LE TRAVAIL A L'ASILE—LÉS DIVERTISSEMENTS
Les aliénistes les plus distingués considèrent le travail, réglé d’une manière intelligente et soumis à la direction du médecin, comme un des meilleurs moyens d'opérer la guérison chez les aliénés,
‘ Quelle que soit l’utilité de ces exercices en plein air (la promenade), dit le Dr Vallée, dans son rapport de 1889, ils ne doivent être que le complément d'un système de travail bien organisé. Tous ceux qui s'intéressent au bien-être et à l'amélioration de cette classe de malades accordent une importance première à l’influence du travail. Il suffit de visiter les asiles étrangers et d'étudier les rapports qu'ils publient pour constater que partout des efforts intelligents et persévérants tendent sans cesse à développer cet élément essentiel du traitement moral et hygiénique des aliénés. Le
‘° Ainsi, dans un grand nombre d’asiles des Etats- Unis et de l’Europe, on est arrivé à faire travailler régulièrement 60 à 90 pour cent de la population. Sous ce rapport, les asiles de la province d’Ontario ont réalisé des progrès considérables depuis quelques années, v. gr. depuis 1882 jusqu’à 1887, la proportion des malades employés au travail s’est élevée relativement à la population, pour l’asile de Toronto, de 32.15 pour cent à 56.37 ; pour l'asile de London de 54.00 à 77.84 ; pour l’asile de Kingston
de 45.11 à 68.26, et pour l’asile de Hamilton de hi 37.61 à 61.49. D'après le dernier rapport de l'asile de London, sur une population de 988, le nombre $ moyen des malades qui ont été occupés chaque jour a été de 826, et le nombre’ total de ceux qui ont travaillé a été de 947. Le total des journées de travail à été de 259,883. À ‘ Cette méthode de supputer, en comptant les ‘journées réelles de travail, est la seule vraiment rigoureuse et la seule qui puisse donner ung idée exacte de l’organisation plus ou moins parfaite du ‘travail dans un établissement. ” On conçoit que, chez cette classe de malades, il soit assez difficile d'organiser un travail régulier et soutenu ; la nature humaine est la même partout ; l’homme en perdant la raison, en tout ou en partie, ne perd pas pour cela ses défauts, et la paresse qui lui est naturelle persiste et s'accroît même, quelquefois, dans son état de démence. Il y a d’ailleurs dans les asiles une malheureuse tradition : les aliénés sont sous l'impression que, puisque le gouvernement paie les frais de leur entretien et de leur traitement, ils ne doivent être astreints à aucun tra- | vail. Et cette tradition est tellement enracinée | que, dès leur arrivée, les nouveaux venus sont généralement mis en garde sur ce point par les internes plus anciens.
Cependant, dans les asiles bien organisés, on est parvenu, par des efforts persistants, à vaincre toutes