Voir plus haut, p. SS
Dans le domaine de lai-eligion, les deux peuples ont, en se fréquentant, à se rendre de mutuels services . Si les Français tant soit peu religieux vont en Canada, ils goûteront dans les villes et encore mieux chez les « habitants » cette simple foi patriarcale qui remplit les églises, qui préside si tranquillement à la vie et qui inspire même très souvent les conversations. Ils respireront avec délices celte pure atmosphère catholique, limpide et lumineuse comme l'air même qui vous entre là-bas dans les poumons, et ils se croiront, pour un temps, remis en communion avec leurs pères du Moyen Age.
Mais si les Canadiens viennent en France ou se mettent en rapport avec des Français convaincus, alors nous aurons à leur montrer comment la foi s'affermit par la lutte et la lecture quotidienne, jointes à la prière ; comment il lui est indispensable, tels les arbres du bord de l'océan secoués par les vents du large, d'enfoncer, pour être à l'abri de toutes les rages, de profondes racines dans la théologie, la philosophie et l'histoire, et, delà sorte, tout en servant le Canada, nous serons comme il arrive toujours, en pareil cas, utiles à la cause de la France en Amérique : à celle-ci nous prouverons que la France n'est point un ramassis de sectaires et de pornographes, comme on le répète beaucoup trop au delà de l'Atlantique, mais qu'elle contient les plus grandes réserves religieuses et morales qui soient au monde.
Elle existe.
1. L'Eloquence. — Mercier, Chapleau, sir Wilfrid Laurier, Henri Bourassa, l'abbé G. Bourassa, iL le cbanoine Gauthier.
2. La Poésie. — A. L'Ecole épique de Québec. — Octave Crémazie. — Louis Fréchette. — M. William Chapman.
B. L'Ecole lyrique de Montréal- — Les précurseurs : Octave Crémazie et Alfred Garneau. — Emile Nelligan. — Albert Lozeau. — M^L le juge Routhier, Albert Ferland, Desaulniers. — Une poétesse inconnue. — Conclusion sur n l'Ecole littéraire de Montréal ».