‹ Nos chambres hautes [microforme]Chapitre 9 sur 61 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

COMMENT EXPLIQUER L'HOSTILITÉ DE CERTAINS CONSERVA- TEURS ET LIBÉRAUX MODÉRÉS CONTRE LE CONSEIL ?

Aujourd’hui que se livre l’assaut à la seconde de nos places fortes, nous sommes étonnés, nous le répétons, de voir parmi les assaillants, des libéraux modérés, des constitutionnels anglais ot même d'anciens conservateurs de l’école de Cartier.

L’attitude des premiers nous étonne, parce qu’elle est e.: contradiction formelle avec leurs principes.

Ne comprennent-ils pas, ces admirateurs sans réserve de la constitution britannique, que travailler à l'abolition du Con-

que l’on avait ence au con-

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seil, c’est renier en partie, c’est déchirer le drapeau sous lequel ils sont si fiers de marcher !

La constitutio: britannique est un tout harmonieux qui ne garde son caractère propre qu'à la condition de rester intacte. Son excellence consiste dans une parfaite pondération des forces monarchiques, aristocratiques et démocratiques d’un état. Retranchez du système l’une de ces forces, et de suite, l'équilibre est rompu : Les institutions britanniques ont cessé d'exister !

Que ne voient-ils, ces enthousiastes de l'idée anglaise, avec quelle fidélité inviolable aux institutions américaines, 408 voisins des Etats-Unis ont reproduit, et conservent dans chacune des législatures locales des Etats, l’'archétyne national de la constitution de l’Union !

Qu'ils ne se fassent pas illusion sur ce point ! La principale condition de rester Anglais, c’est de garder, dans toute leur pureté, le fonds comme la forme des institutions britanniques.

L'acharnement que manifestent quelques-uns de nos annexionistes déguisés, à détruire en cette province le type consacré des institutions britanniques, devrait les édifier sur les tendances et le but de ces gens-là.

Quant à certains conservateurs de l’école de Cartier, c’est avec une indicible surprise que nous les trouvons mêlés à ce mouvement. |

Quoi ! c’est là tout le respect que vous témoignez pour l’œuvre par excellence de Sir George !

Eh! vous ne savez donc pas que cette œuvre de nos constitutions locales, ça été l’œuvre par excellence de sa vie! Cartier avait lutté durant dix ans, avec le talent d’un homme d'état, une énergie de fer et le cœur d’un grand patriote, à repousser la rep ‘ésentalion basée sur la population.

Or, vers la fin d’une lutte où, :omme dans bien des grandes batailles, la victoire mème avait épuisé le vainqueur, la conféuvcration, avec ses grands avantages matériels, se présenta à lui comme un moyen d'assurer d’un même coup, et l’autonomie de sa race et les grandes destinées de son cher Canada.

Eh bien! Cette autonomie précieuse du Canada-Français, le vaisseau qui devait la porter, c'était cette constitution com-

construite. C'était cette Arche-Sainte de nos libertés locales, formée avec une amoureuse sollicitud® des graves intérêts qu’elle devait renfermer. C'était, comprenez-le bien! notre Constitution Locale avec son Conseil Législatif ! Surtout avec son Conseil Législatif !

Car, la pensée de donner une.Chambre Haute à sa province. était l’idée principale dont M. Cartier, uni parfaitement en. cela avec ses dignes coopérateurs, Messieurs Taché, Langevin et Chapais, a voulu assurer le triomphe.

Or, la tombe vient à peine de se refermer sur cet homme, que déjà l’on s'apprête à jeter aux quatre vents les débris d'une œuvre qu'il avait faite pour des siècles.

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