‹ Nos femmes de lettresChapitre 2 sur 9 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

par là d'un sexe qu'il n'avait que trop aimé, faisait succéder à cette première flèche ce trait suprême de son mépris : (( 11 est évident que la Femme, parnature, est destinée à obéir. Et la preuve en est que celle qui est placée dans cet état d'indépendance absolue, contraire à sa nature, s'attache aussitôt à n'importe quel homme, par qui elle se laisse diriger et dominer, parce qu'elle a besoin d'un maître. Estelle jeune? Elle prend un amant. Vieille? Un confesseur ! » Boutade expressive d'un philosophe parvenu au soir de la vie, et qui trop souvent à son aurore oublia, parmi les longues tresses dénouées, combien courtes pouvaient être les idées de celles à qui leur beauté servait alors de suffisante excuse !

Mon Dieu, oui, il est vrai, il est exact qu'aucune Femme n'a fait la Sixline, ni le Tombeau des Médicis, ni les Disciples à'Emmaûs^ non plus quOlhello ou

Phèdre, ni la Neuvième Symphonie, ni quoi que ce soit qui approche ces inégalables témoignages de virilité créatrice.

Sur ces hauteurs, sacrées par le génie mâle, flotte une atmosphère irrespirable à de certains poumons ; et comme il est peu d'intelligences pour embrasser dans leur plénitude l'intime signification de ces chefs-d'œuvre, on en trouve moins encore pour leur susciter des équivalents.

Par définition, et, si j'ose dire, par constitution mentale, la femme incline à s'adapter, à se plier aux influences :

pareille à la liane qui s'enroule autour de l'arbre dont elle partage le destin, elle épouse la forme de qui elle aime, ou de qui elle admire. A voir s'avancer sous nos yeux un couple d'amants, nous discernons par la seule inclinaison des corps, qui des deux est le plus touché. Et ce n'est pas simple signe d'élection amoureuse, mais le mieux accusé des symboles féminins.

Page 1