ACTE CINQUIÈME
EUGÈNE
(ju’avez-voüs donc?
GIRAUD, lui présenta® un verre d'enu.
Bois... bois un peu !
MARGUE RITE, s'efforçant de sourire.
Merci, père !.... J; suis une solto! je finirai par vous corxaircre que je ne suis plus bonne qu’à mcilre en terre! (Ai'nnt «r A l.i terrasse. ) Ail ! le Beau temps 1 . (Elle retourne à la terrasse ; s’asseyant par terre à côté du berceau.) Le Soleil Il OU 3 fcrîl ÜU bien !
Ln téta appuyée sur le berceau, elle le remue tout doucement en chantonnant: Do, do, l’enfant do!... — Giraud, Eugène et Morel restent dans
la rhambre.
GIRAUD, fourrant son mouchoir dons sa bouche pour étouffer ses • sanglots.
Oh ! oh ! oh ! •
r MOREL.
Voyons, père Giraud, du courage !
GIRAUI), à voix bsase.
Est-ce que j’en manque lant qu’elle est là, est-ce que je ne iis pas?... Je ris ci je vois la mort sur son visage, car nous la perdrons, voyez-vous, je le sens là I
EUGENE, d’une voix sourde.
Elle l’aime donc bien !
* GIRAUD
Ce n’est pas cela, malheureux. ... c’est le mépris qu’on fait d’t lle qui la tue !
MOREL, indigné.
I c mépris !
EUGÈNE
El (iui donc oserait ?
* GIRAUD
Vous ne connaissez pas le monde !... Elle sera une bonne mère... el'c élèvera bien son enfaut... elle en fera un homme de cour.... el puis un beau jour.... Ah ! vous me comprenez , • bien !... Un beau jour on lui jcll ra à la figure que ce lils-là n’a pas de | ère !... çl ce jour -là, voyez-vous, elle a déjà deviné qu’il arriverait !
EUGKN E.
II n’ai ri vira jamais, père Giraud, c'est moi qui vous le dis... el je vais tout de suite vous expliquer commen'... Père Giraud, je vous ai demandé voire fille, il y a six mois... aujourd’hui, je vous la demande encore... cl peur la faire rosperirr, je commencerai par la respecter moi-inèinc... Père Giraud, voulez-vous de moi pour fils?
GIRAUD
Tu ferais ce'a?
EUGÈNE
Je me dis qu’avec dos soins et des pévenances, on peut se faire bien venir peu à peœ.. et peu à peu notre amitié fera, oublier à Marguerite ses clffgrins.... Le petit aura grandi quasi entre mes jambes et sur mon cœur... il m’appellera un jour son père, et sa brave mûre, j’en suis sûr, ne le démentira pas !
GIRAUD, le serrant sur son cœur.
Viens que je t’embrasse I... (Respirant avec bonheur.) Ab ! tu m’as fait du bien !...
MOREL, serrant la main A Eugène.
Vous ne me surprenez pas, Eugène, j’attendais ça de vous!
EUGÈNE, embarrassé.
Oui, mais ce n’est pas tout...
GIRAUD
Qu’cst-cc qu’il te faut encore?
EUGÈNE, désignant Marguerite, sans regafder.
Son consentement?
girajjd.
Ah ! ça c’est ton affaire, mon garçon !... (Lui serrant la main.) Mais quoi qu’il arrive, entends-tu, Eugène, je n’oublierai jamais ce que lu viens de faire !
Marguerite, sans avoir l’air d’écouter, n entendu toute cette scène.
MARGUERITE, A part.
Ni moi non plus ! (Elle reprend sa chanson en remuant lo berceau.)
Do, do, l’enfant do !...
MOREL, écoutant.
On monte ! (Allant regarder é la porte.) Ail!
EUGÈNE, tressaillant.
Quoi?
MOREL
Le comte des Haumes et son fils ! ,
MARGUERITE!} se redressant, frissonnante et tonte droite.
Enfin !