‹ Nos écolesChapitre 3 sur 3 · récréation (10 minute · texte numérisé non relu

récréation (10 minute

1\ " messe de communauté.

8 " " classe.

I0i " " récréation (15 minutes).

10^ " '• classe, cours spéciaux.

lli " " étude jusqu'à midi.

Midi dîner,

De midi et demi à l-J heure, récréation.

H heure P. M étude.

2 " " classe jusqu'à 4 heures.

4 " " récréation jusqu'à 5 heures.

5 " " étude jusqu'à 7 heures.

7 *' " souper.

H " " récréation.

8 " « étude,

9 •* " coucher.

Pour les plus jeunes, l'étude de 8 à 9 heures était supprimée et le coucher avait lieu à 8 heures.

Ainsi, voilé, dans la journée, en tenant compte des moments de repos qui peuvent survenir, environ 5 heures d'étude et 5 heures de classe, soit 10 heures de travail et de silence, contre 2 heures 55 minutes,

mettons 3 heures de récréation. Nous voudrions pouvoir ajouter aux heures de récréation le temps des repas ; mais on sait que ce temps est généralement rempli par une lecture toujours extrêmement sérieuse.

Nous savons qu'il y a, d'un autre côté - pas par tout cependant -deux demi-congés par semaine et que, de temps à autre, le repas s'égave d'un joyeux Beo gratias ; mais le fait général reste là : 10 heures de travail et 3 heures de récréation par jour Et on se demande après cela, comment les vigoureuses santés d'autrefois disparaissent de la classe instruite i Un semblable régime suffit pour tout expliquer Un homme fait, bien portant, peut à peine supporter J0 heures de travail mental par jour, et voici qu'on force un enfant, un adolescent dont la croissance n'est pas achevée à peiner pendant le même temps.

Dans les externats et les écoles de village, la classe dure généralement du 9 heures à midi, et de 1 heure a- 4 ; soit 6 heures, avec 1* heure pour les devoirs et les leçons, 7* heures de travail. Cela est déjà bien suffisant, même pour des enfants qui vivent au grand air. Mais 10 heures de travail pour des élèves soumis d'ailleurs au règlement inflexible d'un internat, et manquant souvent d'air et d'espace, voilà ce qui est, à notre sens, contraire à toutes les lois de 1 hygiène, pour ne pas dire aux sentiments d'humanité.

C'est là l'exception, nous direz-vous. Nous en convenons ; mais cette exception devrait disparaître.

Le temps perdu ne se retrouve plus : rien de mieux prouvé. Mais, il y a une autre vérité non moins évidente : c'est que la santé perdue ne se retrouve que bien difficilement, si elle se retrouve jamais.

l'hygiène (suite)

Nous désirons revenir un moment sur la ventilation 'pour signaler les paroles suivantes que nous trouvons dans le vingtième rapport des inspecteurs des prisons, asiles et bureaux publics :

" L'état sanitaire des prisons, des asiles, des écoles industrielles et de réforme a été remarquablement bon pendant le cours de l'année. Il ne s'est déclaré aucune maladie contagieuse et il n'y a été enregistré que très peu de décès, même très peu de maladies ordinaires. De fait, les maladies ayant le caractère d'une gravité inquiétante sont tellement rares qu'on est quelquefois porté à ne plus avoir confiance dans toutes ces théories dont on remplit les livres et les revues, au sujet de la ventilation des édifices publics, de l'assainissement qu'il faut y entretenir, de l'humidité qu'il faut y bannir, de l'air pur qu'il

faut y introduire, en un mot, d'une multitude d apprêts, de soins et de prévoyances, qu'il ne faut pas oublir, disent les auteurs de nombreux livres sur ce sujet, pareeque leur absence peut causer des maladies de toutes sortes, et peut même mettre la vie des popnlations en danger.

