‹ Nos enfants drame en cinq actesChapitre 70 sur 87 · MAT1I IL D E · texte numérisé non relu

MAT1I IL D E

Vous avez raison... je... je venais vous demander un conseil !

GIRAUD

A moi ?... Je vous connais à peine. Pourquoi m'avoir choisi plutôt qu’un autre?

MATHILDE

•Pourquoi ?... ah ! voilà, c’est que j'ai pleine confiance en vous, moi... ensuite... ensuite, père Giraud, c’est que je vous aime... vous allez encore me demander pourquoi?... eh bien, je vous l'expliquerai d’un mot : J’aime monsieur Morel, vous l’avez élévé, et je vous aime pour cela... êtes-vous content?

. GIRAUD, lui présentant une cliaise.

Je vous crois, asseyons-nous!

MATHILDE, s'assied.

Met ci ! j’ai une amie, monsieur Giraud... c’est une honnête et brave fille... elle est bien malheureuse eu ce moment, allez!.

GIRAUD, s assied.

S, ms le vouloir, vous me torturez depuis une heure, ma- * demoiselle, — je vais abréger votre récit : Cette pauvre fille a été trompée... elle se nomme...

MATHILDE

Du tout... vôUj n’y êtes pas!

GI U A L‘ D, ù part.

Ce n’est donc pas de Marguerite qu’elle veut parler ?

MATHILDE

On l’accuse d’un vol, monsieur I

GIRAUD

Ah!

MAT1ULD E.

Et elle est innocente, j’en suis sûre!

GIRAUD

La malheureuse enfant!

MATHILDE

Des diamants ont disparu... une grosse somme... deux cent mille francs, mais ma mère n’aunitdû jamais la soupçonner !

Ah ! c’est madame votçe mûre.

MATHILDE

Oui, monsieur. D’après quelques paroles que je lui ni cntcndu'dirc : j’ai tout compris... je suis venue immédiatement. Alors voilà ce que j’avais* l'intention de faire : je voulais aller trouver le père...

GIRAUD

Ah ! il v a un père ?. .

MATHILDE

Oui, il y a un père, un excellent père que tout le monde respecte... je ni aurais dit : Monsieur, un grand malheur menace votre tille, elle est injustement accusée d'un crime, cmmencz-la vite, quittez Pans, je me charge de tout airangn ! Que dites-vous de mon idée ?

GIRAUD

Vous lui conseillez de fuir?

MATHILDE

J’ai pensé à tout. Il Se peut qu’il n’ait pas d’argent chez lui" en ce moment, je lui offrirai mes petites économies, alors... et je lui dirai : Vous me les rendrez quand vous pourrez, je su s votre amie... mais partez, parlez, et je réponds de tout.

GIRAUD

Un honnête homme refuserait, mon enfant.

MATHILDE

Il refuserait?..'. Mais si ma mère était assez puissante pour faire arrêter cette malheureuse enfant?...

La justice serait assez forte pour l’arracher de sa pri.on.

MATHILDE

Oh! ne luttez pas, monsieur Giraud, ne luttez pas, vous seriez brisé !

GIRAUD, se àevnnt, avec éclnt.

Moi!

MATHILDE

Vous !..'. la vérité m’a échappé I!

GIRAUD

Voyons ! qu’est-ce que vous voulez dire?... un vol?... et

Page 1