‹ Nos amis les canadiensChapitre 42 sur 109 · LU PRÉFACE · texte numérisé non relu

LU PRÉFACE

voyages qui rendront plus pl'oches les deux Frances, seront le meilleur encouragement à la colonisation.

Tel est ce livre écrit avec une probité scrupuleuse, avec un patriotisme ardent. J'en ai reproduit les opinions sans les discuter. Je ne vois pas d'un œil aussi noir que lui l'Amérique et je suis toujours sous le charme des Canadiens. Mais si je formulais quelques réserves, M. Louis Arnould aurait le droit d'opposer les deux années durant lesquelles il a habité ce pays aux deux mois durant lesquels je l'ai traversé. Il m'imposerait peut-être, avant de me permettre un avis, le délai qu'il s'est imposé lui-même avant de parler. Et s'il m'eût fallu attendre deux ans la licence de le contredire, elle eût retardé trop mon plaisir de le féliciter. Les Canadiens qui seraient moins satisfaits de lui et estimeraient rigoureuses quelques-unes de ses appréciations sur eux, seront bons juges s'ils reconnaissent dans cette rudesse non pas un défaut de son cœur, mais une marque de sa profession et un caractère de son talent. Professeur, il les a traités comme des élèves préférés. Plus le maître espère d'eux, plus il leur est rude, et jusque dans sa rudesse, son affection transparaît. Cette sévérité est instinctive chez M. Louis Arnould, parce que sa conscience place

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très haut tous les devoirs et leur perfection : s'il voit ceux qu'il juge, surtout quand il les aime, s'attarder un peu au-dessous de ces sommets, sa justice s'aggrave d'une déception qui pèse sur la sentence. Tl n'est pas des peintres qui emploient surtout le rose et dont les ombres même sont flatteuses : chez lui, elles sont énergiques, mais les lumières en deviennent plus vivantes, et toute l'œuvre plus utile. Car les éloges même mérités ne nous servent qu'à nous plaire, et des critiques, fussent-elles excessives, nous pouvons toujours tirer profit.

Etienne Lamy.

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