« Un bon nombre de nos prisons sont dépourvues, ou mal pourvues de beaucoup de ces choses que les théoriciens regardent comme d'absolue nécessité e, cependant la santé des internés n'en souffre nullement ■ La prison de Montréal est encombrée, elle est humide, peu éclairée, encore moins aérée, surtout dans quelques-uns de ses quartiers, et on y constate très peu de maladies et de raies décès dus à une autre cause que le vieil âge, décripitude ou les excès

du vice." . ,

Ces paroles incroyables et qu'où penserait avoir été écrites à quelque époque d'ignorance et de barbarie se trouvent, à la page 10 du rapport. Nous espé on que les commissaires et les syndics d écoles m. ont pas y puiser leurs notions d'hygiène.

Maintenant, un mot sur les punitions.

Dans sa circulaire du 15 juin 1877, l'honorable surintendant de l'Instruction publique s exprime ainsi ■ "Abstenez-vous, autant que possible, des puétions corporelles, et surtout des punitions hululantes qui tro„ souvent, ravalent le caractère San dompter les mauvaises volontés." Le paragraphe 16

de l'article 145 des règlements du conseil de l'Instruction publique s'exprime à peu près dans les mêmes termes.

Ces paroles méritent d'être méditées ; elles résument tout un système, toute une doctrine. Etant donné que l'école a pour but de développer l'intelligence et l'âme, qui nous distinguent de la brute, il est triste de penser que, parfois, on n'arrive à ce résultat qu'en ayant recours à des moyens qui ne semblent bons qu'à dompter l'animal dépourvu d'intelligence.

Si, cependant, il existe malheureusement des cas où il faille employer les châtiments corporels, on ne. doit le faire que le plus rarement possible et avec la plus grande réserve. Et surtout, " pas de punitions humiliantes. " Nous avons connu, autrefois, une école où nous entendions le maître s'écrier à chaque instant. — " Pierre, baise la terre ! — Jean, mets-toi à genoux au milieu de la chambre, avec le bonnet d'âne ! " Le susdit bonnet d'âne consistait en un immense cornet de papier dont on coiffait le coupable. Et nous avons remarqué, à cette époque, que quand un élève avait baisé la terre deux ou trois fois, ou avait été mis à genoux, ou coiffé du bonnet d'âne, il semblait avoir perdu tout sentiment de fierté, et ne redoutait plus aucune punition, si humiliante qu'elle fût. Voilà un résultat extrêmement regrettable. Car, autant on doit décourager l'orgueil et la vanité,

qui sont des défauts détestables, autant on doit cultiver chez l'enfant cette noble fierté qui, plus tard, dans la vie, lui fait éviter bien des faux pas. Ici, encore, le maître ne sait pas toujours les profondes réflexions qu'il provoque chez l'élève qu'il punit. S'il pouvait les connaître, ou entendre seulement les commentaires qui se font ensuite parmi les élèves il est probable qu'il renoncerait à ce mode humiliant de punir. Il y a surtout cette punition de " baiser la terre " contre laquelle on ne saurait trop fortement s'élever ■ c'est une chose dégoûtante, et dangereuse même, pour celui qui s'y soumet. Quand on songe que "la terre" est le plancher de la classe, tout souillé de poussière et de crachats, on éprouve des nausées rien qu'à penser à cet ignoble châtiment II y a d'ailleurs un grand danger à mettre ainsi les lèvres d'un enfant en contact avec les détritus qui ont été apportés du dehors par les pieds, et qui peuvent inoculer du sérieuses maladies.

