‹ Nos écoles [microforme]Chapitre 2 sur 27 · RAT · texte numérisé non relu

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éducation, la meilleure instruction, suivait eur état.

qui existe entre ces deux termes qui ont néanmoins

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gation, de la part des parents, de donner la meilleure

Et c'est peut-être ici le lieu de noter la distinction

une très proche parenté. L'éducation, c’est le développement, la culture des facultés de l'âme, c’est l’enseignement de la morale; et le vieux mot français éduquer rendait admirablement cette idée. L’'instruction consiste à évoquer et à cultiver les facultés de l'intelligence ; c’est fournir le savoir.

Or si les parents sont tenus de donner à l'enfant cette éducation et cette instruction dans les meilleures conditions possibles, il s’en suit que, non seulement ils doivent être eux-mêmes très prudents et très soigneux dans la part qu'ils y prennent, mais qu'ils doivent encore avoir la même prudence et le même soin, — avec la plus grande libéralité, — dans la création et le soutien des écoles qui ont pour mission de seconder et de compléter leur propre enseignement. Et ici surtout, où le grand nombre d'enfants qui distingue nos familles canadiennes ne permet pas à la mère — cette éducatrice par excellence — de consacrer autant de temps qu’il conviendrait à l’enseignement du foyer ; il est important que ES l'on puisse trouver à l’école tout ce qu’il faut pour & com*'-- cette lacune et suppléer la mère, du moins | dan : mesure du possible. Il faut donc exiger que || cn l’école donne toutes les garanties nécessaires sous k

soi, D

tous les rapport. Il faut qu’elle soit chrétienne et morale — sur ce point, nous avons déjà dit que nous n'avions aucunement à nous inquiéter — ; il faut aussi qu’elle soit du rang le plus élevé sous le rapport de l’enseignement profane, qu’elle enseigne ce qui est utile et nécessaire et qu'elle sache le bien enseigner.

C’est un besoin des temps modernes. Aujourd’hui, le succès dans la vie n'appartient pas au cœur le plus sensible, à l’âme la plus tendre, bien que ces qualités soient extrêmement précieuses ; il appartient à l'intelligence ia plus forte, à l'esprit le plus exercé, le plus éclairé, le plus orné. Le siècle marche vite et, dans € terrible struggle for life qui se poursuit tout le long de la carrière humaine, le plus fort survit et marche, le plus faible se voit distancer et tombe, Ii en est de la vie intellectuelle comme de l'existence physique ; il faut être préparé, exercé, entrainé, armé de toute pièces. Or ce qui donne cette préparation, cet exercice et cet eukraînement, ce qui revêt de cette armure si nécessaire, c'est l’école, l’école à tous ses dégrés d'enseignement, dans toutes les spécialités diverses où se fait sentir son action.

En Angleterre, en France, en Allemagne surtout — on en a vu les résultats en 1870 — l’enseignement public est l'objet d’une sollicitude toute spéciale,

.. d'une étude de tous les instants. L’instruction pri- , .. maire surtout y reçoit la plus grande attention de la

part des autorités ; car, c'est cet enseignement qui

forme la base de tous les autres, c’est de lui que dépendent les succès ou les'revers dans les cours plus avancés. Si cette base est mal établie, il y a tout à craindre que le reste de l'édifice ne soit mal équilibré et ne prépare pour l’avenir des chutes regrettables et d’irréparables pertes.

Nous nous proposons donc dans le prochain chapitre de traiter spécialement ce point de notre programme. Nous parlerons ensuite de l’enseignement secondaire, de l’enseignement supérieur, et de l’enseignement spécial. Puis nous aborderons certains côtés, secondaires à première vue, mais cependant d’une réelle importance : bâtiments et mobiliers scqlgires,

hygiène, temps consacré à l'étude, recréations, gymnastique, punitions, surmenage, etc. Nous n'avons pas de guerre, ici, pour absorber notre temps et détourner nos esprits des progrès intellectuels. Bénissons-en la Providence et profitons de ce calme pour apprendre à marcher d’un pas ferme dans la voie d’un progrès intelligent et’ raisonné.

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