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C’est un point sur lequel nous appelons l'attention d'une manière toute spéciale.
Nous en arrivons maintenant à une partie de notre travail qui n’est peut-être pas la moins importante. Nous voulons parler des jeux et des exercices de gymnàstique.
Nous sommes ici forcé d’avouer, avec le plus extrême regret, que, dans presque tous nos établissements scolaires, l'éducation physique est reléguée tout à fait au dernier plan, quand elle n’est pas complètement négligée. On semble ne pas songer que le corps, presque autant que l'esprit, a besoin de culture, et que, pour conserver la santé et la robustesse de l’un, de même que la vigueur de l’autre, il faut un exercice constant, gradué avec intelligence,
M. A. Laurie qui a écrit plusieurs livres intéressants sur la vie de collège dans les provinces de France et à Paris, et sur la vie de collège en Angleterre, établit, à ce sujet, des comparaisons qui ont de quoi faire réfléchir profondément. Il nous raconte, dans l’un de ses volumes, l’histoire d’un élève parisien, habitué aux méthodes françaises qui n’ont à peu près rien pour la culture du corps — ei transplanté tout à coup dans un coilège d’Angieterre, où son infériorité physique s'affirme désagréablement dès les premiers jours. Il lutte cependant avec courage contre sa mollesse, et, prenant exemple sur ses camarades, qui l’aident du reste avec la meilleure
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« Il s'était à peu près impreigné, dit M. Laurie, de cet esprit excellent qui domine dans les bonnes écoles anglaises et qui pousse chaque enfant à aspirer vers un idéal de perfection général. (Chez nous, quand un élève excelle dans une spécialité ou deux, il s'en contente généralement : l’un fait bien les vers latins, l’autre a d'ordinaire le prix de thème grec ; celui-ci est connu par ses dessins, celui-là pour sa musique, cet autre pour sa gymnastique ; on n’en voit guère quise proposent d’être les premiers en tout. Il n’en est pas de même chez nos voisins ; un enfant, comme un homme, s’y croirait incomplet et en quelque sorte difforme, s’il s’enfermait dans le cadre étroit d’une spécialité ; le but qu'il s'assigne et qu’il atteint généralement, c’est d'arriver à porter un esprit sérieusement cultivé dans un corps vigoureux et sain, De là cette aspiration constante et salutaire vers cette réunion de qualités trop souvent considérées comme une exception ou même comme une impossibilité. Tandis que, dans nos grandes écoles, les jeunes gens qui tiennent les premières places font fréquemment mal à voir, avec leurs membres grêles, leur gaucherie, leur maladresse et l'aspect piteux de leur tournure ; à Oxforü et à Cambridge, 11 n’est pas rare de voir les grands prix annuels attribués à des gaillards de six pieds, musclés comme l’hercule Farnèse, et qui, pour savoir bien prendre
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un intégrale ou pasticher le style de Cicéron, n’en sont pis moins capables de renouveler les exploits e Milon de Crotone.
‘“ Une judicieuse distribution du temps et une grande variété d'exercices sont tout le secret de ce résultat.”
. Il ÿ a là un certain nombre de vérités dont nous pourrions faire notre profit.
Les livres de M. Iuurie sont peu connus dans notre province; ils mériteraient pourtant d’être lus un peu partout afin de répandre abondamment et de mettre en crédit certaine. notions qui semblent faire défaut, ou tout au moins n'être pas suffisamment mises en pratique.
Du reste cet auteur n’est pas le seul qui popularise ces idées ; tous ceux qui écrivent aujourd'hui avec autorité sur les écoles, font les mêmes réflexions.
L'HYGIÈNE (suite)
Voici comment s'exprime M. Jules Simon dans la circulaire que nots avons déjà citée :
‘“ Mon intention formelle, vous le savez, est que la gymnastique soit enseiguée dans tous les établissements et rendue oùlicatoire pour tous les élèves. Vous voudrez bien me rendre compte des dimen-
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Il recommande ensiite instamment les exercices mitaires, l'équitation, l'escrime, la natation, là où la chose est praticable ; les longues promenades, et surtout les promenades topographiques, qui prêtent à une foule d'étud:s * éressantes, tout en développant l’action des men. res.
La natation et le bain fréquent surtout, sont très négligés ici.
“ L'éducation physique, ajoute-t-il, est encore à créer en France, et je vous supplie de m'y aider.”
On s’est beaucoup amélioré, en France, depuis
cette époque (1872). On s'est aperçu, en 1870, des
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nombreuses lacunes qui existaient dans les méthodes d'enseignement et surtout du défant d'entraînement physique, qui a compté pour beaucoup dans les résultats de la dernière guerre.
“ J'ai beaucoup voyagé dans votre pays, disait à ce sujet un Anglais, et je le connais bien, c’est pour, moi une seconde patrie. ‘J'aime le peuple français pour ses qualités brillantes, pour son esprit, pour sa générosité, qui font de lui la mieux douée, peut-être, de toutes les races. Mais je vous le dis avec chagrin, il ne se relèvera pas de ses désastres, et il ne reprendra pas la place qui lui appartient, s’il n’accomplit dans ses jeux une réforme complète.
“ Cette opinion peut paraître frivole ; elle ne l’est
pas. Je lisais dernièrement dans le Times que les réserves de votre armée avaient été appelées aux exercices annuels, et que les trois quarts des jeunes soldats avaient mal supporté les fatigues des marches forcées auxquelles on les avait soumis. Croyezvous qu'il en aurait été de même, si tous avaient eu, dès l’enfance, l'habitude des exercices violents ? C’est à la jeunesse des écoles, c’est aux adolescents qu’il appartient de donner ce salutaire exemple.”
Nous n'avons peut-être pas ici les mêmes motifs à faire valoir, car nous n’entrevoyons pas de guerre à l'horizon. Cependant, nous avons des raisons suffsantes, en dehors de cela, pour ne pas négliger l'éducation physique ; et d’ailleurs, qui peut répondre de l'avenir ?
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Nous savous que, dans bien des endroits, les idées que nous exprimons seront aussi regardées comme frivoles et attentatoires à un ordre de choses déjà établi et considéré comme la erfection du genre. En France, dit un écrivain distingué, il est plus difficile d'opérer une réforme que de faire une révolution. Nous sommes français ; nous avons les qualités de cette grande race; mais nous en avons aussi les défauts ; et, parmi ces derni:rs, l’un des plus notables est l’entêtement dans la routine, Nous sommes toujours les derniers à appliquer les idées nouvelles et nous attendons que tous les autres peuples en aient fait leur profit et nous aient fait sentir leur supériorité, avant de quitter nos vieilles habitudes pour entrer dans les voies modernes,
“ Si nous consultons les plans proposés à cette époque, dit M, L. Armagnac, nous trouvons que presque tous les hommes qui se sont occupés des questions d'enseignement se sont inquiétés du développeruent physique de l'enfant. Talleyrand demande “ au lieu des exercices de l'enfance, qui ne sont pour la plupart que des jeux, des exercices qui supposent et donne à là fois de la force et de l’agilité, tel que natation, l'escrime, l'équitation ct même la danse.” Condorcet veut qu’on n'oublie pas dans les pro-
grammes “la gymnastique par laquelle l'enfant acquiert la santé, la force, l'adresse, l’agilité du corps.” Michel Le Peletier se plaint que, dans les écoles primaires, un des objets les plus essentiels soit omis.