' Quant aux férules, aux coups de règle, etc., ils produisent les mêmes résultats et font perdre également à l'enfant le sentiment de sa dignité. Du reste, ces châtiments sont toujours dangereux pour la santé parce qu'ils sont généralement appliqués sans discrétion Lorsqu'un père châtie son enfant, l'affection paternelle l'empêche d'aller trop loin ; mais quand c'est un étranger qui prend la verge en main, il est bien rare que la colère ne se mette pas de la partie ; et comme le sentiment paternel n'est pas là pour le

dr, il se laisse trop souvent emporter jusqu'à la cruauté

Nous savons que ces punitions sont disparues,

aujourd'hui, de la plupart de nos écoles ; mais il y a

ndant des maîtres qui y ont encore recours. N'y

en eût-il qu'un seul, du reste, qu'il ne serait pas

inutile d'élever la voix pour protester.

s vacances et les congés sont encore un sujet sur lequel il y a lieu de faire ^ quelques remarques. Nous avouons qu'il y a déjà sous ce rapport plusieurs excellentes modifications. Ainsi, les grandes vacances qui n'étaient autrefois que de six ou sept semaines, embrassent aujourd'hui deux mois entier, et même plus, dans certains cas. Dans beaucoup d'établissements, on donne aussi, à Noël et à Pâques, de courtes vacances qui permettent à l'élève d'aller retremper ses forces au foyer de la famille. Dans beaucoup d'endroits, on a supprimé ou considérablement diminué le fameux " devoir de vacances " qui

si lourdement sur l'esprit de l'élève et l'empêche de jouir pleinement de son repos et de sa liberté. Presque partout, on accorde un grand congé par semaine, ou bien deux demi-congés. Il y a cependant encore des établissements où le travail dure toute la semaine sans interruption, sauf le dimanche. Il y a là, évidemment, une continuité trop grande qui oblige à une tension extrême de l'esprit, qui fatigue et décourage l'enfant.

C'est un point sur lequel nous appelons l'attention d une mamère toute spéciale.

Nous en arrivons maintenant à une partie de notre tovatl qui n'est peut-être pas la moine in.port Nous voulons parler des jeux et des exeSc s de gymnastique. «uoea de

Nous sommes ici forcé d'avouer, avec le plus extrême regret que, dans presque tous nos é abn, e m ts sC0, , péducation phy W e

tout a fa t au dern.er plan, quand elle n'est pas cou plè eurent négligée. Ou semble ne pas songer Z le corps, presque autant que l'esprit, a besoin 1

tesse de 1 un, de même que la vigueur de l'autre il faut un exercée constant, gradué avec intelligence.

^nceetàparis,trrvia::;1c;T,de

ten,, établit, à ce sujet, des compar ^^ £*£ quoi faire réfléebir profondément 11 6

dans l'un de ses i.5i, "l""^ Hsien, habitué aux métbo'des Z^Z^IC à peu près rien pour la culture du corn, Z\ Planté tout à coup dans un colite" IZl ^ aon infériorité physique s'affirme déifr I 11 dès les premiers jours. I, ,utte cependlnTt" cou rage contre sa mollesse, et, prenant exemnL !„, ! camarades, q,,i Paident du reste avec lit eZr

volonté, il subit un entraînement intelligent qui le transforme et en fait un homme complet.

" Il s'était à peu près impreigné, dit M. Laurie, de cet esprit excellent qui domine dans les bonnesécoles anglaises et qui pousse chaque enfant à aspirer vers un idéal de perfection général. Chez nous, quand un élève excelle dans une spécialité ou deux, il s'en contente généralement : l'un fait bien les vers latins, l'autre a d'ordinaire le prix de thème grec ; celui-ci est connu par ses dessins, celui-là pour sa musique, cet autre pour sa gymnastique ; on n'en voit guère qui se proposent d'être les premiers en tout. Il n'en est pas de même chez nos voisins ; un enfant, comme un homme, s'y croirait incomplet et en quelque sorte difforme, s'il s'enfermait dans le cadre étroit d'une spécialité ; le but qu'il s'assigne et qu'il atteint généralement, c'est d'arriver à porter un esprit sérieusement cultivé dans un corps vigoureux et sain. De là cette aspiration constante et salutaire vers cette réunion de qualités trop souvent considérées comme une exception ou même comme une impossibilité. Tandis que, dans nos grandes écoles, les jeunes gens qui tiennent les premières places font fréquemment mal à voir, avec leurs membres grêles, leur gaucherie, leur maladresse et l'aspect piteux de leur tournure ; à Oxford et à Cambridge, il n'est pas rare de voiries grands prix annuels attribués à des gaillards de six pieds, musclés comme l'hercule Farnèse, et qui, pour savoir bien prendre

