LES ÉCOLES DU SOIE
Dans les villes, les moyens de s'instruire ne manquent pas. Depuis la maison de haute éducation jusqu'à la petite école où l'enfant apprend son alphabet, il y a une foule d'institutions de tous genres qui distribuent abondamment le pain de la science à ceux qui viennent le demander. Et cependant, un très grand nombre de personnes se trouvent encore privées de bienfaits de l'éducation, soit parce qu'elles 'iont pas les moyens de payer leur écolage,
ou parce que le travail qui absorba f„„ i •
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" Nous ne donnons que $160,000 aux écoles élémentaires et $70,000 à ce qu'on appelle l'instruction supérieure. J'admire et je respecte nos collèges classiques, que nous devons au dévoûment de prêtres vertueux, véritables amis de leur pays, et je ne veux diminuer en rien leur prestige et leur mérite, mais je combats un système qui n'est ni juste ni sage. C'est le peuple surtout que l'on doit chercher à instruire ; le riche peut se protéger tout seul ; je dis que c'est à l'enfant du pauvre que l'on doit tendre la main bienfaisante de l'éducation, pour le protéger contre les dangers qui l'assiègent, pour le sortir de la misère qui peut tuer cette jeune intelligence naissante et lui ouvrir à deux battants les portes de l'avenir et de l'honneur."......
Et dans un autre travail, nous trouvons encore ces paroles :
" .... Certaines sciences, belles et louables en ellesmêmes, seraient peu utiles à nos manufacturiers, à nos commis, à nos artisans, et ces sciences, tout intéressantes qu'elles soient, ne mèneraient pas loin ceux qui voudraient s'en contenter, a notre époque et surtout dans nos villes d'Amérique.
" Ceux qui ont le temps et les moyens d'apprendre le latin et le grec, l'astronomie et les autres sciences de cette nature, font bien de les apprendre, mais pour qu'elles leur suffisent dans le monde, il faut qu'ils aient de la fortune. Or, comme je n'ai pas à m'oc-
cuper, pour le moment, de fônatmnH .
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encore des commotions politiques et sociales fort dangereuses.
Et plus loin encore :
" Ce reflet de gloire qui nous arrive du vieux
monde, nous impose de nouveaux devoirs au premier rang desquels nous (levons placer la nécessité de tirer le peuple de sa léthargie et de faire parvenir jusqu'à lui les bienfaits de l'instruction. L'ignorance, c'est la re, l'instruction, c'est la fortune ; l'ignorance, c'est l'esclavage, l'instruction, c'est la liberté. La mère doit son lait à l'enfant qu'elle a mis au monde, le père lui doit le pain, la société lui doit l'instruction. Et ce peuple, que nous devons instruire, c'est le vrai peuple, celui qui travaille : laboureurs et artisans, les pères nourriciers du genre humain, ceux qui construisent, ceux qui sèment, mais qui, hélas ! ne récoltent pas toujours. Ouvrons à ceux-là, et à deux battants, les portes du temple qui répand sa lumière bienfaisante sur le inonde ; assurons-nous que cette lumière pénètre jusqu'aux plus humbles chaumières, et, avec elle, faisons-y arriver ces paroles de Lamennais : " Hommes de travail, prenez donc " courage, ne vous manquez point à vous-mêmes, et " Dieu ne vous manquera point. Chacun de vos " efforts produira son fruit, amènera dans votre sort " une amélioration d'où successivement en sortiront " d'autres plus grandes, et de celles-ci d'autres encore, " jusqu'au jour où la terre, pleinement renouvelée,
recueille et partage en pah la moisson »
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f.u.t et qtlI sont destinées à eu produire bien davan toge encore à mesure que leur spnére d'act n ^ en-" fa, b« .surtout lorsque le peuple se sera habite à fane sa bonne part du chemin pour se rendre à ia ~ouand ce„e-ci vient généreusement an devant
Nous croyons donc que l'établissement de ces
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Sous ce titre général, nous pouvons classer nn assez grand nombre de sujets spéciaux qui s-y rap!
portent de près on de loin : les bâtiments scolaires et leurs dépendances, le mobilier ; la classe, l'étude, la :ttion, les congés, les vacances la gymnastique, les jeux, les punitions, l'hygiène intellectuelle, qui produit le caractère viril.
