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commencemenl du xvme siècle; il faut, donner à l'Étal des femmes bien élevées. ]1 y a assez de bonnes religieuses, et pas a— ez de bonnes mères de famille. »
La recrudescence de ces vocations monacales n'est pas encore menaçante.
L'avenir des jeunes filles de bourgeoisie, tous les jours plus nombreuses, qui ne trouvent pas à se marier, et qui, cependant, persistent à vivre dans le monde, est, pour la famille, pour la société française une inquiétude autrement grave. Ici, encore, on ne peut produire .1." chiffres. Il n'y a pas de statistique spéciale de cette particulière catégorie : « les jeunes filles à marier qui ont une dut bourgeoise ». Mais ouvrez les yeux et les oreilles.
Les salons que vous fréquentez, les plages où vous passez l'été sont peuplés de jeunes filles dont les parents vivent dans l'aisance. Ces enfants n'ont ni plus ni moins de charme que leurs sœurs aînées, et pourtant, elles ne trouvent point de maris. Causez avec les pères et les mères, ils vous diront, très chagrins :
— Notre fille est intelligente, instruite; elle est bonne musicienne ; elle peint un peu ; elle est gentille, elle a de l'esprit, elle a du cœur; sa dot est fort honnête, — et pourtant nous ne la marions pas. Ce n'est pas à dire qu'elle soit trop difficile, elle n'a pas découragé par des refus successifs les jeunes gens qui, l'été, jouent au tennis avec elle, et, l'hiver, la font
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danser. Aucun parti ne se présente...
Nombre de ses amies sont dans le même cas. Qu'est-ce que cela signifie? Faudrat-il promener sur les chemins des affiches avec celte légende : « Demoiselle à marier d et, au-dessous, le chiffre de la dot en gros caractères ?
On sourit encore en faisant allusion à • •es inquiétudes. C'est une contenance. Dans les insomnies, quand un hasard offre au père et à la mère l'occasion d'un tète-à-têle un peu long, ils se consultent, ils s'attristent. Cette question que jamais ils ne s'étaient posée : a Est-ce que vraiment notre fille ne se mariera pas? »
-installe dans leurs préoccupations. Elle en provoque une autre, toute voisine, encore plus douloureuse :
— Alors, que deviendra-t-elle?
Ces parents sont à plaindre. Hier ils se demandaient :
— Que fera notre fils?
Aujourd'hui :
— Que deviendra notre fille!
Et ils ne s'aperçoivent pas encore que le problème est unique, qu'une de ces questions provoque l'autre comme une réponse, ils refusent de voir qu'euxmêmes ont préparé une victime en créant un égoïste î
Il reste ceci : tout mal éduqué et maladroitement préparé à la lutte qu'il est, notre fils, par un acte de décision personnelle, un effort individuel de courage, pourrait changer la face de sa vie et faire un homme avec le « Fils à
Papa ». Que peut la jeune fille? Quelle
initiative lui souhaiterons-nous, lui permettrons-nous? Par quel conseil de la dernière heure la protégerons-nous contre son cœur et contre le monde? Quel droit une société qui met dans la circulation des divorcées, très décidées à jouir de leur liberté ou candidates très hardiesàde nouveaux mariages, quel droit une telle société, qui ne peut soutenir le mensonge de l'amour de Dieu comme un emploi suffisant à nourrir l'appétit des cœurs, a-t-elle d'interdire aux filles libres cette disposition d'elles-mêmes, que notre prédicateur appelait « un scandale exceptionnel, un obstacle aux bonnes mœurs »? Ce sont là des questions qui méritent réflexion.
J'apporte ici la mienne, telle que je l'ai formée après des entretiens avec des pères et des mères de famille, avec des jeunes gens et des jeunes filles sincères, avec des notaires, des magistrats, des hommes de loi — toutes personnes qui s'obstinent à croire que le mariage n'est pas une expérience usée, et qu'à cette heure l'arbre donne des fruits amers seulement parce qu'il est mal g]
greffe.