CAUSES D’AFFAIBLISSEMENT DES CHAMBRES HAUTES
Mais, qu’on le remarque bien : maintenir l’existence des Chambres hautes, ce n’est pas seulement en empêcher l’abolition ; c’est veiller à ce qu’elles conservent, parmi nos institutions, le rang, le prestige, le degré d'importance que leur assignent l’usage, les saines notions de gouvernement, les traditions politiques, la constitution du pays.
Assurer l'efficacité des Chambres hautes, c’est les mettre en état de remplir, d'une manière parfaite, le rôle qu’elles sont destinees à accomplir dans la société, au point de vue social, politique et économique; c’est en faire la force de l’état, le plus ferme appui de la Constitution, le soutien de l’ordre et de la justice, les protectrices de la religion, la sauvegarde des droits des citoyens, le boulevard de nos iibertés, les dépositaires de nos traditions nationales, les gardiennes des vraies notions de gouvernement en matières législatives, judiciaires et administratives.
Donc, ne sont pas les seuls ennemis des Chambres hautes, ceux qui les attaquent avec violence et demandent à grands cris leur abolition. Non! ces ennemis bruyants ne sont pas même les plus dangereux. Car, leurs attaques violentes provoquent ordinairement une défense également énergique.
Ce qui est dangereux, mortel même, c’est la destruction, dans les Chambres hautes, de cette efficacité, de ces forces vives dont nous venons d'indiquer les fruits bienfaisants ; c'est cette action lente, occulte, exercée souvent sous le spécieux prétexte de l'intérêt public, de la raison d'état, qui, comme l'administration de certains poisons, ou le défaut d’aliments sains, mine insensiblement la constitution et est d’autant plus dangereuse qu’elle ne provoque pas de ces chaudes sympathies, de ces réactions énergiques qui sauvent les institutions, quand elles sont ouvertement et vigoureusement combattues.
Ceux-là, et ceux-là surtout, sont donc, bien qu’à leur insu
S, UN peut-être, les ennemis des Chambres hautes, qui travaillent sans-Cesse à les amoindrir, à leur ôter toute influence et toute | : force, à contester l'autorité de leur décisons, à méconnaître le droit qu’elles ont de prendre une part légitime dans l’admi- 4 nistration des affaires publiques, à leur nier tout droit d’exer- |: | cer une influence quelconque dans la distribution du patron. | des nage, à leur ravir, en un mot, tous les moyens que la loi ou ’abo- l'usage mettent à leur disposition pour se maintenir au degré nsti- d'importance et de supériorité que leur assigne la constileur tution.
radi- Car par là, ils les rendent tout-à-fait inefficaces : bientôt, elles perdent ieur prestige et leur autorité; les hommes de re en à capacités supérieures s’éloignent de leur enceinte ou refusent sont d’y entrer ; elles deviennent réellement incapables de remplir cial, 4 leurs hautes fonctions, et tombent dans un état d’infériorité 1 at, le réelle qui finit par donner un semblant de raison à ceux qui en il re et demandent l'abolition, comme étant des institutions stériles, HA > des n'étant qu’une occasion de dépense sans aucune compen- À Dosi- sation. i raies Une fois ces éléments de faiblesse introduits dans les Cham- pi Ai aires | bres hautes, le travail d’amoindrissement se continue avec l une rapidité déplorable, en ce sens que l’amoindrissement des 44 | ntes, Chambres hautes en éloigne, de plus en plus, les hommes | nds supérieurs ; et que cet éloignement produit, de plus en plus, ai pas | l'amoindrissement. KA | pro- La plupart des hommes politiques de hautes capacités pré- Ÿ sd fèrent naturellement, à ces Chambres amoindries, le théâtre 4 ion, beaucoup plus brillant des Chambres populaires ; et la pres- fe 1 rces que totalité des ministres et des hautes illustrations politiques Lr 1ts ; siégeant dans ces dernières, il en résulte inévitablement que spé- la Chambre basse se trouve dans un état de supériorité réelle qui, vis-à-vis la Chambre haute. Et alors, que devient l’auiorité ’ali- de cette dernière ? A quoi se réduit son rôle ? à quel titre ’aU- est-elle appelée ‘* Za Chambre hautr ” ? Que vaut, dans la prades tique, son droit de contrôle et de révision des actes de la Ins- Chambre basse ?
ent Pour la même raison, qu'est devenu cet équilibre entre les
trois branches de la législature, équilibre essentiel et qui est le principe même, la clef de voûte de la constitution ? Cet