs (1293).

Anno Domini millesimo ducentesimo nonagesimo tercio, mense Junii, ad obviandum malo servicio famnlorum in domo, a quinque sociis ad hoc a tota Societate specialiler deputatis, extitil nnanimiter ordinatum quod, qnaler in anno, videlicet in septimana immédiate sequenti post festum Omnium S anctorum, et in septimana immédiate sequenti post Purificalionem beatœ Mariœ Virginis, et septimana sequenti post Quasimodo, et in septimana ante JSativitatem Sancti Johannis, fiet in domo, per socios, (jeneralis inquesta de famulis, si sint videlicet uUerius retinendi, vel magis expellendi, vel aliqualiter corrigendi. Fiet aulem inquesta prxdicta per quinque socios domus, videlicet per ebdomadarium sacerdotem et per clericum de capella et per lectorem in mensa et per prœpositum bursse, qualescunque contigerint

temporibus nominalis, et pcr quinlum tune elecium ac deputalum ex parte totius vel majoris pavtia Societalis. Ad faciemhim auteni pnedictam inquestam, a l'riore illius temporis monebuntiir in prineipio illius septimanse ita quod ad eos monendum tenebitur Prior sicut lenetur ad alla qux ad officium suuni pertinere noscuntur. Pnefati vero socii nominali, audita in communi monitione Pvioris, diclam inquestam, sub pœ.na unius bursœ diligente!' facere tenebuntur sub forma qu;e sequitur. Primo quod illi quinque nominati tenebuntur per juramentum quod in domo prxstiterunt vel prvestare debuerunt quod nullius amore vel odio moti, sed juxta depositiones sociorum, fideliter judicabunt. Similiter et quilibet socius per idem juramentum sit obligatus quod ipse fideliter deponet omnia quœcumque scit de aliquo famulo, sive inocculto, sive in manifesto, quœ sint contra honorem vel utilitatem Domiissive Societatis. Pnedicli autem quinque socii tenebuntur, tanquam secretum, depositiones sociorum, celare. Causas autem correctionis famulorum, quando sunt retinendi, poterunt parvis procuraloribus dicere, causas autem expulsionis eorum nulli debent revelare.

In facienda autem inquesta sic procèdent : primo, inquirent a quolibet socio an velit alicujus faniuli expulsionem. Postea inquirent ab eo de famulorum delictis seu forefactis, ita quod in expulsione voluntaria tenebuntur sequi deliberationem majoris partis Societatis. In delictis autem seu forefactis, debent judicare secundum depositiones duorum vel trium vel plurium de Societate, prout eis fuerit de alicujus famuli delicto sufficienter declaratum; et tune, juxta conscientias eorum, habita deliberatione provida, ad pacem et utilitatem Societalis, de alicujus famuli vel o)ani correctione, vel punitione, vel expulsione poterunt ordinare. Si vero duo, vel très, vel plures deposuerint super diversiscriminibus divisim, ita quod unus de unocrimine, alius de alio, quorum tamen quodlibet delictmn esset sufficiens ad expellendum vel puniendum aliquem famulum si sufficienter probaretur, tune, juxta conscientias eorum poterunt ordinare de illius famidi expulsione seu correctione ; executionem autem suœ ordinationis parvis procuraloribus mandabunt. Qui parvi procuratores auditam ordinationem infra octo dies tenebuntur executioni mandare et sibi de novis famulis, si oportuerit, providere priusquam veteres expellantur. Expellentur autem sine salario, si de gravi delicto fuerint reprehensi. Si vero per inquestam fuerint expellendi, pro eo solo quod Societati vel majori parti non placeant, tune dabitur eis proporcionaliter pro rata temporis, et procuratores parvi sub tali conditione

27G PIEŒS JrsnFICATDES.

