I S1D0RE
Monsieur le comte, je vais le morigéner, cet ancien-là.
Il sort par le fond.
Hue! dada 1 hue!
' Théodore, lu n’as pas d t bonjour à ton frère.
T O T 0 , bourru.
Lui non plus ne me l’a pas dit.
LE COMTE
Tu es le plus jeune, c’est à loi de commencer.
TOTO
Ah ! tu vas me faire des remontrances, je m’en vais.
‘ Il sort en conrant.
LE COMTE, se retournant.
Bon voyage !... (n se remet à trarniiier.) Isidore ne te quitte donc plus ? Je le comprends. C’est ton messager ordina're et galant ?
LUCIEN
Mon père, vous supposez...
LE COMTE
Fais donc le bon apôtre- (Lui prennnt le brns;ils se promènent.)
Dois-je te tonfesser?... J’ai été jeune aussi! Je me suis laissé dire que pendant ton séjour chez ta tante, au château de Sainte-Lucie, il y a quelques mois, tu avais passé bien des journées chez un garde du nom d’Hubert, et que ce n’était pas pour y chasser la grosse bète. Est-ce qu’on m’aurait trompé ?
LUCIEN
Mon Dieu !... oui, mon père, on vous a trompé.
LE COMTE
Ah !... (Après un silence.) Lucien, tu as tort de te délier de moi... Je suis ton père, mais je suis ton ami également.
LUCIEN
Mais... vous ne m’avez jamais parlé a : nsi.
LE COMTE
Tu es un homme aujourd’hui ; ta mère me saura gré de l’initiative que je prends; il y a des questions... délirâtes, dans lesquelles une femme, fût-elle deux fois mère, ne saurait entrer... Souviens-toi de cela, et, au besoin, du vieil ami que je t’offre et qui te tend la main ! (Antoine entre et présente ou comte une lettre sur un plot d’orgenl.) C’est pour mon fils. (Lucien prend ln lettre et la met dans sa poche.) Lis, ÜS donc, ne te gène-
pas.
LUCIEN, après avoir lu.
C'est de monsieur de Fleurnais ; il m’écrit...
„ LE COMTE
Sans doute pour te rappeler votre rendez-vous. Tu iras à ce déjeuner. De ce que je suis tombé ce malin comme une surprise dans la maison, je n’entends ni ne veux déranger personne, au contraire. Tiens, j’ai là mille francs, tu vas les prendre pour fêter ma bienvenue.
Ah ! mon père !
LE COMTE , cherchant dons son portefeuille et sur la table oii sont les
papiers.
Mais certainement! Eh bien! où ai-je fourré ce billet? l’aurai-je perdu ? ce serait trop béte ! (a Lucien.) Ma foi, c’est ainsi, c’est mille francs que je te dois.
LUCIEN, A part..
Cinquante louis quand il me faudrait cinquante mille francs, si j’osais !!!... mais non ! À quoi bon? il me les refuserait et tout serait découvert.
ANTOINE, annonçant.
Monsieur Giraud I
LUCIEN, à part.
Lui ! * 7.
LE COMTE
Tu t’en vas ?
LUCIEN, revenant sur ses pas.
Je craignais d’ôlre de trop, (a part.) Il ne me connaît pas, heureusement.
Il s'assied devant le piano, tournant la d< s. — Entre Giraud avec Toto accroché aux pans de son hobit.