En établissant, entre le gouvernement impérial et celui
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du Canada, une entente pour que les distinctions honorifiques fussent données, en dehors de celles conférées aux membres du Cabinet, à des membres des Chambres hautes. Ce serait naturellement pour ceux qui les aur?sent mérités, un titre à entrer au Sénat ou au Conseil.
80. En ne nommant aux Chambres hautes que des hommes ayant un passé marquant, et un état de services bien rempli.
Si une telle coutume eut été en force, nous ôsons dire que les sept cu huit hommes distingués, de la Province de Québec, que nous avons mentionnés comme ayant laissé le Sénat, n’auraient jamais songé à en sortir, car ils eussent trouvé là la perspective d'avancement qu'ils sont allés chercher ailleurs.
Il n’y a pas de doute que, quelque suit son mérite personnel et sa haute réputatica, Sir A.T. Galt, arrivant en Angleterre pour nous y représenter auprès du Cabinet anglais, aurait un prestige encore plus grand, s’il était membre d’une Chambre haute ayant le prestige et l'autorité des Chambres havtes des autres pays. Inutile de dire que si nos Chambres hautes étaient élevées à ce degré de dignité, l'on ne serait pas réduits à lhumiliation de voir, par exeraple, des membres de ces
hambres solliciter des positions de secrétaire d’un particulier ou toute autre position d’une nature aussi inférieure.
Ces envoyés spéciaux, aussi bien que les lieutenant-gouverneurs, retiendraient, de droit, leur siége au Sénat, où ils rentreraient après leur terme d'office, comme cela se pratique et s’est toujours pratiqué en Angleterre, en France, en Allemagne, etc. au sujet des membres des Chambres hautes revêtus de missions officielles à l'étranger ou de commandements importants, à la tête d’une armée ou d’une province, etc. Ou bien, s'ils y étaient remplacés, ils auraient droit, chacun dans leur province, au premier fauteuil devenu vacant.
Des règles analogues pourraient être établies pour les Conseils Législatifs, au sujet des hautes dignités provinciales, sans compter que le Conseil serait un chemin pour arriver au Sénat.
—Et la branche populaire ?
Vous cesseriez donc de tout donner à la branche populaire !
—La branche populaire, en définitive, n’en serait pas plus mal traitée. Au contraire! ses membres sauraient qu'après
leur temps de luttes et de labeurs, ils auraient des titres certains à la Chambre haute. Ce serait un stimulant vers le travail ; et, pour le vrai mérite, la certitude de pouvoir, par l’étude de la politiqne et des besoins du pays, arriver infailliblement à être admis à consacrer toute sa vie à une carrière favorite, sans être obligé de subir les inconstances, les ingratitudes ou les égarements temporaires du suffrage populaire. Toutes ces positions, ou à-peu-près seraient, en définitive, le partage des membres des Chambres populaires ; mais ils n’y arriveraient que par degrés, par le travail et l'importance des services rendus ; et au lieu d’être la proie de l'intrigue, elles seraient réservées au vrai mérite.
E: les Chambres hautes cesseraient d’être des lieux ‘compromettants” pour l'avenir des hommes supérieurs ; elles seraient réellement les Chambres hautes !
L'on comprendra que nous ne faisons ici que quelques suggestions, au courant de la plume, sans avoir la prétention d'offrir un projet élaboré ni un plan müri. Nous n'avons guère même la prétention de gagner grand nombre d'hommes politiques à notre opinion. Seulement, nous sommes convaincus que ceux qui diffèreront le plus d’avec nous comprendront, du moins, qu’il est de la plus urgente nécessité d'améliorer la condition de Nos Chambres hautes.
Montréal, 25 Décembre 1879.