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Comment les ours péchent-ils les saumons

ATELODUS BICORNIS

Le plus commun des rhinocéros africains. Les rhinocéros asiatiques n’ont qu’une corne, aussi leur nom scientifique est-il Rhinoceros unicornis ; ce sont eux dont la peau pend amplement en plis et plaques, 4 l’encontre de Vespéce africaine, qui porte une robe plus seyante.

Lr Monstre Au NEZ CORNU

Saluons le rhinocéros comme une vieille connaissance ! S’il ne fait plus partie de notre faune, il fut, avec Je mammouth, le compagnon de nos ancétres préhistoriques, qui en dessinérent la silhouette sur les parois de leurs cavernes. 5

L’espéce qwils connurent ne différait des rhinocéros modernes que par l’épaisse toison qui la protégeait contre le froid intense qui sévissait alors en France: d’oti le nom de rhinocéros laineux dont on la désigne.

Le genre comprend actuellement plusieurs espéces, 10 répandues en Afrique, en Asie et dans les Tles de la Sonde. Renongant a les décrire, je me contenterai de les partager

ici en deux groupes: les rhinocéros wnicornes, dont la peau est renforcée par des plaques faisant office de boucliers, et les rhinocéros bicornes, qui, armés de deux cornes, sont dépourvus de boucliers.

s La taille varie d’une espéce a l’autre, mais atteint son maximum chez une espéce africaine, vulgairement connue sous le nom de rhinocéros blanc. Un explorateur, le Docteur Lang, a rapporté du Congo les dépouilles d’un de ces monstres qui mesurait 4 m. 69 de longueur! Les autres

roespeéces ne dépassent jamais quatre metres — ce qui est déja une mesure impressionnante !

C’est chez cette méme espéce que l’on a trouvé les cornes les plus longues. Une défense rapportée par le Docteur Lang mesurerm. 55. Un véritable glaive que cet animal

t5 portait sur son museau !

Le nom donné a cette espéce me permettra de montrer comment des erreurs grossiéres peuvent se glisser dans des ouvrages scientifiques.

Ces colosses, qui étaient jadis fort nombreux dans la

20 Colonie du Cap de Bonne-Espérance, ont l’habitude de se vautrer dans des bains de boue; et ils en sortent avec une couche de matiére qui séche bientdét sous l’ardent soleil africain.

Les premiers rhinocéros que rencontrérent les explora-

25teurs de |’Afrique Australe s’étaient trempés dans une boue argileuse, qui, en séchant, les avait recouverts d’une pellicule blanchatre, que le soleil faisait reluire. I] n’en fallut pas plus pour leur valoir ce nom de rhinocéros blancs ! En réalité, ils ont la méme coloration que les autres espéces :

30 soit un gris plus ou moins foncé.

Comme les mceurs changent fort peu d’une espéce a Vautre, nous leur consacrerons une description générale, en notant, tout d’abord, que la force colossale de ces mammiféres, leur armement offensif (les cornes) et leur

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armement défensif (un cuir épais de cing centimétres) font quils n’ont point d’ennemis a redouter, hormis l’homme.

Des explorateurs doués d’une vive imagination ont raconté des duels acharnés entre éléphants et rhinocéros ; mais ce ne sont la que récits fantaisistes. Dans cet ordre s didées, on ne peut mentionner que des combats factices, quand, par exemple, un rajah de Malaisie s’amuse a mettre en présence, dans l’aréne de son palais, un éléphant plus ou moins apprivoisé et un rhinocéros plus ou moins farouche. En régle générale, de telles rencontres se terminent par to match nul, les adversaires refusant d’en venir aux coups!

Les rhinocéros ne sont pas des créatures sociables. Is vivent en solitaires, ou par couples, et ce n’est qu’exceptionnellement que l’on verra ensemble le pére, la mére et leur petit. Cependant, l’espéce blanche aime a former des 15 bandes de cing a dix individus, qui, d’aprés le Docteur Lang, ne se querellent jamais entre eux, alors que, chez Vautre espéce africaine, les males se livrent fréquemment des combats furieux.

Parlant toujours d’une facgon générale, nous dirons que le 20 rhinocéros se tient éloigné des lieux habités par l’>homme, a Vencontre de l’éléphant, qui ne se géne pas pour venir piller en plein jour les plantations avoisinant les villages de VAfrique Centrale. Mais, s’il a peu de penchants pour ce genre d’excursion, s'il appréhende tout contact avec l’es- 25 pece humaine, il sait, au besoin, lui prouver qu’il n’a pas peur d’elle.

Sur ce chapitre, je n’aurai que l’embarras du choix parmi d’innombrables anecdotes d’une authenticité incontestable, qui montreront du méme coup la force prodigieuse de ces 3° monstres, leur courage — et leur stupidité !