recipere tenehuntur eosdem. Si autem in hujus execnlione prociiratores parfi négligentes fuerint vel remissi. tenehuntur ad pœnam $;uperius nominatam et nihilominus negotium devolveretur ilerum ad pra^diclos quinqne. Si vero aliquis: eorum ad quos super prœdicta pertinebit inquestam facere. mahierit forte pœnam praedictam incurrere, tel etiam si contigerit aliquem exlraneum in illis septimanis exercere aliquid de prœdictis officiis. tel aliquem ex légitima causa esse impeditum. tune accipietur ille qui succedere débet illi in eodem officio pro sepiimana sequenti. qui sub eadem pœna tenehitur ad faciendam inquestam, et sic consequenter donec aliquis habeatur qui tamen non sit in aliquo prœdictorum officio : ita quod unus, ratione diversorum officioi'um. nequaquam suppléât locum duorum sed semper sint quinque. Quilibet eliam pra^dictorum quinque tenebitur ea qua^ scit de famulis aliis quatuor sociis suis dicere. Quicquid autem a majori parle illorum quinque fueril ordinatum, roboris obtinebit firmitatem.

Biblioth. nat., fonds latin, Mss, 16574, f i.

PrÈCE >"" 7 La Biiliothèque en 1437.

Anno codent i 1437 -. prima die Âprilis. congregati fuerunt magistri in capella post missam supra statu Librariarum et propositum fuit per Priorem qualiter in parva Libraria erant libri in tantutn confusi quc>d nullus sciverat numerum nec qualitatem nec quidditatem librorum, et quod libri médicinales, judiciales, theologicales. logicales et de jure erant ita ad invicem mixti quod nullus scire poterat nec invenire libruni quem petebat. et quilibet ignorabat utrum liber quem alias habere vûluit reperietur in parva Librai'ia: propo>itum etiam fuit qualiter libri de una materia fuerant aliqui îiimis multiplkati, et collegium multis indiguit pro reparatiotiibus necessariis domorum, necessariis vero dumtatat ad inhabitandum. et quod apud collegium nuU^ fuerant pecuniœ. imo debebal Collegium antiquo procuratori summarn -48^ et ultra et reparaliones necessari^ domorum, Capellse et Scholarum taxalae fuerant ad summam mille francorum et amplius per jurâtes Régis. Dictum fuit quod forte erant in parva Libraria 5U Biblica, 40 Textus

Summarum : 1" Positum fuit in deliberatione, utrum expediret vendere aliqiios illonnn librorum superfluos pro dictis necessariis reparationibus faciendis et tune fuit : i° Concorditer deliberatum per tnagi^tros Capelhe quod omnes libri de parva Libraria e.ci.stentes de una materia ponerentur in una archa et in uno loco diiitincto ab aliis cum annotatione, quod in tali loco essent taies libri; '2" quod omnes libri sic distincti ponerentur in inventario de novo fiendo, quoniam hoc etiam requisiverat Dominus provisor; o' quod omnes libri magme Librariœ inventariarentur, quoniam inventarium magnœ Librariie inchoatum fuit, sed imperfectum et quidem et factum fuerat per Priorem dicti Collegii cum magnis laboribus qui fuit adjutus principaliler ab aliquibus hospitibus et sociis dicti Collegii. Et ita omnes libri parvce Librariie sunt positi in inventario et distincti per matériau, et locum, exceptis quibusdam libris cum cathenis pendentibus eristentibus in quadam archa quie solebat esse de Libraria parvœ Sorbome artistarum; positi etiam sunt omnes libri magme Librarise in inventario, et libri capellie, libri aulx et libri Prioris. Item deliberatum fuit quod expediet aliquos libros parvœ Librariie vendere superfluos et nimis niultiplicatos pro necessariis reparationibus faciendis. dummodo ad hoc interveniret concessus Doniini Provisoris. cui dicta conclusio fuit significata per Dominum Priorem, qui suum concessum dare distulit supra hoc. Sed prius petivit inventarium pâme Librariie et magme. quœ inventoria postea sibi per Priorem fuerunt apportata una cum inventario librorum capelUe. auke et Prioris. qui antequam daret supra his suum consensum. dixit se velle visitare dicta inventoria et quod ad hoc ut amplius actum erat.