— 80 un intégre ou pocher Ie „ ,„ de

" Une judicieuse distribution du tenu* ♦

province, ils mériteraient pourtant d'être !,,<, » peu partout afi„ de ,,pandre ttbon(lamn ^ '-

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. , ceux 9U1 écrivent aujourd'hui

avec autortte sur lestes, font 1.^^1*1:::

l'hygiène (sw^e)

Voici comment s'exprime M. Jules Simon dans h circulai* que nous avons déjà citée •

" Mon intention formelle, vous le savez est a„*

a gymnastIque soit enseignée dans tous les b" «mente et rendue obligatoire pour tous Z éTèv " Vous voudrez bien me rendrePcompte de dtet

sions du préau et de la salle consacrés a cet enseignement, et du nombre d'engins de toutes sortes, trapèzes, haltères, etc., que vous possédez. Je n'attache une importance exagérée à ce matériel, et je vous engage même à éviter autant que possible les exercices qui peuvent occasionner des accidents. Le pas gymnastique, la course, les divers mouvements du corps exécutés méthodiquement, l'emploi des halsuffisent pour développer la force et l'agilité des élèves. Il ne faudrait donc pas me dire, comme on l'a fait dans plusieurs lycées, qu'il est impossible d'exercer tous les élèves, faute d'e3pace suffisant. À défaut de préau couvert et de gymnase régulièrement construit, les cours de récréation peuvent servir d'école de gymnastique. En cela, comme en beaucoup de choses, tout dépend de l'habileté et du zèle du professur."

Il recommande ensuite instamment les exercices militaires, l'équitation, l'escrime, la natation, là où la chose est praticable ; les longues promenades, et surtout les promenades topographiques, qui prêtent à une foule d'études intéressantes, tout en développant l'action des membres.

La natation et le bain fréquent surtout, sont très négligés ici.

" L'éducation physique, ajoute-t-il, est encore à créer en France, et je vous supplie de m'y aider."

On s'est beaucoup amélioré, en France, depuis cette époque (1872). On s'est aperçu, en 1870, des

nombreuses lacunes qui existaient dans les méthodes d'enseignement et surtout du défaut d'entraînement physique, qui a compté pour beaucoup dans les résultats de la dernière guerre.

" J'ai beaucoup voyagé dans votre pays, disait à ce sujet un Anglais, et je le connais bien, c'est pour moi une seconde patrie. J'aime le peuple français pour ses qualités brillantes, pour son esprit, pour sa générosité, qui font de lui la mieux douée, peut-être, de toutes les races. Mais je vous le dis avec chagrin, il ne se relèvera pas de ses désastres, et il ne reprendra pas la place qui lui appartient, s'il n'accomplit dans ses jeux une réforme complète.

" Cette opinion peut paraître frivole ; elle^ne l'est pas. Je lisais dernièrement dans le Times que les réserves de votre armée avaient été appelées aux exercices annuels, et que les trois quarts des jeunes soldats avaient mal supporté les fatigues des marches forcées auxquelles on les avait soumis. Croyezvous qu'il en aurait été de même, si tous avaient eu, dès l'enfance, l'habitude des exercices violents ? C'est à la jeunesse des écoles, c'est aux adolescents qu'il appartient de donner ce salutaire exemple."

Nous n'avons peut-être pas ici les mêmes motifs à faire valoir, car nous n'entrevoyons pas de guerre à l'horizon. Cependant, nous avons des raisons suffisantes, en dehors de cela, pour ne pas négliger l'éducation physique ; et d'ailleurs, qui peut répondre de l'avenir ?

