PIECE SATIRIQUE
(Btiuiiot parodie les faç)ns aatoritaircs d'un ancien gouTerneur de U Caadeloupe. Fondoc, transformé celte fois en gooTerneur, adresse à. «es administrés la procl.imation suivante. )
Habitants foute ^ !
Z'autes pas té coué moin sré monté General, ça embête z aules, quand z'autes tenne di : Fondoc té monté Gouvelné* A pouésant, moin chef, moin ké fé z'autes voué comment larabi ka monté ii cheval. General la Fouance écrit moio you prrand billet, li ka di en pile bitain dans papié là ; lî ka ba moin cate blanche pou moin fé ça moin vlé.
Si moin di z^autes, z'habilants f..., moin pas savé oti moin doué commencé. Tini trope d'abis dans pays-ci , trop time-time, trop chiquetle à chiquette.
D'abord, f..., moin pas vlé z'autes jeté pot de chambre dans canal, cà ka pite trope, z'autes tini négrillons, bord la mer, fé chayè.
La comminate en mal d'enfant, secrétaire ka écrit vente terre, plime à li ka couri con abouti ; çà pas empêché toutes z'affés kalé à fond bel fond, vie mirailleska tombé là sis moune, zèbes ka poussé dans la rie, caca dans canal, tanque moin pas kalé fourré nez à moin nez à z'autes là dans, z'afTé pas kalé mâché douéte.
Commisse di police ka niaché con tôti, faudrait yon bon bougre là!... Cousin Coco 1... En vouéla un homme dont auquel !
Z'habitants f... ! moin kalé moin môbie dans toutes corn* minales, moin ké passé en rivi toutes minicipaux, toutes jiris cantonnales, li premier qui pas ka reponne bien, moin ka cassé h nette con torchelte, moin vlé fé z*autes
' Habitants, f... ! (à force d'être employée, cette exclamation perdu de sa grossière trivialité, dans le langage créole).
pède toutes mauvaises Tbabitude vantas à z'autes là; z'autes ka coué moin pas ka changé toute moqué la yo moqué z*aulesdans ces derniers temps passés?
Z'autes ka coué pou Irapper bon place, sifGt tini quilottes sous-pieds, n'habits grands basses, linettes vêtes : vè ti couri, maudit salopri ! C'est Tesprit qui maite, l'agent ka gouvelné et com z'autes bêtes, zautes pas tini il sou.
Z'habitants L..! z'autcs pas ka fé attention à z'autes, z* avocats, z'huissiers, notés ka c... z'aules. Tini un z'avoeat, outanne, pou grossi l'écritu à li, li mette chansons à Beranger làdans;unz'huissierli baille yonla sommation... Fondagnan rinoncé li l'écritu a li ; un noté pour yon ti siccssion de quale sous, li fé yon Tinvcnlé qui té kalé vingt deux lives au poids de balance, phouase su phouase, pou di quoi ?Ayen... Moin ké redui yo, va! Tonné !
Z'habilants, f... Moin kalé moin même dans tribinal avé rigouèseà moin ; primié z'avocat qui ka paie fin non recevoi, conciision motivée, renvoi de la cause, moin ka fouli : gnan I là si dos ; moin vlé yo plaidé bitain la même sans.chaché midi à quatorze hé.
Pé ka gangné trope l'agent, z'autes vlé di mom pou yqn ti l'entément de quate sous, pou yon s... ti goutte dUeau bénite, yo ka jeté lassis moune mô là, yo ka mandé ou des gros cent foiiances. Tonné ! Compte à yo bon !
Z'abitants, f...rMoin pas ka di z*autes, Tordonnaté pas yon bon n'homme ; mais tini tropo commis ; ka yo ka fé ! Ayen!... Taillé plimcs, mangé bonbons, peigné favoris, taillé zongues, guetté dans glace, chirc zôdi papier , la moitié ka gagné tropo, l'aute motié pas ka gagné assé, et tout ça pour baille soldats un ti ration lougue con douète, yo ka fé en pile comptes, précomptes, la chiffe et la calcul, parenthèse, lacolade... Bon pou ci, bon pou ça. • .