1. Liber Priorum Sorbonœ, Biblioth. nal., fonds lalin. Mss. 16070, ^ 59.

Emplacement de la rue Coupe-Gueule.

EXTRAIT du factum introduit par les Prieur, Doctetir; et Bacheliers de la Maison et Société de Sorbonne, Appelans. Défendeiu's et Demandeurs. Contre Damoiselle Madelaine le Maistre de Ferrieres. et Dame Elisabeth le Maistre de Ferrieres, chanoinesse de Poncé, Intimées, Demanderesses et Défenderesses [1695 .

.... Les demandes desdites Damoiselle et Dame de Ferrieres sont uniquement fondées sur ce qu'elles prétendent que la ruelle

278 l'IÈCES JUSTIFICATIVES.

Couppe-Gueule regnoit du long de leur maison, autrefois appellée l'Hostel d'Harcourt, et le long du jardin en dépendant.

Premièrement elles ne rapportent point de preuve par écrit que cette ruelle fust à l'endroit où elles la veulent placer, ni qu'elle eust son entrée dans la rue des Matliurins, et sa sortie sur celle des Poirées; quoy que les maisons aboutissantes sur ledit espace (qu'elles qualitient de ruelle) leur appartiennent, elles ne rapportent aucun titre qui porte qu'aucune d'elles joignît ladite ruelle Couppe-Gueule.

En second lieu, il n'y a point d'enqueste, ni de preuve testimoniale qu'aucune personne ait passé, ni veu passer par ladite ruelle, ni qu'elle ait esté close par les autheurs desdits sieurs de Sorbonne.

En troisième lieu, les rapports des experts sur lesquels sont fondez les Arrests de 1507 et de 1550 ne sont pas des preuves suffisantes de la vérité de ce fait, parce que des raisonnemens et des avis d'experts qui disent qu'une cbose est possible ou qu'elle a esté, ne sont pas des preuves certaines qu'elle ait esté en effet, principalement quand il y a des preuves par écrit du contraire.

Les rapports des experts, outre les nullitez observées dans l'instance, sont uniquement fondés, ou sur de fausses conséquences, tirées de mauvais principes, ou sur des apparences, lesquelles, estant toujours trompeuses, ne peuvent jamais servir de preuves certaines à la vérité d'un fait. Quelques-uns de ces experts ont dit (ni'il falloit qu'il y eust eu une ruelle qui régnât du long de riloslel d'Harcourt, parce que, disent-ils, ledit Hostel a des veues directes et d'autres servitudes; mais c'est une mauvaise conséquence ; parce que dans ce temps, qui est beaucoup antérieur à la réforraation de la coutume, les servitudes s'acqueroient par la seule possession; et il n'y a pas lieu de s'étonner si le seigneur d'Harcourt, qui estoit lors si puissant qu'il maria sa fille au seigneur de Lorraine, s'estoit fait des servitudes, et se les estoit conservées sur un héritage qui appartenoit à de pauvres étudians. D'autres desdits experts, trompez par les apparences d'une espèce de ruelle, ont conclud qu'il y en avoit eu une, et c'est sur les avis de ces experts, ou sur la déclaration erronée de quelques desdits de Sorbonne peu sçavants des droits et des titres de leur Maison que lesdils Arrests de 1507 et de 1550 sont fondez, qu'on peut dire avoir plustost présupposé cette ruelle, que d'en avoir establi la vérité.

Aussi les circonstances qui resultoient de Testât des lieux, les titres reportez par lesdits sieurs de Sorbonne, dont la plupart n'ont point esté veus lors desdits Arrests, font voir que les experts

ont erré dans leurs avis, et que cette ruelle ne regnolt point du long des murailles dudit llostel d'Ilarcourt et jardin en dépendant.

