CHAMBRE DES LORDS : DIMINUT'ON DE SON PRESTIGE ET DE SON AUTORITÉ
—Mais, dira-t-on, cet amoindrissement de la Chambre haute et cette prépondérance excessive des Communes, elles se manifesteni également en Angleterre.
—Ce n’est malheureusement que trop vrai. Et c’est d'autant plus malheureux pour nous qu’il y a, en ce pays, une: tendance fatale à imiter l'Angleterre dans tous ses errements.. De fait, ce n’est que par des circonstances toute providentielles que nous venons d'échapper aux entraînements vertigineux de ses doctrines @e libre échange.
Nous avons parlé de l’aristocratie anglaise et d' rôle bril-
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lant qu’elle à joué. Aujourd’hui, il n’y a qu’une opinion sur ce point : l'Angleterre a dû son salut et sa prospérité à son aristocsatie.
Mais cette aristocratie qui à fait la gloire &’Albion et l’admiration de l’nivers, elle a vu ses plus beaux jours. Non pas qu'elle ait diminué d2 richesse, ou qu’elle soit inférieure à son passé, au point de vue des mœurs, du patriotisme et de Ja haute culiure intellectuelle ; au contraire ! Et cependant, comme force sociale et politique, elle est en pleine décadence. Aïnsi le veulent les idées contemporaines et; le progrès des principes démocraticues dans l’Empire Britannique.
Fait étonnant :
L'on dirait l'Angleterre rassasiée de triomphes et voulant mettre elle-même un terme à ses succès. IL y a, chez sa popuation, une volonté irrésistible, une force majeure qui la pousse, depuis plusieurs années, à sacrifier la plupart des éléments de sa grandeur et de sa gloire. (C’est un fait évident nour plusieurs de ses hommes d'état, que les autres ne voient pas, mais qui, au premier coup d'œil, frappe tout observateur désintéressé.
Les germes Je la maladie qui la tue existaient déjà dans sa population depuis bien longtemps.
Il y a cent ans, le célèbre Pitt jetait déjà le cri d'alarme : “ La partie de notre constitution qui périra la première,” disait-il, ‘ c’est la prérogative du Roi et l’autorité de la Chambre des Pairs” ; les Lords Grey, Althorp, Beaconfield, ainsi qu'un grand nombre d’autres, et Lord John Russell lui-même, malgré son libéralisme bien connu, ont, à plusieurs reprises, exprimé les plus graves inquiétudes à ce sujet. Aujourd’hui, le flot des idées démocratiques continue à monter ; et pour tout esprit sérieux en Angleterre, l'horizon politique est chargé de nuages. L'on se demande ce que vont devenir cette force, cette gloire, ces fruits tant vantés de la constitution Britannique, lorsque le courant populaire aura forcé ses dernières digues, et que les exigences de la democratie auront fait disparaître cet équilibre des trois pouvoirs qui ont fait l’excellence de cette constitution. Et ces craintes sont d'autant plus vives que l’on ne croit pas, en Angleterre, à la possibilité de gouverner avec une Chambre élue par le suffrage de la majo-
rité de la nation, c’est-à-dire, le suffrage des classes ouvrières et agricoles : ‘ Le pouvoir exécutif de l'Angleterre, si faible “€ at si fléxible, ne convient pas du tout à un tel corps électo- “ral. Un gouvernement qui cède et qui dait céder au plus “ léger signe de volonté de la Chambre des Communes est & l'organe d’une minorité d'hommes d'éducation. Un tel ins- “ trument de gouvernement n’a jamais encore, dans l’histoire du monde, été mis en opération par une législature choisie “ par les basses classes? (1)
“ De xotre temps,” disait Lord Beaconsfielä, alors qu’il n’était encore que M. Disraëli, ‘ les éléments de gouvernement & diminuent journellement, le pouvoir nécessaire pour gou- ‘© verner les nations s’affaiblit tous les jours.” (2).
Or, ces symptômes ne sont pas parliculiers à l'Angleterre.
Depuis la renaissance, il se fait, dans toutes les sociétés chré-
tiennes, un travail lent, mais continu, de destruction des bases
1! de la société. Partout, sous une forme ou sous une autre, il | y a recrudescence de l'esprit payen. Depuis 89 surtout, tout le paganisme, avec ses instincts de révolte, son matérialisme
|f brutal, son exploitation de l’homme par l’homme, s’est trouvé incarné dans la révolution. Or, la révolution, ce n’est pas
seulement ce mouvement d’un peuple qui a renversé, jusque à | | dans ses bases, un ancien ordre de choses pour en reconstituer t ur nouveau. La Révolution, au XIX siècle, c’est une école « | 1 sociale qui veut endoctriner tout le genre humain. Et l’œuvre « [in par excellence de la révolution, c’est la destruction de la société u | chrétienne pour rebâtir, sur ses débris, la société payenne. T Û h (1 L VI. à fl :