Bireau Tintéric : guionguo, guiongue, guiongue t c'est ça yon bitain qui mêlé... Mais moin ka fou Fonda-
iOO NOS CRÉOLES
gnan là, moin ka nommé IL Directe Fiatôrié, Vesiêrié, dcrié con douvant, apoué ça z'autes ké voué 2*affé !
Z'abitants, f... ! IMoia tombé la sis dos l'iLopital, yo
pas trouvé pinaises te ka mode mouiitî assez, yo allé chaché sangsues, des bôl£s qui vous fougonnent jusqu'au fond boyaux. Yo allé baiile des noms pesonne pas jamais tenue à des maladies toulc mouuc counaite, mais positive. Oti yo pouanloulça? Typho.>, ïypboïd, couiscos, couiscas, gasté, qui ^asté eh ça? Eb L..! Di tout bonnement la jaunisse, mal au vente, fièvre pitride, flixion potrine, lièvre di quatier, véréte, quiololo, toute moune connalte
Z'babitants, f... ! Moin ka di z'autes les foués et les sèrcs ça pas bon bitain ; mais y faut moin allé moin même dans l'école à ces manmaiiles là , couapé ces grands négresses là, ces grands jiiègi es à grand bâ])e là..; fé yo voué : li écrit, pas ka empêché travail té ; sans magnocs, adiégaam, gnani ; sans café etsicre, adié touèle, madras, parasol, cornichons, au lié z'assiéttes pocelaines, z'aiites ké trappe couis. La houe ! La hpue ! Z'hahilants, ça kalé à la peau de toutes coulés, etchongé bien ça, primé'cbagrin, dans moune, boyaux vides...
(Et Fondoc, api es avoir signalé bicti d'anfBc&cbdses qu'il \«it dAun mauvais ceii, déclare qu'il est prêt à ici-uvoir les avis et les rëclamvitions d« tout le inonde, de$ blancs et des uiulàtres oominie des oè|pre£, àea cichrs xt des pauvres; mais il vaut de boifues raisons...) ^ i
sans quoi. Tonné ! moin ké fouté 2'aiites à lapote.
Traduction.
Vous ne vouliez pas croire que je deviendrais çéttéra!, cela vous ennuie d'cnienilre dire : Fondoc est- gouverneur ! Â présent, je suis cbel cl vous ferai voir comment les lambis roontei^t à cheval (les choses les plus élonnantes). Le général La France .m'a écrit ujie grande leltre toute pleine de choses ; il me donne carie blanche pour faire tout ce qui nie plaira.
Si je vous di-s, habitants, f.... Je ne ^àis fiar où comnoenoep.
Il y a trop d*abus dans ce; pays-ci, trop de train-train et d^ chamaUlerie.
D'abord, f..«! Jô ne veux pas que vous vidiez, vos vases dans le canal (allusion à une habitude locale déplorable), cela sent trop mauvais et vous avez des négrillons pour les porter au bord de la mer. ^
La commiuTe est eh mal d'enfant, secrétaire d'écrire ventre à terre, sa plume de courir comme un agouii ; ça n'emiJÙclic pas toutes lesafTaires d'aller en beau fond ; les vieux murs tombent sur le monde, les herbes poussent dans la rue, les ordures remplissent le canal ; tant que je n'aurai pas mis mon nez et les vôtres dans tout cela, les affaires n'iront pas droit.
Le commissaire de police se remue comme une torluo; il faudrait là un bon b..., le cousin Cjoco\ En voilà un homme I
Habitants, f... I J'irai en personne sur toutes les communes, je passerai en revue tous les (conseillers) municipaux, tous les jurys cantonnaux, et le premier qui ne répond pas bien, je le casse net. Je veux vous faire perdre toutes vos mauvaises habitudes de ^Horiole-. Et on croit que je ne détruirai pas tous les ridicules des temps passés ?
