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Les .autres genres. — Le théâtre, le roman et l'histoire

4. La presse kt les saloxs. — Ce qui manque aux littérateurs canadieus.

Plan du 1"" Cours professé dans l'Enseignement supérieur français sur l.a poésie canadienne.

Il n'est pas rare de voir des gens se demander s'il est une littérature canadienne, et de rencontrer des Français, voire des Canadiens, qui doutent de son existence. Un peu plus, d'aucuns, parmi nos compatriotes, interrogeraient le Canada français :

— Mais qu'avez-vous donc fait depuis cent cinquante ans que nous vous avons abandonné ?

— J'ai vécu, vous répondrait-il ; et, qui plus est, à force de lutter, j'ai vécu libre, et, entre temps, j'ai multiplié partrente-cinq ma mise d'enfants, qui de 60.000 sont devenus 2 millions. C'est quelque chose. Quant à la littérature, ce luxe de 1 esprit, je m'j' essaye de mon mieux, mais d'abord vous voudrez

bien convenir que l'élite de 2 millions d'individus ne peut prétendre égaler celle de 40 millions. Et puis, croj'ez-vous donc que ce soit chose facile d'écrire en français, quand on vient trop tard, dans une France trop vieille, c'est-à-dire après vos trois siècles de chefs-d'œuvre ? Quoi que fassent mes écrivains, vos critiques sont toujours à clamer : « Pas mal, mais c'est du Malherbe, ou du J.-B. Rousseau ! — Honnête, mais cela sent son Victor Hugo ! » et ainsi de suite. Nous semblons toujours condamnés, en refaisant nos étapes à notre tour, à avoir l'air d'imiter quelqu'un des vôtres. D'ailleurs, il n'en manque pas chez vous pour affirmer que, venant à surgir dans votre flot littéraire actuel, le Misanthrope, les Pensées de Pascal ou Bérénice émergeraient beaucoup moins aisémentqu'ils n'ont fait jadis. Et puis, mes enfants raffolent (ce n'est pas trop dire) de votre littérature, et alors, pour le public, quelle incessante comparaison dangereuse ! Et le moyen pour eux de briller à côté des Bourget, Bazin, Rod, des Sully-Prudhomme, Hérédia ou Rostand ? En dépit de toutes ces difficultés, nous ne désespérons point, et ceux d'entre nous qui, échappant aux business, disposent d'un peu de temps (ils ne sont pas nombreux), se livrent avec courage à l'œuvre littéraire.

Jetons-y donc un coup d'œil, un simple coup d'œil, il ne s'agit point encore d'un tableau méthodique et complet : àsupposer que l'on en fût capable,

il ne pourrait qu'être fastidieux en aussi peu de pages, j'aimerais mieux renvoyer au Catalogue annoté de bibliographie canadienne, qui a été publié naguère par une grande librairie de Montréal', ou mieux aux deux volumes de récentes Etudes de littérature canadienne- française, dus à M. Charles ab der Halden : nous pourrions discuter certains de sesjugements, mais il est le premier à avoir sérieusement fait du jour sur cette matière -. L'on voudra bien se contenter ici d'une simple flânerie sans prétention parmi les œuvres et les genres, menée par quelqu'un qui aime le Canada et qui, pour cela, ne veutpointle surfaire. Il s'excuse d'avance des injustices qu'il pourra commettre par omission, étant loin des bibliothèques canadiennes et n'aj'ant réussi à trouver nulle part certaines œuvres capitales, même à la Bibliothèque nationale de Paris : c'est ce qui prouve, d'ailleurs, l'utilité de pareilles causeries, qui peuvent aider à vulgariser petit à petit en France les meilleurs ouvrages de nos frères d'outre-océan 3.

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