‹ Nos écoles d'agriculture [microforme]Chapitre 10 sur 10 · OKA, WENTWORTH.—SOREL · texte numérisé non relu

OKA, WENTWORTH.—SOREL

Je ne saurais terminer ce rapport sans exprimer le plaisir que j’ai ressenti en visitant Oka, Wentworth et Sorel. Je puis affirmer sans crainte que notre province vient d’être enrichie de trois institutions où l’agriculture la plus avancée et la mieux payante, par conséquent, la plus modèle, est mise en pratique, au bénéfice des populations environnantes et même de la province tout entière.

Les RR. PP. Trappistes, d'Oka, ne sont arrivés en cette province que depuis deux ans environ, et les RR. PP. Marianites, des orphelinats agricoles de Notre-Dame-de-Montfort, à Wentworth, que depuis moins de temps encore. Cependant celui qui passe près de ces établissements constate à première vue que ces bons pères sont passés maîtres en agriculture et qu'ils ont cet art en très haute estime. Ainsi, les RR. PP. eux-mêmes travaillent dans les champs une très grande partie de la journée, et les bons frères y sont plus longtemps, en sus du temps consacré à leurs devoirs religieux, que nos cultivateurs les plus ambitieux. Ce qu'ils ont déjà pu faire depuis leur arrivée au pays est tout à fait étonnant et promet infiniment pour l'avenir.

Je puis dire la même chose des cultures attachées au Lincoln college, à Sorel. M. Jenner Fust, notre très habile rédacteur du journal anglais d'agriculture a pris possession, au printemps dernier seulement, de terres sablonneuses particulièrement sales ct appauvries. Il les à déjà transformées au point qu'on y trouve une très grande variété de cultures sarclées bien réussies, des plantes dont la culture est toute nouvelle au pays, telle que la navette, pour la nourriture et l’engraissement du mouton,enfin plusieurs nouvelles variétés de céréales dont le succès montre combien notre rédacteur connaît

bien ce que demande le climat et les circonstances de cette province. Un grand nombre d'élèves suivaient déjà, volontairement, les cours si intéressants que M. Jenner Fust est en mesure de leur donner tous les jours, au collège même.

ve reviendrai plus tard sur l’enseignement que nous donnent ces trois institutions. En attendant, le pays tout entier peut se réjouir, à bon droit, de l’appoint si précieux qui nous est arrivé, saus qu’il nous en ait coûté jusqu'ici un seul sou au trésor public, dans l’enseignement des meilleures pratiques

agricoles.

Ep. A. BARNARD.

Depuis que ce rapport est écrit, M. Jenner Fust m'nforme que, lui aussi, est à perfectionner la race de notre excellente vache canadienne par une sélection suivie et par l’accouplement avec le guernesey, ce qui assure des produits remarquables au point de vue de la production d’un lait très riche en même temps qu’un type plus gros que le canadien et par conséquent, plus recherché des bouchers. Les sacrifices tout personnels qui s'impose M. Jenner Fust méritent certaine. ment plus qu’une simple mention passagère.

Québec, 2 janvier 1885.

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