Nous savons que, dans bien des endroits, les idées que nous exprimons seront aussi regardées comme frivoles et attentatoires à un ordre de choses déjà établi et considéré comme la perfection du genre. En France, dit un écrivain distingué, il est plus difficile d'opérer une réforme que de faire une révolution. Nous sommes français ; nous avons les qualités de cette grande race ; mais nous en avons aussi les défauts ; et, parmi ces derniers, l'un des plus notables est l'entêtement dans la routine. Nous sommes toujours les derniers à appliquer les idées nouvelles et nous attendons que tous les autres peuples en aient fait leur profit et nous aient fait sentir leur supériorité, avant de quitter nos vieilles habitudes pour entrer dans les voies modernes.

" Si nous consultons les plans proposés à cette époque, dit M. L. Armagnac, nous trouvons que presque tous les hommes qui se sont occupés des questions d'enseignement se sont inquiétés du développement physique de l'enfant. Talleyrand demande " au lieu des exercices de l'enfance, qui ne sont pour la plupart que des jeux, des exercices qui supposent et donne à là fois de la for«e et de l'agilité, tel que natation, l'escrime, l'équitation et même la danse." Condorcet veut qu'on n'oublie pas dans les programmes " la gymnastique par laquelle l'enfant acquiert la santé, la force, l'adresse, l'agilité du corps." Michel Le Peletier se plaint que, dans les écoles primaires, un des objets les plus essentiels soit omis.

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"o.ees qm jettent autour de nous leur rayonnement

-s réussir à percer la brome séculaire cfuTob" cit nos regards. 4 ooscui.

En suivant ces nouveaux courants, en entrant

système au heu d'avoir des plantes de serre-chaude venues hâtivement et manquant de consista» e e Îe

en plerne «rre et en plein soleil, remplis de force et de rustreté. An Ueu d'avoir des hommes orm à dern, am,us des hommes ^ -

ae toutes pièces.

Un autre point sur lequel nous faisons preuve d'une remarquable faiblesse, c'est l'hygiène intellectuelle, la gymnastique de l'esprit et du caractère, qui font l'intelligence forte et le cœur viril. Les élèves, en général, sont traités trop longtemps en enfants. Sans leur accorder une latitude exagérée, qui pourrait devenir dangereuse, ne serait-il pas possible de leur inspirer davantage cet esprit d'initiative et de responsabilité personnelle qui leur apprenne à compter un peu plus sur eux-mêmes et à entrer dès maintenant dans cette réalité de la vie qu'ils devront nécessairement rencontrer plus tard ?

On les habitue, au contraire, assez fréquemment, à ne pas faire un mouvement sans direction et sans surveillance ; ils marchent constamment en sentant la main qui les pousse et la règle qui les enserre. Et, quand vient le jour où ils sont obligés de trouver eux-mêmes leur chemin, ils s'arrêtent, indécis et comme effarés, ne sachent quelle direction prendre, effrayés du résultat que peut produire leur premier effort.

Ils se sentent encore épiés par quelques regards cachés, et n'ont pas le sentiment de cette confiance qu'on devrait avoir dans leur honneur et leur loyauté ; en un mot, ils n'ont pas le caractère trempé.

Un jour, au collège de Stoneyhurst, en Angleterre, le Père préfet s'aperçut qu'il circulait un assez grand nombre de mauvais livres parmi les élèves des

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le, sans intonations, sans rhythme, et avec une absence presque complète de nuance et de couleur. C'est toujours ce recto tono, traînant, fatigant, qui ennuie et qui endort. Parmi nos hommes instruits — , ou nos femmes instruites — , il n'y en a peut-être

dix sur cent qui sachent lire d'une manière agréable, on au moins convenable. Et cela se comprend ; on ne leur a jamais enseigné à lire, dans le véritable du mot. C'est un point sur lequel nous ne croyons pas devoir trouver beaucoup de contradicteurs.