1° L'entrée qu'ils veulent donner à ladite ruelle par la rue des Mathurins estoit bouchée de toute ancienneté par une maison qui appartenoit au nommé Adam Feret et y avoit été de tout temps, à laquelle aussi les Arrests n'ont point touché; cette place sur laquelle ladite maison est bastie n'a jamais appartenu auxdits sieurs de Sorbonne, elle estoit du domaine et dans la censive de la Ville, aussi bien que celle sur laquelle est basti l'Ilostel d'Ilarcourt : on ne peut donc pas dire qu'il y ait eu une ruelle publi(jue en cet endroit, ni que lesdits Sieurs se la soient appropriée, puisque l'entrée ne leur a jamais appartenu, et qu'elle estoit bouchée par une maison qui estoit bastie de tout temps immémorial.

2" Cette ruelle n'a point eu d'issue par le bout d'en haut, car les maisons scises en la riïe de Sorbonne joignoient immédiatement celles de la rue des Maçons, sans aucun espace intermédiaire. En l'année 1265, Saint Louis donna entre autres choses à Robert de Sorbonne une maison scise rue des Maçons; il n'est point dit qu'elle fut joignante à la ruelle de Couppe-Gueule : cette donation est faite à condition que Louis le Physicien qui demeuroit en icelle, en jouiroit sa vie durant. Et par un autre contract du mois de juillet 1277, Guillaume de Montmorancy, Proviseur de Sorbonne, délaissa à Louis le Physicien « quoddam spatium terrae contiguum domui prœdictse à dicta domo usque ad vicum qui vocatur ad Duas Portas », qui est la rue à présent dite de Sorbonne. Il s'ensuit donc par une conséquence nécessaire qu'il n'y avoit point de ruelle entre la rue des Maçons et celle de Sorbonne, puisque le Proviseur de Sorbonne cédoit à Louis le Phvsicien un espace de terre joignante sa maison scise rue des Maçons pour avoir une sortie parcelle de Sorbonne.

Par un autre contract du 10 octobre 1490, le sieur Du Breuil délaissa auxdits sieurs de Sorbonne un passage pour aller de ladite rue en celle des Maçons. Lesdits Sieurs rapportent encor des baux à vie des années 147Ô et suivantes de maisons scises au-dessus du jardin dudit Hostel d'Ilarcourt, qui sont dites avoir leurs entrées et issues ou en la rue des Maçons, ou en celle de Sorbonne, qui occupoient tout le terrain qui est entre lesdites deux riies, en sorte qu'on ne peut pas dire qu'il y ait eu de rue publique entre deux.

D'ailleurs tous les murs séparans le jardin de l'Hostel d'Ilarcourt des maisons appartenantes auxdits de Sorbonne ont esté chapperonnez des deux cotez; cela est porté précisément par le procès

verbal de Monsieur de Maulnoury. Il y a encor quelques restes qui sont chapperonnez des deux costez ; c'est une preuve résultante de la chose mesme que lesdits murs sont métoyens; car par la coustume un mur chapperonné des deux costez est réputé méto\cn s'il n'y a titre au contraire : lesdites Damoiselle et Dame de Ferrieres n'en ont aucun. Ainsi ces murs separans les héritages des parties, estans métoyens entre elles, il n'y avoit point de ruelle entre leurs héritages.

On convient bien que du temps de Saint LouTs il y avoit une rue appellée Couppe-Gueule, mais elle n'estoit pas où les Damoiselles et Dame de Ferrières la veulent placer. C'estoit la rue à présent appellée de Sorbonne, laquelle estoit des auparavant 1256. Et on ne peut pas justifier qu'auparavant 1258, elle eust un autre nom que celuy de Couppe-Gueule. Quand Saint Louis, par le contract du 8 février audit an, permit de fermer ladite rue, elle commença d'estre appellée la rue des Deux-Portes, comme il est justifié par plusieurs titres produits sous la cotte F. Quand la maison de Sorbonne fut bastie, elle cessa d'estre appellée riie des Deux-Portes, et fut appellée riie de Sorbonne ; comme il paroist par un litre de l'année 1279, dans lequel, en parlant des étudiants en ladite Maison, il est dit : o Scholares in theologia studentes, comniorantes inter Duas Portas in vico qui dicitur magistri de Sorbonœ ». Cette riie estant auparavant ces changemens avoit son nom, et on ne peut pas montrer qu'il fust autre que celui de Couppe- Gueule.

