ACTE TROISIÈME
Du strass f... . *
LECOMTE
Vous vous trompez, monsieur ! c’est impossible.
EÜGÈNE.
Je ne me trompe pas, monsieur, ces diamants sont faux.
LA COMTESSE
Faux ! faux ! dites-vous ? mais alors, monsieur ?...
LE COMTE, l’interrompant.
Mais alors, madame, quelqu’un vous a volée !
Il se 1ère.
EUGÈNE
Comment! vous ne saviez pas que ces parures étaient imitées, et ce n'est pas vous qui les avez fait faire?
LA COMTESSE
Jamais!
LE COMTE
Un voleur aura substitué celles-ci aux vôtres... on a pénétré chez vous impunément et vous ne vous êtes aperçue de rien... vous ne savez rien?... mais parlez, répondez, madame.
LA COMTESSE
En vérité, monsieur, je suis aussi surprise que vous... vous me voyez confondue.
LE COMTE
Où étaient vos diamants, madame ?
LA COMTE SSE
Dans mon boudoir, vous le savez bien, je les tenais enfermés dans un coffret d’acier dont la clef ne me quitte jamais.
LE COMTE
Où est cette clef ?...
LA COMTESSE
La voici... que voulez-vous faire?...
'LE COMTE
Voir, chercher, fouil cr toutes vos armoires. Je trouverai peut-être une trace... un éclaircissement.
Il sort à droite.
LA COMTESSE, à Eugène.
Encore une foi*, monsieur, vous ne vous trompez pas ?
EUGÈNE
Je vous le répète, madame la comtesse, une erreur est impossible 1
LA COMTESSE, à elle-même.
Mais qui peut être entré dans ce boudoir, qtii peut avoir commis un pareil crime, ma tête s’y perd 1 je ne puis croire encore ?...
LE COMTE, rentrant.
Rien ! aucun vestige ! ah ! celui qui vous a volé, madame, est habile !
EUGÈNE
Veuillez m’excuser, monsieur le romle, mais voici un renseignement qui peut vous aider à le découvrir. Je me souviens maintenant qu’un médaillon faisant partie de ce collier... c’est-à-dire du vrai collier, à été trouvé pir un de mes amis. J’ai cru le reconnaître et je lui ai désigné madame la comtesse comme en étant propriétaire ; vous l’a-t-il raj. porté?...
LA COMTESSE
Comment se nomme votre ami ?...
EUGÈ NE.
Albert Morel.
LA COMTESSE
C’est bien cela; tout à l’heure il m’a parlé de ce médaillon, mais n’ayant remarqué aucune dispariiion, je n’ai môme pas pris soin d’examiner celui qu’il avait à la main.
LE COMTE
Et savez-vous où il a trouvé ce médaillon ?
EUGÈNE
C’est la seule question que j’ai omis de lui faire, mais je puis, si vous le désirez, voir immédiatement M. Morel.
JL E COMTE.
Vous me rendrez service. (Eugène sort rivement.) Volés !. ces diamants auxquels vous savez que j’attachais tant de prix I ah! madame, voilà une négligence bien cruelle !
Que parlez-vous de négligence, monsieur?... suis-je responsable si quelqu’un de nos gens a commis un pareil vol? Ce qu’il faut avant tout, c’e.'l de prévenir la justice. Deux cent mille francs.de diamants ne disparaissent pas ainsi, ils se ret-ouveront, cela est certain... mais il est nécessaire défaire immédiatement des démarches.
LE COMTE.'
. La seule qu’il y ait à faire pour le moment, c’est de savoir où ce médaillon a été retrouvé, (it sonne à un timbre sur ln table. Antoine parait.) Qu’OIl tlllèlô SUr-lc-Cliamp. (A In comtesse.) Kl je
vais le savoir.
LA COMTESSE
Je désire vous accompagner... le temps de mettre un chapeau, et je suis à vous. Elle sort.
LE COMTE
Je vous attends, madame... je me demande encore si cet homme ne s’est pas trompé... on jurerait que ces pierres sont bien celles de la comtesse ! que croire... qui soupçonner?...