Vous croyez que pour attraper les honnes places, il suffit d'avoir des pantalons à sous-pieds, des habits à grandes bastfues, des lunettes vertes: voulez-vous bien courir, vilains! C'est rinteiligence qui est la maîtresse, c'est l'argent qui gouverne, et vous autres vous êtes des imbéciles, qui n'avez pas le sou.
Habitants, f... !
Vous ne faites par attention à un tas d'individus, avocats, huissiers, notaires, qui vous grugent.
Il y a un îjvocat, entendez bien cela, qui pour grossir ses écritures, y glisse des chansons de Bérang<.'r; un huissier délivre une sommation, Fondagnan (le compère de Fondoc, en ses diverses métamorphoses) renonce à la déchilTrer ; un notaire pour une. misérable succession dresse un inventaire, qui pèse à la baJanœ 22 livres de piirases, et pourquoi? Pour rien. Je leur rognerai les ongles, tonnerre !
Habitants, f... ! j'irai en personne au tribunal avec une latte, et le premier avocat, qui parle de fin de non-reocvoir, de conclusion motivée, de renvoi de la cause, je- lui on administre debons coups sur le dos, v'Ian! .lo veux qu'on plaide les allaircs sans chercher midi â quatorzii heures.
Les prêtres gagnent trop d'argent. Voulez-vous mo dire si, pour un enterrement de quatre sous, pour une s... petite goutte d'eau bénite i|u'ils jettent sur le mort, ils ont bien le droit de demander de gros cent francs ! Tonnerre ! Leur compte est bon !
Habitants, f... ! Je ne vous dis pas que l'ordonnateur (l'ad-
minîstrateur en chef ; ses fonctions sont aujourdMiul déveines à divers chefs de service qui relèvent directement du gouverneur) ne soit un excellent homme. Mais il a trop de commis ; et que font-ils?... Rien. Ils taillent des plumes, mangent des bonbons, peignent leurs favoris, rognent leurs ongles, se regardent dans la glace, déchirent aujourd'hui le papier (qu'ils ont noirci hier); la moitié d'entre eux gagne trop etrauiro pas assez; et tout cola, pour donner aux soldats une ration (de viande) longue d'un doigt, on fait des piles de comptes et de décomptes, avec chiffres, calculs, parenthèses et accolades... Bon pour ceci, bon pour cela.
Le Bureau do l'Intérieur (administration des affaires locales)! oh ! oh ! oh ! quel mèli-môlo ! Mais je mettrai là Fond.ig'nan, je le nomme directeur de l'intérieur, de l'extérieur, etc. Après cela, vous verrez !
... Habitants, f... ! Je tombe à l'hôpital ! On n'a pas trouvé que les punaises y mordaient suflisammcnt le monde et Ton a été chercher des sangsues, des bêtes qui vous remuent jusqu'au fond des entrailles. On donne des noms que personne n*cntend à des maladies que tout le monde connaît. Mais, positivement, où prend-on tout cela : typhus, typhoïde, couiscos, couiscas, gâté, gâté quoi ? Eh ! qu'on dise tout bonnement la jaunisse, le mal de ventre, la fièvre putride, une Ûuxion de poitrine, une . fièvre de quartier, la véréte, quiololo, tout le monde connaît " cela!... 1
Habitants, f... ! Je vous dis que les frères et les sœurs ça ne vaut rien ; mais il faut que j'aille aux écoles de ces marmailles, pour secouer ces grandes négresses, ces grands nègres à grande j barbe. Voyons ; il écrivent ! Ça n'empêche pas de travailler la j terre; saris manioc, pas d'igname ; sans café et sans sucre, adieu toiles, madras, parasols, cornichons; au lieu d'assiettes en j porcelaine, il ne restera que les couis (calebasses servant de vaisselle)*. La houe! La houe ! Habitants, elle convient aux peaux de toutes les couleurs, et songez-y bien, la première peine ici-bas, c'est d'avoir le ventre vide...
' Parce que les produits du sol venant à manquer, il n'y aura plus d'échanges.