Quand à la parole, c'est à peu près la même chose. Il y a parmi les élèves une mauvaise tradition que nous n'avons pas la prétention de pouvoir faire disparaître, mais que nous signalons à l'attention de ceux qui peuvent s'en occuper : c'est l'habitude de tourner en dérision ceux qui s'appliquent à parler correctement ; on se moque d'eux, avec l'impitoyable verve des enfants, on leur reproche de vouloir se distinguer et de parler "entérines." Souvent malheureusement, les maîtres et maîtresses donnent eux-mêmes raison, par leur exemple, à cette détestable habitude. Si, après avoir lu, en classe, un morceau de choix, ils sont obligés d'en donner une explication orale, ils retombent immédiatement dans leur langage ordinaire qui n'est pas toujours exempt de tout reproche. Nous avons entendu, non pas une fois, mais mille fois, des maîtres, au milieu d'uue belle page— lue expressément pour

former au langage élégant — s'arrêter et crier à un élève : T'as parlé, toé, va t'assire suTp'tit banc !

Ce doux siècle n'est peut-être plus ; cependant il doit encore en rester des souvenirs quelque part.

Et il juste d'ajouter que les écoles ne sont pas les seuls endroits où l'on professe ce superbe dédain pour l'art de bien parler.

Notre population tout entière partage malheureusement le même sentiment. Ceux qui ont assisté, dernièrement aux remarquables conférences de Mgr Hamel à l'université Laval, sur le geste et le débit oral, ont pu s'en apercevoir en constatant le maigre auditoire que la ville de Québec — l'Athènes du Canada — fournissait à chacun de ces cours. Et pourtant, tout était de nature à attirer les personnes instruites : la haute réputation du conférencier, le sujet intéressant qu'il avait choisi, et surtout la manière dont il s'acquittait de sa tâche.

Mais il n'a pas pu, malheureusement, secouer notre torpeur.

Késumé et conclusions

Nous l'avons déjà dit, cette étude est nécessairement bien incomplète ; pour traiter le sujet dans tous ses détails, il nous aurait fallu écrire la matière d'un

fort volume. Cependant nous nous sommes efforcé d'en toucher toutes les grandes lignes et d'en développer les points les plus importants.

Nous avons vu comment, dans ce siècle surtout où le savoir compte tant, le progrès d'un peuple dépend en grande partie de la qualité de ses écoles, et que, par conséquent, il faut donner autant que possible, à tous les enfants, non pas seulement l'enseignement, mais l'enseignement la meilleur et la plus pratique. Or, pour arriver à ce résultat, il est nécessaire d'améliorer la position de l'instituteur, de lui faire un état convenable dans la société, de lui donner l'impurtance, les privilèges et le rang auxquels il a un droit incontestable, afin qu'il s'attache à sa profession et qu'il y consacre tout son temps et tous ses soins.

" Le titre d'instituteur, dit l'honorable M. Mercier est un titre de noblesse : il devrait être suffisant pour conférer celui d'électeur. Vous placez un jeune homme instruit dans une maison d'école, dans une académie ou dans un collège ; il est en pension ou habite une maison exempte de contributions, et, comme il ne paye pas de loyer, il est exclu de l'électorat. C'est une anomalie qu'il faut faire disparaître. Celui qui est digne d'élever des citoyens est. digne de l'être lui-même. Relevez le maître, vous relèverez l'école."

Nous avons traité des trois degrés de l'enseignement : primaire, secondaire et supérieur. Nous avons

demandé la proscription des méthodes routinières et l'établissement des méthodes nouvelles et pratiques. Pour les couvents surtout, nous avons réclamé un enseignement qui soit plus en rapport avec le genre de vie que la jeune fille devra mener plus tard, dans le monde.

Quand à l'enseignement supérieur, nous n'avons pas tranché nous-même la question ; nous l'avons fait traiter par des voix plus autorisées que la nôtre.

