STATISTIQUES CRIMINELLES
Dans tous les pays, la statistique criminelle est l’objet d'une étude spéciale, d’une attention toute particulière. Pour nous servir d’une expression bien connue, la statistique criminelle est le diapason des mœurs, et c’est surtout à ce point de vue qu’en Europe on en fait le sujet d’études spéciales. Dans notre bonne province de Québec, cette statistique prend surtout son utilité dans la partie matérielle, pratique, c’est-à-dire dans le contrôle que la chambre doit avoir sur l'emploi des deniers publics. On sait bien que l’administration de la justice criminelle, 7 g/obo, nous coû‘e tant de milliers de piastres par année ; mais il n’est rien, dans les documents soumis au public, qui montre à ce dernier combien de personnes ont été détenues en prison, combien de temps elles y sont restées, ce que leur travail a rapporté, etc. Tous ces détails seraient foit intéressants , pour le public et très-instructifs pour le gouvernement et les députés, qui n’ont aucun renseignement sur ce point. Un rapport bien condensé, mais complet, permettrait de comparer l'administration des différentes prisons et signalerait . les réformes à opérer. Ces considérations, jointes à celles qu’on pourrait faire sur la partie morale de la criminalité, montrent clairement l'importance des statistiques criminelles, et la nécessité d’en confier la compilation et la publition à un offer spécial.
Lee STATISTIQUES DES INSTITUTIONS DE BIENFAISANCE
Toutes les institutions de bienfaisance récevant une subvention du gouvernement sont obligées de faire à la législature des rapports faisant voir dans tous les détails la condition et les opérations de chaque établissement. Il en est peu qui se conforment à ces sages dispositions de la Loi, et le public est dans une ignorance complète au sujet de ces institutions. Il en est de même du gouvernement et des députés qui votent les $57,400 accordées chaque année à ces institutions et qui n’ont aucun moyen de connaître la manière dont cette somme relativement considérable est employée. C’est intolérable : il faut de toute nécessité charger un officier public de faire observer la loi dans tous ses détails et de faire connaître chaque année le bien qui se fait dans ces établissements. Ces statistiques, d’ailleurs, forment le complément naturel des statistiques criminelles.