CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
La question des écoles, des programmes et des méthodes d'enseignement, préoccupe depuis longtemps les esprits éclairés et tous les hommes animés du désir de voir leur pays s'’avancer non-seulement dans la voie du progrès intellectuel proprement dit, mais vers ce bien-être matériel, cette puissance et
cette prépondérance qui caractérisent de nos jours
les nations chez lesquelles l’instruction et l'éducation ont été le plus en honneur.
Depuis quelques années surtout, un grand nombre de spécialistes distingués ont apporté à cette étude toutes les ressources de leur travail et de leur expérience et lui ont donné une impulsion qui ne peut être que très-féconde en bons résultats. ‘“ L'idée est dans l'air ” et se manifeste de toutes parts.
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Le sujet que nous abordons—et que nous entendons traiter à un point de vue large et humanitaire— a donc une grande actualité, en même temps qu’une importance incontestable.
La vie et le progrès d’un peuple sont, en effet, intimement liés à la qualité de ses écoles et à l’enseignement que ses enfants y reçoivent. De même que l’éducation, bonne ou mauvaise, puisée au sein de Ja famille, forme le caractère et fixe la conduite de l'enfant ; de même “l'éducation et l'instruction données à l’école règlent pour plus tard la vie du citoyen et influent directement sur la manière dont il agira lorsqu'il sera appelé à faire partie du corps social au milieu duquel il est destiné à vivre.
Dans d’autres pays, lorsqu'on discute ce sujet, on est obligé d'aborder et de traiter cette question si délicate de la religion qui, à l’époque actuelle, prime toutes les autres et constitue la source principales des difficultés contre lesquelles viennent se heurter les différents partis. Ici, heureusement, nous n'avons aucunement à entrer sur ce terrain dangereux, Les écoles sans Dieu n'existent pas parmi nous, Grâce aux lois sages et libéralés qui régissent la matière, chaque croyance voit ses libertés assurées et ses droits respectés. La religion a sa légitime et large place dans l'enseignemet, et loin d'y être entravée par l’Etat, elle reçoit de la part de ce dernier toute l’assistance et le bon vouloir possibles, Elle n’y est
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pas tolérée, elle y règne de plein droit et y reste toujours l’objet de la plus grande affection, de la plus entière confiance et dn plus profond respect.
Notre tâche sera donc relativement facile, puisque nous pouvons écarter, dès le début, la cause la plus directe des graves dissentiments et des aigreurs de la discussion qui se produisent en d’autres lieux; puisque, sur ce terrain—si brûlant ailleurs — nous pouvous marcher dans le calme d’une heureuse union, sans avoir à nous préoccuper d’une direction qu’une autorité pleine de sollicitûde a toujours su se charger de choisir pour nous, et à notre plus grand avantage.
Nous n'avons pas besoin d'insister ici sur la nécessité de donner aux enfants l'éducation et l'instruction. Cette obligation est clairement imposée par la loi divine, et même par nos lois civiles. Notre code oblige les parents “à nourrir, entretenir et élever leurs enfants.” C’est une obligation qu'ils contractent par le fait même du mariage. Du reste quand même la loi serait muette sur ce sujet, la raison, le bon sens, le sentiment naturel imposerait lui-même ce devoir. Il faut que les parents mettent leurs enfants en état de pourvoir à leur existence quand ils aurcat quitté le toit paternel pour se former à leur tour un foyer de leur choix.
Mais, il ne suffit pas de reconnaître le strict devoir d'élever et d’instruire ; il faut aussi reconnaître l’obli-
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