Voici l'article de la loi qui concerne la construction des maisons d'école :
" Aucune cotisation excédant la somme de mille piastres pour la construction d'une école supérieure, académique ou modèle, ou la somme de seize cents piastres pour la construction d'une maison d'école élémentaire, ne peut être imposée, à moins que les commissaires eu les syndics ne soient spécialement autorisés par le surintendant à prélever un montant plus considérable.
" Les maisons d'école doivent être construites cou formément aux plans et^devis approuvés ou fournis par le surintendant."
Voilà assurément une loi très sage et qui date déjà d'assez loin, puisqu'elle reproduit à peu près l'article 10 du chapitre 22 de la 40e Victoria (1876) et que son principe était déjà énoncé dans le chapitre 15 des statuts refondus du Bas-Canada (1859), lequel, cependant, n'accordait que mille piastres pour les écoles académiques ou modèles, et cinq cents piastres pour les écoles élémentaires. Les sommes fixées par la loi de 1876 sont très suffisantes pour les maisons d'école construites dans les campagnes ou dans petites villes,
et on peut obtenir la permission de les augmenter, dans les centres plus considérables. D'un autre côté, l'obligation de faire approuver les plans par le surintendant de l'instruction publique offre une garantie suffisante, il nous semble, des bonnes qualités de la construction.
Si toutes les maisons d'école étaient construites dans ces conditions, il y aurait donc lieu d'affirmer que les élèves de notre province, sous ce rapport, n'ont absolument rien à désirer. Malheureusement il n'en est pas ainsi. Dans bien des endroits les maisons sont fort anciennes, et dans les municipalités pauvres, — qui sont assez nombreuses, — il n'est guère possible d'exiger rigoureusement l'exécution de la loi. Et, du reste, il y a un grand nombre d'établissements scolaires qui se trouvent, par leur position même, soustraits presque complètement à l'application du règlement. Les bâtiments ont un aspect lugubre, une apparence de prison ; les classes son malpropres, mal éclairées, mal ventilées; le mobilier n'offre aucune des qualités qu'exige le bien-être, le confort des élèves, lesquels, au lieu de se sentir attirés et retenus à l'école, n'éprouvent que le désir d'y entrer le plus tard et d'en sortir le plus tôt possible. Les terrains qui les entourent sont tristes et dénudés. Et pourtant, ce sont là des conditions qui devraient éveiller la plus vive sollicitude : " Couvrons le sol de notre province de maisons d'école dit l'honorable M. Mtrcier, dans un de ses discours ; faisons-les nom-
breuses, élégantes, confortables, pour que nos enfants aiment à les voir et à les fréquenter.
" Entourons-les d'arbres et de fleurs, pour que cette jeunesse, qui est l'espérance de la patrie, sache que " l'instruction est l'ornement du riche et la " richesse du pauvre," suivant la pensée d'un philo- " sophe."
C'est un triste spectacle qu'offrent un grand nombre de nos écoles aux heures de classe. Pendant qu'aux alentours, dans la campagne, le soleil fait jouer ses reflets dorés sur les feuilles vertes et que le vent apporte du dehors, à travers les croisées, des bouffées d'air tiède et parfumé ; pendant que les oiseaux font entendre partout leurs cris joyeux et leurs chansons, ces pauvres petits, assis immobiles, dans leur sombre salle, sur leurs bancs durs et sans dossiers, au milieu du sourd murmure des leçons, penchent sur leurs livres un regard alangui et bredouillent d'un ton lassé, rêvant sur le mystère, insondable pour eux, des règles de la grammaire. Il ont, à cet âge du rire et de la joie, la figure pensive, sérieuse et fatiguée des chercheurs. S'il survient une distraction qui les tire de leur ahurissement et les fasse reprendre un peu de vie et de gaîté, le maître frappe avec sa règle sur son pupitre, et de suite, le silence se rétablit, ou plutôt le bourdonnement ennuyeux recommence sa musique monotone.
