COMMENT ON SE PRÉPARAIT AU VOYAGE DE ROME
Quoique nous avions déjà vu quels étaient les sentiments qui animaient notre jeunesse s' ébranlant pour voler à Rome, il ne sera pas inutile de s'arrêter un instant sur tout ce qui fut fait pour que l'expédition fût vraiment chrétienne et catholique.
Croisés, tel est le nom qu'on a donné aux volontaires pontificaux ; martyrs ! c'est ainsi qu'on a appelé et considéré ceux qui étaient tombés et ceux qui allaient mourir pour la cause du Pape ; or ces noms signifient de grandes choses. Il est vrai que dans notre siècle de confusion et de trouble, beaucoup de mots ont changé de sens ; le mot martyr a été profané par les révolu-
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tionnaires qui l'appliquent sans pudeur aux plus grands scélérats, depuis Marat et Robespierre, martyrs de leur amour du peuple, jusqu'aux Garibaldi, Tognetti, etc. martyrs de l'idée Italienne. A côté des impies sont souvent des honnêtes gens qui abusent aussi des noms les plus sacrés et les avilissent en les prodiguant ; il suffit de la plus vulgaire dévotion pour être déclaré saint de son vivant, et à leurs yeux l'on ne peut souffrir la moindre contradiction pour une cause juste sans se sentir écrasé du nom de martyr. Ce n'est pas en ce sens abaissé qu'il faut entendre les grands noms qui ont été donnés depuis dix ans aux défenseurs des droits de l'Eglise ; dans le sens rigoureusement catholique du mot, le martyr est le chrétien qui donne librement et volontairement à la vérité et pour Dieu le témoignage de son sang ; or mourir pour le Pape c'est mourir pour l'Eglise, mourir pour l'Eglise c'est mourir pour Dieu. Ah ! les victimes de Castelfidardo en 1800, les morts de Mentana ♦m 1867, ceux tombés sur les remparts do