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ces difficultés et à faire travailler les internes d’une façon assez régulière. ‘Un des moyens auquels on a eu recours, et qui produit les meilleurs résultats, c’est la rétribution du travail. Toute minime que : soit cette rétribution—deux ou trois sous par jour, ; ou par pièce d'ouvrage—le malade y trouve un sin’ guliér encouragement et peut se procurer certaines douceurs qui sont toujours d’un grand prix pour le malheureux condamné à la réciusion. D'ailleurs 1 cette seule idée de gagner un salaire, de voir que | son travail mérite d’être payé, le relève dans sa Ë propre estime et constitue déjà, peut-être, an ache- 1 minement vers la guérison.»
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Ce travail n’est pas nécessairement rémunérateur pour l'établissement ; il peut se faire qu’il constitue même une légère charge, maïs ce n’est pas-là ce qu'il faut considérer dans une question de ce genre. Le premier objet que l’on doit avoir en vue c’est ; d'occuper lesprit et de faire agir les muscles du malade, et le travail bien entendu et réglé sage-
ment est le meïlleur moyen d’obtenir cette double hygiène.
Quand le malade ne dépense pas l'argent qu’il gagne, il lui en est donné crédit dans un registre spécial, et, lorsqu'il quitte l'établissement, après sa guérison, la somme ainsi accumulée--que l’on nomme pécule de sortie—lui est remise pour subvenir UE ses premiers besoins.
Il y a Ià une idée philanthropique que nos asiles pourraient mettre Aprofit avéc avantage pour tous.
Dans son rapport de 1888, la Commission des asiles
d'aliénés s'exprime ainsi. sur l'importance du tra-'
vail :
‘ Occuper, distraire l'esprit du malade par le travail, les amusements, est un élément indispensable du traitement de la folie. Aussi, ce moyen de guérison attire-t-il constamment la plus sérieuse attention des médecins aliénistes, qui multiplient le travail sous toutes les formes, pour l'utiliser et l’appliquer à toutes les classes d’aliénés. L’occupation donnée au patient fait partie essentielle du système dit de ‘ non-contrainte.” Il est douteux que la science possède aujourd’hui un instrument pouvant rendre de plus grands services. Le travail, cependant, doit être modéré, sagement réglé, On ne doit pas en faire une source de bénéfice pour l’institution. Le médecin seul doit désigner les aliénés qui peuvent y prendre part et le genre de travail qui leur convient. ”
Dans son rapport de 1890, M. le Dr Vallée revient sur cet important sujet :
‘ Les travaux manuels, et surtout les travaux en plein air qui impliquent l’action simultanée ou successive de tous les muscles locomoteurs, en même temps qu’une certaine application, méritent la préférence sur tous les autres comme moyen
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curatif, mais à la condition qu'ils ne soient jamais poussés jusqu’à la fatigue. ,
‘Il est généralement admis que les travaux des champs sont les plus profitables à la santé des aliénés ; cependant, comme ce genre d'occupation n’est pas recherché par tous et que d’ailleurs il est impossible dans notre pays pendant une longue partie de l’année, on pourrait employer les malades aux travaux relatifs à l’économie de la maison, ou encore, 8qu8s la direction de gardiens entendus, à certaines industries faciles.”
Parmi les asiles que j’ai eu l’occasion de visiter dans mon dernier voyage, celui de Guislain, à Gand, est certainement un des mieux organisés sous le rapport du travail des malades, Au mois de septembre dernier, sur une population de 489 aliénés, 325 travaillaient régulièrement, Tout ce qui sert;au vêtement est confectionné dans l’asile par les malades eux-mêmes, et les réparations ordinaires des édifices sont également faites par les internes. Il y à des ateliers de tailleurs, de tisserands, de cordonniers, de menuisiers, de forgerons. A la tête de chacun de ces ateliers, il y a un chef connaissant Dien le métier et tous les autres traailleurs sont des malades. En outre, un certain nombre sont occupés à l'entretien des habitations, cours et préaux, et assistent les gardiens. On ne saurait croire combien une pareille généralisation du travail modifie profondément la physionomie
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d’un asile‘ d’aliénés. On y éprouve un sentiment de satisfaction et l'œil n’est pas attristé, comme dans nos asiles, par le spectacle navrant de ces vastes salles remplies de désœuvrés que l’on abandonne du matin-au soir aux impulsions de leur délire et à la merci de leurs mauvais instincts, ‘T1 est bien entendu, d’ailleurs, que dans le choix des occupations à donner aux malades, le médecin doit tenir compte de leurs aptitudes, de leurs goûts, de leur tempérament, de leur état de calme ou d’agitation ; mais il ne faut jamais oublier É, qu'il est le seul juge dans ces questions, ‘ Cependant, il ne suffit pas au chef de service d’avoir la bonne volonté d'organiser le travail; il faut faire, une fois pour toutes, les frais d’installation. Il est d’abord indispensable d’avoir des chefs d'atelier intelligents, patients, et connaissant bien leur métier. En leur donnant un prix raisonnable, ÿ il doït être assez facile de trouver de pareils ouvriers. Il faudrait ensuite se procurer l'outillage nécessaire pour les industries que l’on voudrait établir. Mais, en définitive, ces dépenses relativement faibles seraient bien vite compensées par les bénéfices réalisés par le travail des malades. ” Et, sur ce point encore, nous devons constater qu'avec le mode ordinairé d’affermage, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible d’avoir une bonne organisation du travail. La position des propriétaires d’asiles n’est pas assez stable pour
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qu’ils fassent les frais nécessaires À cette organisation, Ils ont un contrai pour un certain nombre
* d'années ; qui leur assure qu'il sera renouvelé? TI y a dans ce mode de direction des asiles un caractère de non permanence, de transition, de non confinance, qui frappe de prime abord et qui déteint sur tous les services. Il y aurait donc de sérieuses améliorations à faire, sous ce rapport, dans nos maisons de santé.
‘“ Dans une des séances du dernier congrès de médecine mentale tenu à Paris—dit le Dr Vallée-— le Dr Baume a lu un travail sur l'assistance des aliénés, dans lequel il demandait. que les. départements soient obligés de créer, sous le nom de colonies agricoles, des annexes distinctes, quoique dépendantes et aussi rapprochées que possible des aailes publics, pour y déverser les aliénés, ou idiots valides, paisibles, et ayant achevé à l'asile. leur période de traitement ou d'observation...
‘Dans le cours du mois de juillet dernier, il m'a été donné de visiter en détail les. colonies de Fitz-James et de Villers, annexées à l’asile de Clermont, dans le département de l'Oise, en France.
- Cet établissement réalise peut-être l'application la plus large et la plus heureuse du système de colonie agricole qui ait été tentée jusqu'aujourd’hui. Il comprend trois sections différentes : l’asile fermé, qui se trouve dans la ville même de Clermont, et les deux colonies qui sont situées à deux ou trois