PRÉFACE XV
domine la ville la rend à peu près imprenable par le fleuve ; elle est, du côté delà plaine, couverte par des retranchements que les Anglais n'ont pas pu forcer. Septembre est arrivé, précurseur des glaces qui fermeront bientôt le Saint-Laurent. Les ennemis ont hâte d'abandonner le siège pour reprendre la route de l'Angleterre. Seul, Wolfe, leur général, cœur de héros dans un corps de malade, sent pour lui la mort plus proche que la patrie, et pour se consoler de la mort rêve une victoire. Le 12 septembre, dans un dernier conseil de guerre, il ne demande plus qu'un effort et cent cinquante hommes pour ouvrir à l'armée un passage, la nuit même : si l'entreprise échoue, il ordonnera le lendemain le départ. Ainsi Colomb, arrêté par la lassitude de ses équipages et seul confiant, dut obtenir par la promesse de mettre le lendemain le cap sur l'Espagne une dernière journée de navigation vers l'inconnu, cette journée où apparut l'Amérique. L'opération résolue par Wolfe et tentée aussitôt est l'escalade du rocher par un ravin si étroit et si abrupt qu'il suffirait de quelques hommes sur la hauteur pour rejeter l'ennemi. Les Français ont bien un poste, mais qui dort sur la foi des sentinelles. Au « Qui vive » de celles qui entendent un bruit de pas, le chef de détachement anglais répond « France ». Elles sont