‹ Nos écoles [microforme]Chapitre 20 sur 27 · LL VS · texte numérisé non relu

LL VS

C'est là l'exception, nous direz-vous. Nous en convenons ; mais cette exception devrait disparaitre.

Le temps perdu ne se retrouve plus : rien de mieux prouvé. Mais, il y a une autre vérité non moins évidente : c'est que la santé perdue ne se retrouve que bien difficilement, si elle se retrouve jamais.

L'HYGIENE (suite)

Nous désirons revenir nn moment sur la ventilation pour signaler les paroles suivantes que nous trouvons dans le vingtième rapport des inspecteurs des prisons, asiles et bureaux publics :

‘“ L'état sanitaire des prisons, des asiles, des écoles industrielles et de réforme a été remarquablement bon pendant le cours de l'année. Il ne s’est déclaré aucune maladie contagieuse et il n’y a été enregistré yae très peu de décès, même très peu de maladies ordinaires. De fait, les maladies ayant le caractère d'une gravité inquiétante sont tellement rares qu'on est quelquefois porté à ne plus avoir confiance dans toutes ces théories dont on remplit les livres et les revues, au sujet de la ventilation des édifices publics, de l'assainissement qu'il faut y entretenir, de l'humidité qu’il faut y bannir, de Pair pur qu'il

faut y introduire, en un mot, d’une multitnde d’apprêts, de soins et de prévoyances, qu’il ne faut pas oublir, disent les auteurs de nombreux livres sur ce sujet, parceque leur absence peut causer des maladies de toutes sortes, et peut même mettre la vie des populations en danger.

“ Un bon nombre de nos prisons sont dépourvues, ou mal pourvues de beaucoup de ces choses que les théroriciens regardent comme d’absolue nécessité, et cependant la santé des internés n’en souffre nulle. ment ... La prison de Montréal est encombrée, elle est humide, peu éclairée, encore moins aérée, surtout dans quelques-uns de ses quartiers, et on y constate très peu de maladies et de rares décès dus à une autre cause que le vieil âge, décripitude ou les excès du vice.”

Ces paroles incroyables et qu’on penserait avoir été écrites à quelque époque d’ignorance st de barbarie, se trouvent à la page 10 du rapport. Nous espérons que les commissaires et les syndics d'écoles n'iront pas y puiser leurs notions d'hygiène.

Maintenant, un mot sur les punitions.

Dans sa circulaire du 16 juin 1877, l'honorable surintendant de l'Instruction publique s'exprime ainsi : “ Abstenez-vous, autant que possible, des puuitions corporelles, et surtout des punitions humiliantes qui, trop souvent, ravalent le caractère sans dompter les mauvaises volontés.” Le paragraphe 16

ne |

de l’article 145 des règlements du conseil de l’Instruction publique s'exprime à peu près dans les mêmes termes.

Ces paroles méritent d’être méditées ; elles résument tout un système, toute une doctrine. Etant donné que l’école a pour but de développer l’intelligence et l'âme, qui nous distinguent de la brute, il est triste de penser que, parfois, on n'arrive à ce résultat qu'en ayant recours à des moyens qui ne semblent bons qu'à dompter l'animal dépourvu d’'intelligence.

Si, cependant, il existe malheureusement des cas où il faille employer les châtiments corporels, on ne doit le faire que le plus rarement possible et avez la plus grande réserve. Et surtont, “ pas de punitions humiliantes.”" Nous avons connu, autrefois, une école où nous entendions le maître s’écrier à chaque instant." Pierre, baise la terre!—Jean, mets-toi à genoux au milieu de la chambre, avec le bonnet d'âne !” Le susdit bonnet d'âne consistait en un immense cornet de papier dont on coiffait le coupable, Et nous avons remarqué, à cette éroque, que quand un élève avait baisé la terre deux ou trois fois, ou avait été mis à genoux, ou coiffé du bonnet d'âne, il semblait avoir perdu tout sentiment de fierté, et ne redoutait plus aucune punition, si humiliante qu'elle fût, Voilà un résultat extrémemont regrettable. Car, autant on doit décourager l'orgueil et la vanité,

qui sont des défauts détestables, autant on doit cultiver chez l’enfant cette noble fierté qui, plus tard, dans la vie, lui fait éviter bicn des faux pas. Ici, encore, le maître ne sait pas toujours les prof ndes réflexions qu’il provoque chez l'élève qu’il punit. S'il pouvait les connaître, ou 2ntendre seulement les commentaires qui se font ensuite parmi les élèves, il est probable qu’il renoncerait à ce mode humiliant de punir. Il y a surtout cette punition de “ baiser la terre ” contre laquelle on ne saurait trop fortement s'élever ; c’est une chose dégoûtante, et dangereuse même, pour celui qui s'y soumet. Quand on songe que ‘‘la terre” est le plancher de la classe, tout souillé de poussière et de crachats, on éprouve des nausées rien qu’à penser à cet ignoble châtiment. Il y à d’ailleurs un grand daager à mettre ainsi les lèvres d’un enfant en contact avec les détritus qui ont été apportés du dehors par les pieds, et qui

peuvent inoculer du sérieuses maladies.

Quant aux férules, aux coups de règle, etc., ils produisent les mêmes résultats et font perdre égale ment à l'enfant le sentiment de sa dignité. Du reste, ces châtiments sont toujours dangereux pour la santé parce qu’ils sont généralement appliqués sans discrétion, Lorsqu'un père chôtie son enfant, l'affection paternelle l'empêche d'aller trop loin ; mais quand c’est un étranger qui prend ia verge en main, il est bien rare que la colère ne se mette pas de la partie ; et comme le sentiment paternel n’est pas là pour le

us Un

si PT due

cul- retenir, il se laisse trop souvent emporter jusqu’à la tard, | cruauté ci, Nous savons que ces punitions sont disparues, ne aujourd’hui, de la plupart de nos écoles ; mais il y a sr cependant des maîtres qui y ont encore recours. N'y ; 16 les en (t-il qu'un seul, du reste, qu'il ne serait pas L èves, inutile d'élever la voix pour protester. liant hs Les vacances et les congés sont encore un sujet ment sur lequel il y a lieu de faire quelques remarques. éuse alous avouons qu’il y a déjà sous ce rapport plusonge sieurs excellente: modifications. Ainsi, les grandes out vacances oui n'étaient autrefois que de six ou sept à don semaines, embrassent aujourd’hui deux moîs entier, t, Il et même plus, dans ceriains cas. Dans beaucoup l'h d'établissements, on donne aussi, à Noël et à Pâques, qui de courtes vacances qui permettent à l'élève d'aller qui retremper ses forces au foyer de la famille. Dans beaucoup d’erndroits, on a supprimé ou considérable. il ment diminué le fameux “ devoir de vacances ” qui te pèse si lourdement sur l’esprit de l'élève et l'empêche mn de jouir pleinesnent de so repos et de sa liberté. ee, Presque partout, on accorde un grand congé par susn maine, ou bien deux demi-congés. Il y a cependant | ppt encore des établissements où le travail dure toute la Se À semaine sans interruption, sauf le dimanche. Ily M x a là, évidemment, une continuité trop grande qui 1.0 oblige à une tension extrême de l'esprit, qui fatigue Fr. rtie ; % hs te et décourage l’enfant. :

ir le F |

On a do

De.

04 T'Y: DEV UMTS NIUE » : MN : . PA 1 ù LS LA ÿ ce 4 1} di

Page 1