Le roi Saint Louis, par ses Lettres du 6 février 1256, donna à Robert de Sorbonne la Maison, qui fust auparavant à .lean d'Orléans; et il dit qu'il la donne « Ad opus Scholarium qui inibi moraturi sunt )) ; Et il est ajouté : « quœ domus cum stabulis sita sunt in vico de Couppe-Gueule ante palatmm Termarum ». Ces termes ne se peuvent appliquer qu'à la riie de Sorbonne; car il est dit que la maison donnée est scise dans la riie Couppe-Gueule, en laquelle les escoliers doivent faire leur demeure. Or ils l'ont tousjours faite en la riie de Sorbonne dans le mesme lieu où la Maison est à présent bastie. Il est dit que cette riie est devant le Palais des Termes. C'est la riie de Sorbonne qui aboutit devant l'Hostel de Clugny qui estoit le Palais des Termes. C'est donc la riie de Sorbonne qui estoit la riie Couppe-Gueule.

Le mesme. Saint Louis, par des Lettres du 12 février 1258 dont il a esté cy-devant parlé, donne au mesme Robert de Sorbonne (( omnes domos quas habebat in vico de Couppe-Gueule ante Palatium Termarum secundîim quod protenduntur à domo Guillelmi Pannetarii Joannis d'Harminville usque ad finem ejusdem vici, et

etiam quasdam domos sitas in fine alterius vici oppositi ». Ces maisons ainsi données sont celles qui sont à main droite en entrant dans la riie de Sorbonne, et les derrières desdites maisons données estoient situés dans la riie des Maçons, qui est celle opposée à la riie de Sorbonne. On ne présumera jamais, et il y a mesme une espèce d'impossibilité, que toutes ces maisons qui appartenoient au Roy pussent estre situées dans une ruelle de la qualité de celle pretendiie par Icsditcs Damoiselle et Dame de Ferrièro^. Par ce mesme titre de l'iSN, Saint Louis donne audit Robert de Sorbonne la permission de clore lesdiles deux rues de Sorbonne et des Maçons. Ce qui a esté cy-dessus expliqué justifie que cette permission ne se peut appliquer qu'à ces deux rues. Mais ce qui s'est passé dans la suite, et qui est la véritable interprétation du titre, le justifie encore bien clairement; la riie de Sorbonne a esté fermée par les deux bouts, et elle l'est encore à présent ; celle des Maçons l'a esté pareillement : il reste des vestiges évidens de cette vérité, la baye de la porte et toutes les feuillures s'y voyent encor du costé de la riie des Matliurins : ainsi cette permission de fermer lesdites deux riies enfermant les maisons données ne se peut jamais entendre de la prétendue ruelle desdites Damoiselle et Dame de Ferrières, qui ne pouvoit avoir ni d'entrée ni d'issue, mais seulement de la riie de Sorbonne lors appellée Couppe-Gueule, et de celle des Maçons qui estoit la rue opposée, et qui enfermoient en effet toutes les maisons données par Saint Louis à Robert de Sorbonne.

Lesdils Sieurs ont encore produit un contract de 1261 passé peu de temps après les donations faites par Saint Louis, par lequel un Evesque d'Angers vend à Robert de Sorbonne une maison qui est dite avoir son entrée principale par le cloistre Saint-Renoist, et aboutir par derrière à la riie Couppe-Gueule. Il y a encor quelques titres postérieurs qui portent que cette maison et les voisines d'icelle aboutissent à la riie de Sorbonne : ainsi c'estoit la riie de Sorbonne qui estoit la véritable riie Couppe-Gueule, et non point cet espace de terre que lesdites Damoiselle et Dame qualifient riie Couppe-Gueule, puisque la riie de Sorbonne est entre le cloistre Saint-Renoist et ledit prétendu espace de terre....

