‹ Nos enfants drame en cinq actesChapitre 32 sur 87 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

vauccnt sur la même ligne, leur bouquet à ln main, elle pousse un cri et se précipite vers son père.) Ail 1 mon pci'C !... Eugène!...

Albert !... mes amis!., je...

Elle chancelle, le p'ro Girnuil la prend dans ses bras,

Morel et Eugène l'entourent.

GIRAUD

Eli bien! mon enfant! cb bien!...

EUGÈNE

Marguerite!

MOREL

Qu’avez- vous?

MARGUERITE, se remettant.

Rien!... rien... une faiblesse... depuis quelque temps... j’v suis sujette... l’émotion... je ne m’attendais pas... c’est fini, et puis, vous le dirai-je ? j’ai eu peur!... c’est puéril, n’est-ce pas?... mais ces lleurs toutes blanches m’ont effrayée !

MOREL

Effrayée?

MARGUERITE, après un silence, avec égarement.

C’est aux tilles qui ne sont pas mariées et qui viennent de mourir, qu’on apporte des fleurs comme celles-ci, n’cst-cc pas?

Tous font un mouvement.

GIRAUD, avec dos larmes.

Marguerite, ma pauvre Marguerite, qu’esl-ce que tu dis donc là?

MARGUERITE, revenant à elle

Oh ! pardon ! vous voyez, je déraisonne... je gâte votre joie... mais je n’ai pu me défendre de cette impression qui m’a glacée, 11e m’en voulez pas.

GIRAUD

Nous, t’cn vouloir!

MARGUERITE

Voyons, père, regardez, je n’y pense plus Je ris maintenant.

GIRAUD , s’essayant les yeux.

C’est ma foi vrai, qu’elle rit... tiens, ça me fait l’effet du soleil après une ondée!.. Eugène! vois-moi ces yeux-là! Oh ! tu n’as pas besoin de te retourner, va! O11 sait bfeuquc tu n’es pas plus fort que nous et que tu as versé aussi ta petite larme!

* Il s’essuie encore les yeux.

MARGUERITE, tendant la main à Eugène.

Ce bon Eugène!

EUGÈNE

Oui! ce bon Eugène! Ab! vous avez de jolis compliments pour ceux qui viennent vous souhaiter votre fêle !

MARGUERITE , prenant les

bouquets et allant vases.

les déposer dans des

Ne grondez pas. Je ne le ferai plus jamais!

EUGENE, prenant le père Giraud A part et d’une voix émue.

Pèic Giraud, je n’y liens plus!

GIRAUD

Qu’csi-cc qui le prend? tu vas le trouver mal aussi, loi? EUGÈNE.

Non, je me trouve très-bien ! seulement ça m’étouffe!

GIRAUD, goguenard .

Quoi! qu’cst-cc qui t’étoulfe? Tu étouffes avant le dîner , toi ? ch bien! ça promet pour le rôti!

EUGÈNE, le suivant.

Père Giraud, ne me taquinez pas, vous savez bien ce que je veux vous dire... vous savez bien ce que j’ai sur les lèvres !

GIRAUD, souriant.

Je ne sais rien du tout, moi, d’abord!

EUGÈNE

Vous n’avez pas vu que je l’aime! que je l’aime d^jpuisdos années, que je l’aime à mourir, si elle ne devient pas ma femme! j ai caché mon amour longtemps, tant que j’ai pu, mais maintenant il déborde, il...

GIRAUD, l'interrompant.

Écoute : Tu m’ennuies, loi ! tu vas m’en conter comme ça

Î icndant une heure; les amoureux, je les connais : une fois ancés, c’est comme les machines Cramplon ! il faut le diable pour les arrêter... je te retire la parole, c’est moi qui finirai ton 'histoire.

* EUGÈNE

Vous ?

GIRAUD

Au dessert !

EUGÈNE, se jetant A son cou.

Oh! père Giraud ! laissez-moi vous embrasser!

GIRAUD, se dégageant pour cacher son émotion.

Veux-tu bien finir ! tu chiffonnes mon linge !... Il est fou, ma parole d’honneur I ce gamin-là !

là porta s’ouvre et madame Bouquin parait.

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