XIV PREFACE
Comment le plus consciencieux des maîtres quitta-t-il sa chaire de France pour suivre jusqu'au Canada le chemin des écoliers? C'est qu'au bout de ce chemin se dressait une autre chaire. Là-bas, le haut enseignement des lettres, des sciences, de la médecine, du droit et de la théologie est donné aux Canadiens de race française par l'université Laval. Toujours hospitalière aux professeurs venus de France, elle a, depuis quinze années, établi un cours de littérature française et le confie à un professeur de notre université. En 1905, le professeur quelle désira fut M.Louis Arnould. Il fut mis en congé par son ministre du moment, et, avec l'agrément des innombrables ministres qui succédèrent à celui-là, fit un cours de deux ans à Montréal. Il ne parle donc de rien qu'il n'ait vu. Dans ce Canada, presque vaste comme l'Europe, son livre ne se hasarde guère hors la province de Québec, province, il est vrai, grande comme l'Allemagne et la France réunies : c'est la colonie occupée par nos pères.
Il raconte d'abord « l'année terrible » où nous perdîmes cette possession en perdant Québec, et rappelle quels minuscules incidents décidèrent de l'avenir. Québec investi, bombardé par les Anglais, sous ses maisons détruites et entre ses rem.parts intacts tient toujours. Le rocher que