Biblioth. nat., F/5, 576, pièce n" 15850. — Voir, pour le procèsverbal des experts du 15 février 1510 et pour le jugement du 23 décembre 1672, Archiv. nat., S. 6214., n° 6.

Mémoire des maisons et places que doibt payer Monseigneur le Cardinal suivant les arrests du Conseil des 10 avril et 14 may 1642; prisées et rapportz des experts.

Collège de Reims, paye.

Retranchement du jardin dcjjpendant dune maison size rue des Poirées appartenant au collège de Reims consistant en huict toises quatre piedz de long sur six toises cinq piedz de large suivant le plan qui en a esté lait, le tout réduit et montant à cinquante neuf toises huict pieds de superticie; prisée vi"^ tournois.

Les sieurs Coustiirier, paye.

Retranchement du jardin deppendant d'une maison size rue St- Jacques ou est pour enseigne la Rose Rlanciie, appartenant aux sieurs Couturier père et fils et consors, consistant en six toises demy pied de longueur sur quatre toises deux pieds et demy de large, suivant le plan qui en a esté fait, le tout montant vingt six toises et demy treize pieds un ({uart de terre en su[ierficie; prisée, ii'" tournois.

Jean Chavas, payé.

La totalité d'une maison size rue des Poirées ou est pour enseigne l'image St Jullien appartenant à Jean Chavas, prisée à la charge du cens seullement ix™ ii"" l tournois.

Collège de Monlagu.

La totalité d'une maison jardin et lieux en deppendant size rue des Poirées appartenant au collège de Montagu, prisée à la charge du cens seullement vn"^ tournois.

Simon Fonhert et consors, oppositions.

La totalité d'une maison size rue des Poirées appartenant aux sieur Simon Foubert de la Court et consors, prisée à la charge du cens seullement x" tournois.

Sietn' de Bellesine, payé.

La totalité d'une maison size rue des Poirées appartenant au sieur de BcUcsine, prisée à la charge du cens seullcment . . . viii"' c tournois.

Collège de Cluny, payé.

La totalité d'une maison size rue des Cordiers appartenant au collège de Cluny, prisée vi™ tournois.

M. Foucault.

LaMaison dus'Foucaultacheptéequinzcmillivrcs... W" tournois

Sieur de Lessy et coyisors, payé.

Retranchement d'uiu' maison size rue des Cordiers ou est pour enseigne le Nom de Jésus, appartenant par indivis au sieur de Lessy et à M*' Jean Thibault prebtre de la Mission concistant suivant le plan qui en a esté fait en quatre toises et demye de lace sur trois toises et demye de profondeur qui est toutte la proibndeur de ladite maison, le tout réduict et montant à quinze toises trois quarts, prisé à la charge du cens seullement pour portion. . . un'" tournois.

M. Le Tellier et consors, payé.

La totalité d'une maison size rue des Cordiers appartenant à Monsieur Le Tellier M*^ des requestes et consors, prisée. . . xii"" tournois.

Sieiir de Roussille.

La totalité d'une maison size rue des Mathurins, appartenant au s''de Roussille, prisée à la chargedu cens seullement. . . xvni™ tournois.

Sieur Picart, payé.

La totalité d'une maison size rue des Mathurins, consistante en deux louages appartenantes aux enfonts de Monsieur Lepicart advocat du Roy au Chastelet, prisée xvin™ tournois.

Dame de Montagu.

La totalité d'une maison size rue des Maçons appartenant à Madame de Montagu, prisée xn" tournois.

Sieur Dorgeval et consors.

La totalité d'une maison appartenant à Monsieur Dorgeval M* des requestes et à Monsieur le Marquis de la Luzerne, son beau frère, size rue des Mathurins, prisée sans y comprendre le desdonimagenient à faire au seigneur censier ii"" v'= tournois.

Collège des Dix Huict.

La totalité d'une maison du collège des Dix Huict, jardin et lieux en deppendant, prisée xl"" tournois.