"r--Le» petto reprennent l'ouvrage En regardant l'heure courir • Ha attendent, oiseaux en cage, Qu'on Jour permette de sortir' Et, ce n'est pas seulement clans les np#i^ s
de village que les ohm». P CC°les
c que les cnoses se passent ainsi • il
beaucoup d'établissements de nl„Q \i . ,llya
Il fondrait donc pour fairp rf,'»™, ♦* vénient, MM.» * ,- traître ces incon-
vénients, tacner d améliorer mrM„t i
matérielles de nos écoles^ 1 , * Condltion«
nos écoles, et les rendre sembla bW
autant que possible, à celles qui ofïren !! ' qualités requises «r », 0Utes les
i equises, — et nous en avons un très ,nn,l
sièges qui permettent à l'élève de s'appuyer et V reposer, de temps à autre. Il faut 2^1 u étendue couveuable - ce n'es » T " """
avec des fleurs là où la chcse est possible* Tendrait, en un mot s'efforcer de mettr» „ . ï vigueur, à cet égard, les sages rèllern^s d„ 1
de l'Instruction publique qui ^T^T^ -s.be amélioration dansl plupart de^tT Dans les endroits où la cbose est poSsible, a ,etu drait pas se contenter de couner I» oU courte récréation, mais condnT es é t? F* ™
-re pièce. N0us codons de^CntrC
ce mode est rigoureusement suivi et il offre de grands avantages. D'abord, ce simple changement, ou ce déménagement, si vous le voulez, les repose et leur donne un nouveau courage pour le travail. Nous en avons l'expérience, et nous pouvons affirmer qu'il y a là un fait dont les résultats sont plus importants qu'il n'y paraît de prime abord. En outre, lorsque les élèves sont rendus dans une nouvelle pièce, on peut aérer complètement celle qu'ils viennent de quitter. Voilà une chose dont on ne tient pas assez compte dans nos écoles : la ventilation y est généralement négligée ou pratiquée d'une façon qui prête à de grands inconvénients. Le professeur a-t-il trop chaud, ou bien sent-il l'air se vicier ? il fait ouvrir un carreau. L'atmosphère se renouvelle sans doute, dans une certaine mesure ; mais quel est le résultat pour les pauvres enfants qui se trouvent dans le voisinage du carreau entr'ouvert ? Les rhumes, les affections des bronches, les névralgies et les maux d'yeux ou d'oreilles, si fréquents dans nos écoles, n'ont souvent pas d'autre origine. Avec un climat comme le nôtre, ces considérations méritent qu'on les pèse sérieusement.
Il y a des endroits où il est peut-être impossible de mettre la chose en pratique, nous le savons ; mais ce que nous savons également, c'est que les commissaires d'écoles, ou les propriétaires d'écoles indépendantes ont le devoir de la rendre possible. Quant au professeur, je comprends que c'est peut-être pour lui
M surcroît de travail, que cela nuit un peu à la d=e. Mais ne, instituteurs sont pleins^ lie! vouement nous .sommes heureux de leur rendre
oertam, à «.imposer de nouveaux sacrifices pour le bien des enfants qui leur sont confies, pourvu tou tefes que les autorités scolaires leur prêtent u, secours efficace. Elever et instruire des enfants ni J- une chose qui se fasse sans peine, et le colon d un régiment bien discipliné a un sort bien plus enviable, sans doute, que le directeur d'une cla e
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nfiex.ble de la caserne ne saurait s'applique, à
sera ™, '* n S°" teMpS d%0lier' Ce su-euir sera pour lu. une bonne leçon de pédagogie.
JvenTr TS Ven°"S dS k V°ir> '» dass< <=st souvent trop fat.gante pour l'élève, que dire de
Utvde q„,, dans les pensionnats, est aussi longue et plus monotone l Ici, pas de leçons à réciter, pCde devers a corriger, pas de problèmes ou d'exerc ce au tableau noir. Le travail immobile et silen Ux du commencement iusou'à >, u « i silencieux
. , . bIlt-Jusqua a la fin, le SOir surtout à
a lueur du gaz ou des lampes : voilà la pénitence dans laquelle l'élève entre au premier septe nb e pour n'en resS„rtir qu'au preœier juillet> P~ fois au quinze seulement. quelque-
Nous allons détailler la journée oixlinaire d'un
élève, daDs un grand nombre de pensionnats, afin de donner une idée de la somme de travail exigée chaque jour. Nous donnons ces chiffres d'après nos observations personnelles ; il est juste d'ajouter, que dans la plupart des pensionnats, on a fait, depuis, de sérieuses modifications.
5 heures À. M lever.
5J " " prière.
" " .... étude jusqu'à 7 heures.
ï '" " déjeuner.