‹ Nos asiles d'aliénés [microforme]Chapitre 12 sur 17 · ERA TOR · texte numérisé non relu

ERA TOR

hu 48

vince on est encore, à peu près partout, attaché aux vieilles méthodes que tous les pays éclairés ont mises de côté l’une après l’autre, Tous les raisonne-, ments du monde ne réussiront pas à changer ces faits, de même que toutes les récriminations ne nous empêcheront pas de faire connaître la vérité.

Sur ce point spécial du traitement des idiots, il y a de grandes réformes à faire et il est urgent qu'on y songe. Aïinai, voici ce que disait la commission des asiles, dans son rapport de 1888, à propos de l'asile de la Longue-Pointe :

‘ I] y a deux médecins internes, un pour l'hôpital dés hommes et l’autre pour celui des femmes. Tla n’ont d'autorité qu’en ce qui concerne le traitement médical proprement dit, et leur action est trop limitée relativement au contrôle des gardiens, à l'emploi des moyens de contrainte, au travail et à l'exercice qui doivent être procurés aux malades. Le médecin en chef, le Dr Bourque, a donné ordre de séparer complètement les idiots et les imbéciles des sujels guérissables ou susceptibles d'amélioration ; maïs, jusqu'à présent, on n'a tenu aucun compte de cet ordre, qui est resté à l’état de lettre morte. ”

Il y a là un fait qui justifie parfaitement les remarques que nous avons faites au sujet de l’autorité du médecin, et qui démontre en m£retemps que, sur ce sujet spécial du traitement des idiots, nos asiles n’occupent peut-être pas le sommet de l'échelle,

Ajoutons, incidemment, que dans ce même rapport on trouve la remarque suivante :

‘ Les commissaires considèrent à titre de grave erreur le fait de tenir ces impotents (les vieillarde) dans la partie la plus élevée de l'édifice (au sixième), vu qu’en cas d'incendie, il serait difficile, pour ne pas direimpossible, de leur porter secours:”

Cette recommandation a probablement eu le sort de la première, et pourtant la terrible conflagration qui a eu lieu dernièrement a prouvé que lacommission avait parfaitement raison.

S'il était impossible de crcer des établissements spéciaux pour les idiots, ou de placer ces malades dans les communautés religieuses établies à la cam- . pagne, on pourrait peut-<tre adopter âvec avantage le mode suivi à Gheel, ou le patronage familial tel qu’il existe en Ecosse pour les aliénés, ou bien encore le cottage system qui donne d'excellents résultats en Angleterre. Il serait peut être assez difficile de suivre en tous points le système de Gheel, parce qu'il faudrait trouver la réunion d’un grand nombre de conditions qui ne peuvent se rencontrer que dans un établissement créé à la longue ; toutefois, il y aurait moyen, en prenant toutes les précautions possibles, de faire bénéficier les incurabies ‘tranquilles ” dés avantages que peuvent offrir, sous ce rapport, certaines paroïsses de notre province voisines des asiles.

Dans tous les cas, le cottage system et le patronage familial, qui consistent à placer le malade dans une famille ou chez des ‘“ nourriciers, ” seraient d’une application plus facile, à titre d’essai.

Cependant, nous le répétons, ces divers moyens ne sont suggérés, en ce qui regarde jes idiots, que pour le cas où il serait impossible de fonder des établissements spéciaux d’entretien et d'instruction.

VIIT

Page 1