Nous n'avons parlé que brièvevent des écoles normales, pareeque l'excellence et l'utilité de ces institutions sont admises partout. Les écoles des arts et métiers et les classes gratuites du soir, établies pour le bénéfice des personnes que leur travaux retiennent pendant la journée, ont également eu une part légitime de notre attention.

La question de l'hygiène a été largement traitée. Elle embrasse un grand nombre de points : construction des bâtiments et dépendances ; travail et repos ; récréations et punitions ; congés ; gymnastique ; jeux ; promenades ; hygiène intellectuelle qui forme des intelligences fortes, des cœurs virils et des caractères trempés.

Il y a cependant encore sur ce sujet quelques points que nous avons réservés, pour leur donner une position plus saillante. C'est d'abord la place que l'on assigne aux dortoirs, dans les pensionnats, et l'encombrement que, dans certains endroits, on y laisse

se produire. Les dortoirs sont généralement placés dans les derniers étages, souvent sons les toits. 11 y a là un danger qu'il faudrait faire disparaître. On se rappelle sans doute les deux incendies qui ont eu lieu dans deux pensionnats de jeunes filles, aux Etats-Unis, il n'y a pas bien longtemps, et par l'un desquelles plusieurs jeunes pensionnaires ont perdu la vie. Le même malheur peut arriver ici, car le même danger nous menace à chaque instant ; ce danger est peut-être encore plus grand, à cause de la rigueur de notre climat, et des feux qu'il faut entretenir, l'hiver, pour le chauffage de nos internats.

Nous nous sommes bien souvent demandé pourquoi on n'établirait pas dans les étages supérieurs, les classes, les salles de récréation, les réfectoires, les cuisines, bref, toutes les chambres où l'on ne séjourne que pendant la clarté du jour, pour réserver aux dortoirs et aux salles d'étude les pièces du rez-dechaussée qui ouvrent sur le sol même ? Cela pourrait compliquer légèrement le service peut-être ; mais il y aurait moyen de faire disparaître cet obstacle insignifiant en se servant d'ascenseurs, comme on le fait dans un grand nombre de logis modernes. Dans tous les cas, il s'agit, ici, de protéger la vie humaine, et il faut y pourvoir, même en s'im posant quelques sacrifices. N'attendons pas, comme c'est notre habitude, que le mal soit arrivé pour songer aux moyens de le prévenir. Dans les maisons particulières, le même péril ne se présente pas puisque le petit nom-

bre de personnes qui couchent dans les étages supérieurs ne saurait occasionner de panique ni former d'entassement aux portes.

Et h ce sujet, ne serait-il pas à propos de nommer des inspecteurs spéciaux, chargés de visiter fréquemment nos pensionnats et de s'assurer s'ils ont toutes les conditions suffisantes de sécurité contre les incendies, et les appareils de sauvetage nécessaires ?

Nous comprenons que, pour les internats de jeunes filles, et surtout pour les maisons cloîtrées, la chose peut présenter quelques difficultés ; mais on peut facilement faire disparaître l'obstacle en nommant des inspectrices ; la chose se pratique, du reste, — croyonsnous, — dans certains pays d'Europe.

Un autre point sur lequel nous désirons appeler l'attention, c'est le vêtement. Non seulement on doit exiger, sous ce rapport, la plus grande propreté, mais on doit veiller aussi à ce que l'élève soit vêtu assez chaudement pour la saison rigoureuse ; et on ne doit pas permettre — comme cela se pratique en certains endroits, — que les enfants sortent, l'hiver, même pour la plus courte récréation, sans s'être convenablement couverts. Il ne faut pas craindre de perdre cinq ou dix minutes: c'est une question de santé, et, ici, ces questions priment toutes les autres.

