‹ Nos amis les canadiensChapitre 41 sur 109 · PRÉFACE LI · texte numérisé non relu

PRÉFACE LI

par du travail et se sentent ce courage, mais pas où ce changement leur semblerait une déchéance. Ces colons-là apporteront au Canada la richesse dont il a le plus besoin, car le cultivateur français est le premier du monde. Précisément à cause de cela, il est grave de priver de lui la France où la terre natale n'a plus assez de travailleurs, aussi M. Arnould ne les pousset-il pas à la déserter. A ceux qui sont résolus à partir, il désigne la terre la plus française après la France. Il la désigne avec cet espoir que de cette terre ils recevront, avec ses fruits, ses conseils, qu'elle leur apprendra l'importance des familles nombreuses et leur rendra la riche fécondité de la race. D'ailleurs il ne les trompe pas sur la longueur du bail qu'ils font avec cette nouvelle vie. Qu'ils ne croient pas le signer pour quelques années et revenir bientôt en France, après fortune faite. Leur domaine leur assurera une large existence, mais, dans un pays qui surabonde de terres et où le sol s'offre pour rien, il n'y a pas encore chance de vendre. Il leur faudra, plantes humaines, prendre racine dans ce sol nourricier. Mais de ces plantes naîtront des fleurs qu'on pourra cueillir et envoyer en France. Les enfants iront revoir la patrie de leurs pères, les pères euxmêmes y retourneront quelquefois, et ces

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