G I II A U D
Ali ! si elle le demande, il ne faut pas lui refuser cette satisfaction. Allons, mes enfants, aidons celle bonne madame Bouquin, (a Morel.) Viens chercher la table.
Giraud et Morel portent la tnblo de droite au milieu do la pièce ; madame Bouquin dépose les couverts, aidée de Marguerite; on se place à table, Eugène à gauche, au bout Giraud et Marguerite en face, Morel è droite. MADAME BOUQUIN, posant une soupière sur la table.
Voila le potage! un potage de princes : c’est du poturon.
MOREL
Potiron, madame Bouquin!
MADAME BOUQUIN
Ah brn ! polu, poli, les femmes n’arrivent jamais à l’Académie, ainsi...
EUGÈNE
Bravo ! madame Bouquin.
Ils se mettent- tous à table.
GIRAUD
Ali ! pardon, mes enfants ! (il se lève et retire sa calotte avec dignité.) Chaque fois que je memets à table, je remercie le bon Dieu. C’est Une habitude d’enfanCC. (Tous se lèvent, avec majesté et les yeux au ciel.) Mon Dieu ! je vous bénis pour ce repas que vous nous accordez ! Daignez faire aux autres la môme
faveur.! (ils se rasseyent tous. — Giraud reprend sa calotte et embrasse sa fille.) Et c’est ainsi que ma mère terminait.
MADAME BOUQUIN, à Giraud en pleurant.
Eli ben! vous ôtes un vrai brave homme, vous !... Je vais chercher la dinde !
Auguste et Jacques paraissent stlr le seuil de la porte.