Il y aurait beaucoup à relever aussi sur le sujet de la politesse et de la bienséance. Dans beaucoup d'établissements scolaires, ce sujet est complètement

mis de côté ; et pourtant c'est un point très important. Nous sommes ici les représentants de la vieille politesse française, et nous devons nous montrer dignes de ce rôle honorable. Mais même au point de vue de l'intérêt, la politesse est encore extrêmement désirable ; notre expérience nous a démontré, en effet, qu'entre deux hommes également instruits et capables de remplir une position lucrative, celui des deux qui a les meilleurs manières sera toujours le pré- Ce n'est pourtant pas ce qu'on enseigne dans la plupart de nos écoles. Les maîtres ont, d'abord, la déplorable habitude de tutoyer les élèves ; et, loin de leur enseigner les bonnes manières, ils leurs donnent par leurs actions et leur langage, les exemples les plus regrettables. Nous n'exagérons point ; le mal est plus grand et plus haut qu'on ne le pense.

Aussi, sommes-nous heureux d'apprendre qu'on a décidé, en certains endroits, de décerner de3 prix spéciaux aux élèves qui se seront distingués par leur politesse et leurs bonnes manières. C'est déjà un commencement.

Avant de terminer, nous dédirons dire toute l'importance que nous attachons au rôle que remplissent les journaux qui s'occupent spécialement des questions scolaires. Il y a eu, sous ce rapport, de grand progrès depuis quelques années. Nous avons maintenant, surtout à Québec et à Montréal, des feuilles

rédigées par des gens du métier, et qui traitent les différentes matières de l'enseignement d'une façon très pratique. Il faudrait les encourager davantage encore pour leur permettre d'étendre leur sphère d'action ; car c'est une grande et utile mission qu'ils ont à remplir.

Les couférences d'instituteurs (Teachers Institutes) ont également produit beaucoup de fruits ; il y a encore là une œuvre importante à soutenir et à encourager.

Et maintenant, il est bien facile de donner les conclusions de ce travail ; elles se déduisent d'ellesmêmes. Les parents ont le devoir d'instruire leurs enfants et l'Etat a le devoir de leur en faciliter les moyens dans les conditions les plus favorables pour produire les meilleurs résultats. Pour cela, il faut relever l'école primaire et lui donner un caractère tel, que son enseignement puisse former une base assez solide pour servir de fondation à l'édifice complet, si les circonstances permettent de le terminer, ou pour mettre l'enfant en état d'en tirer le plus grand profit, s'il doit se contenter de ces premiers éléments. Et pour relever l'école, comme on l'a vu plus haut, relevons la condition de l'instituteur ; faisons-le asseoir au même rang que les autres professions, plus haut même, puisqu'il y a véritablement droit.

Nous dirons la même chose de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur. Donnons-

leur tout le développement dont ils sont susceptibles, en nous gardant bien cependant de produire l'encombrement des programmes, qui fatigue et qui décourage. Knseignons de telle façon que l'élève, au sortir de son cours, éprouve le désir, le besoin d'apprendre encore.

Ne nous contentons pas de cultiver son intelligence, donnons-lui aussi l'éducation physique qui met un corps robuste au service d'un esprit largement et sainement développé.

Formons aussi un caractère viril qui sache compter sur ses propres forces et accepter hardiment les rosponsabilités personnelles qui s'imposent à chaque instant dans cette lutte pour la vie.

Faisons des citoyens instruits de leurs devoirs et de leurs droits politiques, afin qu'ils puissent exercer les uns et remplir les autres en mesurant toute l'importance et l'utilité de l'acte accompli. Elevons des jeunes filles qui puissent plus tard, non seulement être l'ornement de la société, mais encore et surtout, faire de bonnes mères de famille et de bonnes maîtresses de maison.

Donnons, en un mot, à tous nos enfants les moyens d'action les plus larges et les plus complets pour fournir une carrière utile et profitable, et nous aurons fait le meilleur travail possible pour produire la prospérité et la grandeur du pays.

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