‹ Nos criminels [microforme]Chapitre 2 sur 6 · MONT CR · texte numérisé non relu

MONT CR

de lire et de discuter tout autre chose que les enseignements de charité de l'Evangile. Je connais des pères de familles qui reçoivent certains journaux dans lesquels on voit, tantôt le portrait d’un grand hommu d'état, tantôt celui d’un prince de lPEglise ; et aussi, souvent duns le même numéro, une scène échevelée d’un crime | quelconque. Ces hommes lisent leur journal à la cachette ct le brûlent aussitôt, afin que leurs enfants ne le voient pas. Combien de jeunes gens qui achètent le journal et courent dans un coin reculé d’un are, pour lire furtivement ces histoires épicées d’une boucherie, d’un attentat; enfin, d’un tas de saletés ‘sur la compte d’individus que la société rejette, que le juge remet au boureau ou au fouetteur.

Nous reconnaissons que le mal existe, qu’il empire ; alors, pourquoi de tels écarts, pourquoi un tel enseignement malsain ?

En certains quartiers de notre pravince, les autorités religieuses ont mis le holà à ces abus licencisux ; mais, la voix juste et raisonnée de quelques directeurs de consciences n’a pas encore eu d’écho général.

La potence, voilà un mot qui devrait disparaître de nos annales, voilà une ins£itution mauvaise à tous les points de vue.

Et plusieurs lecteurs de dire : En voilà un qui dit une sottise.

Comme vous voudrez ! 8i vous êtes convaincu, de

Lo

teur, que la peine de mort est une chose indispensable au Canada, que cette loi prime les autres lois ; alors, jetez ces pages au feu. N’allez pas plus loin et tâchez d’être admis à la prochaine exécution qui aura lieu dans votre district.

A ceux qui metraiteront de bête, je leur dis: merci ; car, j'aime autant être bête dans la société de Victor Hugo, de plusieurs littérateurs européens et americains, du juge Langelier, etc ; que d’être d’accord avec les phénix qui applaudissent à chaque exéeution capita'e.

J’ai nommé l’hon. juge. François Langelier, car je me souviens que, il y a quelque mois, ce savant magistrat a donné une conférence à Montréal en faveur de l’abolition de la peine de mort. L’auditoire se retira satisfait de voir que dans le cœur d’un juge, on retrouve parfois un homme. Pauvres juges qui, aujourd’hui, réclament contre une loi barbare, et demain, peuvent être appelés à dire à douze jurés, qu’il faut que justice soit faite, qu’une potence soit dressée pour tuer tel ou tel autre criminel ! Lorsque le glas funèbre annonce à la population qu’un condamné a été étranglé par le bourreau, il y a des gens qui s’en lavent les mains, qui marmottent un de profondis, qui ne se croient pas solidaires de cet assasinat légal.

Pourquoi, moi, un simple ouvrier, ne mêlerais-je pas ma faible veix à celle des autres pour concourir à l’abolition de la peine de mort ! Pourquoi ne donnerais-je pas mon adhésion aux vœux et aux efforts des hommes généreux qui travaillent depuis des siècles à jeter bas l’arbre patibulaire. Pourquoi ne serait-il pas permis

DAVID DUBE, 18 ans.

L’assassin de Thomas Moonev.

PS Le magasin populaire.

FAGUAY, LEPINAY & FRERE.

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