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vinciales épousent des fonctionnaires, Paris sera le but de leur ambition; mariées à de* commerçants, à de riches industriels, elles auront pour idéal de li »ner à Paris un pied-à-terre, où, tous les ans, à l'époque de la « saison », elles viendront passer quelques semaines. Moins fortunées, elles se contenteront • le courts séjours à l'hôtel, — le temps de roi ii mander, d'essayer chez le couturier et chez la modiste, d'entendre, dans les grands et petits théâtres, les pièces qui ont du succès. Plus modesles encore, elles s'abonneront à des journaux de mode, elles liront des romans parisiens, les catalogues des grandes maisons de nouveautés... La France provinciale n'est qu'un orchestre que Paris mène du bout de son archet.
Je mets tout à fait en dehors de ces observations, d'une part, notre noblesse, de l'autre, cette bourgeoisie commerçante fraîchement sortie du peuple.
J'ai en vue la bourgeoisie qui exerce des professions libérales, qui vit dans le monde des affaires, qui spécule sur la matière première, qui ne touche pas à la « marchandise ouvrée ». Ce sont les fonctionnaires, les magistrats, les financiers, les banquiers, les industriels, les grands négociants? les armateurs, etc., le milieu où c'est une tare pour un homme de n'exercer aucune • profession, de se contenter de la fréquentation des clubs ou du passe-temps de la cRasse.
Pour cette infime catégorie de bourgeoisie qui s'efforce d'imiter une certaine
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noblesse dans ses habitudes d'oisiveté masculine, il n'y a pas à s'occuper d'elle. Elle n'a pas de rôle dans L'Etat, pas d'avenir; elle s'élimine d'elle-même.
Jadis, il y avait pour les filles de noblesse dont aujourd'hui nos jeunes bourgeoises tiennent la place dans la hiérarchie sociale, une autre solution que le mariage : c'était le couvent. Nous savons du reste que la vocation n'était pas nécessaire pour conduire une fille de bonne maison à prendre le voile. Vous souvenez-vous de cette Marie-Blanche, la petite-fille de madame de Sévigné, que l'on enferma à la Visitation d'Aix, dès cinq ans et demi, et que sa grand'mère pleura vivante dans des lettres exquises? Madame de Sévigné se résigna pourtant ;
elle le savait : le train que réclamait le gouvernement de Provence avait entamé l'aisance de M. de Grignan. Avant tout, il fallait assurer l'avenir de l'héritier du nom. Dans cette nécessité, la sœur de Marie -Blanche, l'infortunée « Paulinotte », l'échappa belle : un moment l'ombre de la cornette descendit sur sa jeunesse, attrista son sourire et ses jeux. C'était une aventure commune. La société royale, hypocrite et bien policée, se refusait -à l'attristant spectacle du célibat involontaire. Un prédicateur du temps osa dire que les fdles pas mariées qui restent dans le monde y sont des « objets de scandale, un obstacle aux bonnes mœurs ». Et, comme le principe d'autorité était triomphant, la société
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amputait sans pitié les libres rameaux qui gênaient l'ordonnance de ses perspectives.
Bien qu'il soit malaisé de produire ici des statistiques, nous le savons de source certaine : le môme mouvement qui, à cette heure, porte tant d'hommes vers les séminaires, peuple aussi les couvents féminins de sincères vocations. Il ne faut pas s'en étonner. Les mômes causes ramènent les mômes effets. Quand les mœurs deviennent trop brutales, quand les forts sont trop arrogants, quand les faibles sont trop écrasés, quand la grossièreté de l'instinct est trop victorieuse, les âmes tendres abandonnent la partie, elles vont au refuge. Or, ceci est bien caractéristique du mouvement moderne
qui pousse tant de jeunes filles à se couvrir du voile : autour de nous une seule vertu s'est supérieurement éduquée, la religion de la souffrance humaine.
Cependant, ce n'est pas vers les ordres hospitaliers, vers ceux dont l'idéal de charité rêve le soulagement des malades et des pauvres que le mouvement se dessine. Il profite aux maisons purement mystiques. Les jeunes filles qui aujourd'hui rompent avec le monde ont le dégoût de l'humanité. Elles la méprisent jusque dans sa douleur. C'est vers Dieu seul qu'elles se rejettent.
Je suis de ceux qui regrettent pour la race cette désaffection des âmes d'élite : « Les couvents se multiplient assez d'eux-mêmes, disait le Père La Chaise au