Il ya quelques années, un fermier du Transvaal émigrait avec sa famille 4 la recherche de terres nouvelles. Selon la coutume des Boérs, il voyageait avec un énorme chariot

que trainaient huit paires de boeufs. Soudain, un rhinocéros surgit des hautes herbes, et, sans qu’un coup de fusil ’etiit provoqué, se précipitait sur le pesant véhicule, quilrenversa. I] avait déja percé de sa corne deux beeufs

sinfortunés, quand le courageux fermier lui logea a bout portant dans l’oreille une balle qui le foudroya.

Un train de la ligne de l’Ouganda dérailla, en t909, du fait d’un rhinocéros. C’était la nuit. Un choc formidable alarma tout 4 coup le mécanicien et le chauffeur, et, presque

ro aussitdt, la locomotive quitta les rails. A la lueur de leurs fanaux, les deux hommes et les voyageurs purent aisément reconstituer l’attentat !

A la vue du train et de ses lanternes, un rhinocéros s’était senti gravement provoqué. Et, se précipitant sur la

rsmachine en un galop furibond, il avait heurté de biais Vavant, défongant une plaque de tole qui, se rabattant sous une roue, avait causé le déraillement. A deux ou trois métres de la voie, la stupide créature gisait, assommée ! Si pesants qu’ils soient, les colosses font preuve d’agilité, 2oquand leur fureur est en jeu. Ils peuvent alors galoper aussi rapidement qu’un cheval sur une distance de trois a quatre cents métres. Le chasseur doit toujours songer a cette faculté de vitesse, et c’est pour Vavoir oubliée que les os de nombreux Européens blanchissent sous le soleil 25 d’Afrique.

Car cen’est pas une entreprise anodine que de s’attaquer a ces géants, méme en s’aidant de ces fusils perfectionnés qui lancent des balles explosives 4 pointe d’acier. Le coup peut rater; le projectile peut frapper une partie on

3ovitale. Avant d’avoir pu recharger, le chasseur est soulevé de terre par un coup de corne qui le lance a dix ou quinze metres en lair.

Heureusement, si les rhinocéros ont l’odorat trés fin, ce qui leur permet d’enregistrer de loin les senteurs humaines,

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ils ont des yeux de myope, et ne voient plus, 4 une distance de vingt 4 trente pas, que de vagues silhouettes. Un homme poursuivi peut échapper a4 la mort en se tenant immobile, couché dans Vherbe.

Le monstre galopera dans sa direction, et, neuf fois sur 5 dix, il se précipitera sur un tronc d’arbre éloigné, quwil prendra pour le fuyard! Etourdi par le choc, il battra en retraite au petit trot, mais a condition que le vent ne souffle pas de son cété en lui apportant Vodeur de son ennemi. I

Une anecdote trés curieuse est contée par M. Herbert Lang. Il dormait du sommeil du juste une nuit, quand il fut réveillé en sursaut par un rhinocéros qui bousculait sa tente! Le camp venait d’étre envahi par une bande de rhinocéros « blancs,» et, pris de panique, tous les porteurs r s’étaient enfuis.

L’explorateur comprit la gravité de sa situation: si les pesants visiteurs étaient mis en émoi par un coup de fusil, il courait le risque d’étre piétiné et mis en bouillie! Il résolut donc de s’armer de patience, de faire le mort, et d’attendre le retour de la lumiére ou le départ des envahisseurs.

Pendant dix ou quinze minutes, il les entendit aller et venir dans le camp, reniflant bruyamment sur les objets épars, poursuivant méticuleusement leur tournée d’inspection. Soudain, un fracas de vaisselle heurtée retentit dans la nuit: un des animaux venait de bousculer une planche posée sur deux poteaux, et qui supportait des tasses et des écuelles. A ce bruit insolite, les rhinocéros furent a leur

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tour pris de panique, et se disperserent — sans passer sur 30

la tente ot Vexplorateur n’espérait pas un départ aussi précipité !

On a peine a croire que des indigénes aient le courage de s’attaquer a d’aussi redoutables animaux sans s’aider

d’armes a feu. Cependant, voici le récit dramatique que nous emprunterons encore au Docteur Lang:

Un chasseur de la tribu des Azandés (Congo), nommé Balla, accompagnait le savant dans la brousse, quand un

s €norme mile surgit des hautes herbes. La direction de sa course était une menace de mort pour le blanc comme pour le négre. Prompt comme l’éclair, Balla brandit sa sagaie et la langa avec une telle force qu’elle transperca la peau, brisa une céte, et la dépassa de quinze centimétres, en

roatteignant le poumon !

Le sang jaillit des naseaux du monstre, qui s’en fut mourir a quelques centaines de pas. Epuisé par Veffort qu’il venait de fournir, Balla s’était évanoui. Quand il reprit ses sens, son premier mot fut pour réclamer sa sagaie.

15 C’était le vingt-neuvieme rhinocéros qu’elle avait transpercé!

QUESTIONS

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