MAT1I IL D E
Vous avez raison... je... je venais vous demander un conseil !
GIRAUD
A moi ?... Je vous connais à peine. Pourquoi m'avoir choisi plutôt qu’un autre?
MATHILDE
•Pourquoi ?... ah ! voilà, c’est que j'ai pleine confiance en vous, moi... ensuite... ensuite, père Giraud, c’est que je vous aime... vous allez encore me demander pourquoi?... eh bien, je vous l'expliquerai d’un mot : J’aime monsieur Morel, vous l’avez élévé, et je vous aime pour cela... êtes-vous content?
. GIRAUD, lui présentant une cliaise.
Je vous crois, asseyons-nous!
MATHILDE, s'assied.
Met ci ! j’ai une amie, monsieur Giraud... c’est une honnête et brave fille... elle est bien malheureuse eu ce moment, allez!.
GIRAUD, s assied.
S, ms le vouloir, vous me torturez depuis une heure, ma- * demoiselle, — je vais abréger votre récit : Cette pauvre fille a été trompée... elle se nomme...
MATHILDE
Du tout... vôUj n’y êtes pas!
GI U A L‘ D, ù part.
Ce n’est donc pas de Marguerite qu’elle veut parler ?
MATHILDE
On l’accuse d’un vol, monsieur I
GIRAUD
Ah!
MAT1ULD E.
Et elle est innocente, j’en suis sûre!
GIRAUD
La malheureuse enfant!
MATHILDE
Des diamants ont disparu... une grosse somme... deux cent mille francs, mais ma mère n’aunitdû jamais la soupçonner !
Ah ! c’est madame votçe mûre.
MATHILDE
Oui, monsieur. D’après quelques paroles que je lui ni cntcndu'dirc : j’ai tout compris... je suis venue immédiatement. Alors voilà ce que j’avais* l'intention de faire : je voulais aller trouver le père...
GIRAUD
Ah ! il v a un père ?. .
MATHILDE
Oui, il y a un père, un excellent père que tout le monde respecte... je ni aurais dit : Monsieur, un grand malheur menace votre tille, elle est injustement accusée d'un crime, cmmencz-la vite, quittez Pans, je me charge de tout airangn ! Que dites-vous de mon idée ?
GIRAUD
Vous lui conseillez de fuir?
MATHILDE
J’ai pensé à tout. Il Se peut qu’il n’ait pas d’argent chez lui" en ce moment, je lui offrirai mes petites économies, alors... et je lui dirai : Vous me les rendrez quand vous pourrez, je su s votre amie... mais partez, parlez, et je réponds de tout.
GIRAUD
Un honnête homme refuserait, mon enfant.
MATHILDE
Il refuserait?..'. Mais si ma mère était assez puissante pour faire arrêter cette malheureuse enfant?...
La justice serait assez forte pour l’arracher de sa pri.on.
MATHILDE
Oh! ne luttez pas, monsieur Giraud, ne luttez pas, vous seriez brisé !
GIRAUD, se àevnnt, avec éclnt.
Moi!
MATHILDE
Vous !..'. la vérité m’a échappé I!
GIRAUD
Voyons ! qu’est-ce que vous voulez dire?... un vol?... et