Sieur de Ferrières.

La totalité d'une maison divisée en trois logemens séparés, size rues des Mathurins et des Maçons, appartenant au sieur de Ferrières, cl lieux en deppendant, prisée lviii™ tournois.

Somme totalle n*= xii" viii*^ l tournois. Archiv. nat., S. G212.

Marché passé par Richelieu pour la construction

de la Sorbonne.

(30 juillet 1626.)

Expédition en papier d'un devis de marché passé devant Guevreau, notaire, fait par Jean Antissier, juré du Roy, es œuvres de massonnerie, avec le sieur Picore de Sainctot, ayant charge de M. le Cardinal de Richelieu, par lequel il a été remontré que, sur ce que Monsieur le Cardinal avoit reconnu les périls imminents, vieillesse et caducité qui menaçoient de ruine l'ancien collège de Sorbonne et désirant par luy libéralement pourvoir à une œuvre si nécessaire au public et pour cet effet faire construire et édiffier à neuf ledit collège pour n'en laisser descheoir la mémoire, mais au contraire la conserver à la postérité, il avoit fait faire plusieurs desseins sur lesquels ledit devis avoit esté rédigé, pour lequel effectuer ledit Antissier s'est obligé de faire tous les ouvrages de massonnerie qu'il convenoit pour l'eddification du total du collège de Sorbone consistant en six grands corps de logis de 14 à 15

toises de long, de 22 pieds dans œuvre, chacun et chacun desdits six corps de logis de trois étages carres compris celui du rez-dechaussée et greniers, deux pavillons entre les six cor[)s de logis de quatre étages de haut.

Une grande salle de disputes de 15 toises de long et de 20 toises de large avec la librairie au-dessus et greniers.

Caves au-dessous.

Huit escaliers.

Fosses communes.

Le revestement du devant de la grande chapelle sur rue.

Une grande chapelle à côté de la chapelle collégiale.

Deux puits.

A l'effet de quoy ledit Anlissier seroit tenu de faire démolir et abatre de fond en comble les vieux bâtiments qu'il convicndroit pour la perfection des ouvrages contenus audit devis dont les démolitions luy appartiendroient.

Le tout à raison de 12 francs la toise dont le prix seroit payé par ledit sieur Cardinal.

Archiv. nat., Mss, M. 279, f' 158.

PIÈCE N° a La fondation de la première pierre.

Coppie du procès-verbal de la première pierre fondamentale de la grande salle de la Maison de Sorbonne, posée par M. l'archevêque de Rouen pour Monseigneur le Cai'dinal de Richelieu.

18 mars 1627.

Universis et singidis présentes litteras inspectiiris Franciscus de Harlaij, miseratione divina archiepiscopus Rothoviayensis, Nor77ianice Primus, salutem in Domino. Notuni facimus qiiod nos, die data prœsentium, rogati per Illiistrissimurn et Reverendissimum D. D. Joanneni Armanduni sanctœ Romame Ecclesiœ Preshyterum, Cardinalem de Richelieu, nunc dictum coUegii Sorbonici Parisius fundati Provisorem, ex hospitio Luthareno, site Parisius in vico régis Sicilice, hospitio solitse nostrœ resideniue Parisius, agentes, in prxdictum collegium Sorbonicum nos contulimus uti ipsius illustrissimi et Rêver endissimiD.D. Cardinalis, Provisoi'is, personani représentantes ejusque nomine et pro eo primuni lapidein posuimus et collocavimus niagnœ novse

Aulx et novarimi sedium ipsiusmet collegii Sorbonici, cui primo lapidi inserta est tabula œnea contmens elogium sub his sequentibus verbis :

Deo Oplimo Maximo Mlernœ Memorix

lllustrissimi Joannis Armandi de Richelieu S. R. E. Cardinalis, collegii Sorbonici Provisoris, ob œdes ipsius collegii vetustate collabantes ab eo non tani instauratas quam novas extructas, adauctas, exornatas,

Socii Sorbonici Gratitud. Signo.

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